Le digital: levier du bien-être au travail ?

S’il y a quelques années le «burn-out» était sur les lèvres de tout le monde dans l’univers corporatiste, aujourd’hui les entreprises se penchent avec intérêt sur un nouveau phénomène qui semble remettre en question leur culture et ébranler même leur fonctionnement : le «bored-out» (l’ennui au travail). Et par conséquent, le bien-être au travail, le bonheur des employés sont devenus politiques de ressources humaines.

Le bien-être au travail, le nouveau moteur de l’engagement des employés

Ce n’est plus seulement un sujet à la mode pour les CEO, mais une préoccupation réelle des RH qui se trouvent « coincés » à trouver vite des solutions s’ils veulent avoir des employés performants et garder leurs talents  ou attirer les nouveaux talents de la génération Z.  Ce n’est donc pas une surprise que les « ressources humaines » évoluent vers les « relations humaines » et vers une compréhension holistique de leurs employés, dont le bonheur professionnel et personnel ne peuvent plus être séparés.  Et on ne s’émerveille plus devant la nouvelle fiche de  métier du « Chief Happiness Officer » (le responsable de bonheur), qui au début arrachait des sourires,  mais qui se trouve déjà embauché par quelques entreprises innovantes (Payname, KIABI, Decathlon, BNP Paribas).

Car dans un contexte économique de plus en plus imprévisible, l’engagement des employés semble être au cœur de la performance des entreprises. Et le bien-être et l’épanouissement au travail deviennent les leviers majeurs de cet engagement.

Comment « séduire » les employés dans un monde de plus en plus compétitif ?

Pour ça il faut d’abord savoir ce que les employés comprennent bar le bien-être au travail…

Une étude commandée par Edenred et réalisée par Ipsos en 2016, auprès de 14000 employés, dans 15 pays, cherche à préciser ce qu’est le bien-être au travail, quelle en est la perception des salariés et quels leviers RH peuvent être activés.

L’étude identifie trois piliers pour mesurer le bien-être au travail :  

  • le cadre de travail, composé de l’équipement, la clarté des missions ou encore l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle
  • l’attention, qui peut se traduire par la considération de la part de leur hiérarchie, gestion des compétences
  • l’émotion, qui comprend le plaisir à venir travailler le matin, l’intérêt pour son travail ou son aspect stimulant, la confiance dans son avenir professionnel

« Il ressort que le bien-être au travail est le fruit d’une équation inégale entre le cadre de travail, l’attention portée et l’émotion ressentie ».

En fonction du positionnement des salariés par rapport à ces trois composantes, l’étude identifie quatre profils de pays, avec de fortes disparités culturelles. Si le cadre de travail reste un pilier important pour tous les pays, l’émotion et l’attention dont les employés ont besoin pour trouver du plaisir et du sens à leur travail, sont les éléments clés.  Pour les économies émergentes (L’Inde, Le Mexique, le Brésil, le Chili) on observe des scores plus élevés pour  tous les items du bien-être au travail et surtout pour l’émotion, mais pour les économies plus matures, avec plus fortes expectations, les scores sont plus équilibrés et caractérisés par un manque d’attention ou d’émotion.

Pour plus d’informations, veuillez consulter le résumé de l’étude Barometre 2016 Edenred-Ipsos.

Mais quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

Même si 71% des salariés interrogés se déclarent positifs sur le bien-être au travail, ce qui attire l’attention ce sont les items qui se trouvent en bas du classement et surtout les leviers pour créer le bonheur au travail.

Donc en moyenne, les entreprises échouent à satisfaire leurs employés sur : le plaisir de venir au travail le matin, la confiance dans l’avenir professionnel au sein de l’entreprise, le caractère stimulant du travail et la préoccupation de la hiérarchie pour développer leurs compétences.

Plaisir, confiance, caractère stimulant, préoccupation de la hiérarchie…des mots qui expriment des émotions et des expectations très fortes que les collaborateurs associent à leur travail. Au-delà d’un espace de travail sécurisant, confortable et bienveillant, les collaborateurs retrouve leur bonheur dans le sens qu’ils donnent à leur travail, dans la compréhension et l’écoute de leurs supérieurs et surtout dans leur propre épanouissement par le développement de nouvelles compétences. Donc le bien-être au travail va au-delà de la salle de gym, de l’espace de travail moderne et design ou des réductions aux sessions de massage …

Le bien-être au travail est lié au SENS : que l’employé cherche d’un côté dans son activité qui doit être en accord avec sa propre personne et ses valeurs et de l’autre côté au sens qu’il veut trouver à lui même dans ce monde en développement continu.leviers RH avec impact sur le bien-être au travail

Pas du tout surprenant alors de voir que « la transmission et le renouvellement des compétences », c’est la principale attente que les employés ont des RH sur les politiques à implémenter pour les rendre plus heureux et finalement plus engagés au travail. Et tout ça dans le cadre d ‘une culture digitale où ils comprennent qu’il peuvent de plus en plus s’épanouir.

Le digital: une solution des entreprises pour assurer le bien-être au travail ?

La première réponse se trouve peut-être exactement dans les mécanismes psychologiques de notre fonctionnement. « L’homme est un animal social » disait Aristote  et en 2016 on pourrait clairement dire que l’homme est devenu un animal social digital, si on considère le niveau d’utilisation des outils digitaux surtout dans la vie privée : plus de 56% des employés, d’après une étude de Deloitte de 2013, menée sur 3600 employés en Europe. Et ce chiffre est en augmentation dans les dernières années..).

Et si on se rappelle la pyramide de Maslow, on voit que les plus profonds leviers de la motivation humaine sont « le besoin d’appartenance, le besoin d’estime et le besoin de s’accomplir ». Et beaucoup d’entreprises ne répondent plus à ces besoins, car elles sont devenues des géants rigides, avec un système arborescent compliqué et une culture de contrôle, où les employés se sentent aliénés, ne retrouvant plus leur place et étant de moins en mois productifs.

Dans ce contexte, la technologie joue un rôle crucial pour permettre aux organisations de créer un milieu qui est en accord avec les motivations profondes de leurs collaborateurs, mais qui favorise en même temps l’innovation individuelle et collective.

L’entreprise productive de l’avenir…

C’est celle qui favorise la communication, le partage de documents, les espaces collaboratifs, la communication directe, transparente et conviviale et qui met à la disposition de ses employés tous les outils pour un travail collaboratif. L’étude de Deloitte de 2013 montre que 20% des employés sont plus heureux quand ils ont accès à ces outils digitaux et technologiques. Et quand ces outils sont combinés avec une culture qui promeut l’innovation et la collaboration, le taux de satisfaction dans leur travail monte a 34%. Pour ces raisons l’adoption d’une culture digitale de la collaboration n’est plus une mode, mais devient une nécessité pour toutes les entreprises préoccupées par le bien-être de leurs collaborateurs.

60% des métiers qui seront exploités en 2030 n’existent pas encore

….et 42% des emplois en France, soit 3 millions, seraient menacés par la transition numérique d’ici a 2035, dit une étude menée par le cabinet de conseil Roland Berger. (source: Maddyness)

Effrayant, menaçant… mais l’inquiétude des collaborateurs pour l’obsolescence de leurs compétences, donc pour leur employabilité est réelle. Et ça explique pourquoi la gestion et le renouvellement des compétences est l’item de l’étude d’Ipsos ayant le plus d’impact sur le bien-être et dans le même temps celui pour lequel les salariés ont l’attente le plus forte.

Dans l’avenir tout job sera d’une manière ou d’une autre un Tech et un digital job et pour survivre à la compétition avec « les digital natives » des nouvelles générations, les salariés poussent les entreprises vers le renouvellement et la transformation digitale de leurs métiers.

La génération ultra –connectée des 15-20 ans perçoit l’entreprise d’aujourd’hui comme un milieu hostile

Après une enquête menée par BNP Paribas et The Boston Project auprès de 3213 jeunes, « les digital natives » ne sont plus attirés par le modelé traditionnel des entreprises, car ce milieu est une source de stress pour 36% d’entre eux.

« Dure, compliquée, cruelle, effrayante, ennuyante, tels sont les qualificatifs employés par la génération Z pour décrire l’entreprise d’aujourd’hui. Celle-ci est perçue comme un monde « difficile d’accès », « fermé », aux codes rigides. Les « Z » ne sont pas pour autant dégoutés par l’entreprise, mais à la recherche d’un nouveau modèle. Si le facteur financier reste vecteur de motivation, à 39%, les jeunes de la génération Z attendent aussi de l’entreprise qu’elle soit fun à 25%, innovante à 22%, éthique à 21% et internationale à 20% ». (source :www.lesechos.fr)

Paradoxalement, les entreprises d’aujourd’hui se trouvent « coincées » : d’un certain côté elles ne répondent pas aux besoins et attentes de leurs actuels salariés et de l’autre côté elles ne peuvent pas encore attirer « les digital natives » qui ont les compétences demandées par la nouvelle révolution économique et technologique.

Donc, loin d’être  « a cool trend »,  la transformation digitale des entreprises devient fun au travailune nécessite et le principal levier pour assurer le bien-être des collaborateurs, de plus en  plus en demande à vivre une expérience épanouissante au travail. Fun, connexion, collaboration, bienveillance, autonomie, flexibilité, créativité, innovation, simplicité, automatisation… voilà les nouvelles valeurs de la culture de l’entreprise du futur. Et les compétences digitales, l’agilité numérique, la curiosité, la culture digitale tout simplement, sont les leviers de cette transformation, de l’évolution vers l’entreprise de demain.

 

Sources:

http://www.ipsos.fr/sites/default/files/doc_associe/2016_barometre_edenred-ipsos_bienetreautravail_avril2016.pdf

https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/se/Documents/technology-media-telecommunications/deloitte-digital-collaboration.pdf

https://www.maddyness.com/innovation/2016/11/30/transition-numerique-metiers-emplois/

http://www.lesechos.fr/20/01/2015/lesechos.fr/0204094670462_pourquoi-le-monde-de-l-entreprise-fait-peur-a-la-generation-z.htm

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