L’économie de demain sera t-elle collaborative ?

L’économie collaborative représente pour moi  le modele disruptif par excellence, basé sur l’échange et le partage de biens, de services, de temps et de connaissances entre particuliers.

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L’Origine de l’économie collaborative

La crise économique et financière de 2007-2008 a  contribué au développement de l’économie collaborative, les particuliers étant à la recherche d’économies et de revenus complémentaires. Dans un contexte de chômage élevé, ils ont été de plus en plus nombreux à proposer leurs biens ou leurs services de manière régulière. Enfin, l’économie collaborative répond à des phénomènes de sous-utilisation de biens et d’infrastructures en favorisant l’usage des biens plutôt que leur possession.

Nous avons tous en tête les exemples de Blablacar, Uber, RBNB qui bouleversent en profondeur  l’offre et l’économie de leur secteur respectif.

Je vous invite à découvrir  les sites consocollaborative.com et ouishare.net qui mettent  en lumière de nombreuses entreprises  de partage dans divers secteurs.

Le marché représenterait 26 milliards de dollars de revenus en 2015 selon une récente étude de Monitor Deloitte et franchirait la barre des 100 milliards de dollars d’ici 2018.

Le rôle des technologies numériques dans l’essor de l’économie collaborative

Les technologies numériques ont eu un impact déterminant dans l’essor de l’économie collaborative et notamment  le développement de plateformes internet collaboratives, qui mettent en lien les particuliers.

On dénombre aujourd’hui un grand nombre de plateformes qui fonctionnent selon un principe de mise à disposition ou d’utilisation d’un bien ou service. 

Le covoiturage Blablacar illustre cette économie collaborative, où des particuliers partagent une voiture le temps d’un trajet, afin d’en réduire les coûts économiques et environnementaux.

Parkadom offre aux particuliers une gestion optimisée de leur emplacement de parking  avec un système de  géolocalisation qui permet aux utilisateurs de trouver la place la plus proche en temps réel.

Une autre forme d’économie collaborative consiste à échanger des services entre  particuliers, sans aucune contrepartie financière. A titre d’exemple, www.monptivoisinage.com propose un réseau d’entraide dans votre voisinage. Du covoiturage au partage d’objets, le site offre une multitude de services pour vous faciliter la vie au quotidien.

Dans le secteur de la finance, le crowdfunding permet à un particulier de  participer au financement  d’un projet d’un particulier, d’une association ou d’une entreprise. Cette participation peut s’effectuer sous la forme d’un don, prêt ou investissement. Ce financement participatif, en forte croissance, a permis de collecter plus  de 296 millions d’euros en France.

 

L’engouement vis à vis de ses nouvelles entreprises représente t elle un risque pour les entreprises plus traditionnelles ?

Quels sont les risques et limites de ses modèles collaboratifs ?

Les  nouvelles technologies  (réseaux  sociaux, plateforme collaboratives..) confrontent en effet l’entreprise traditionnelle à une  rude concurrence face à des start ups  qui ont un regard neuf et libéré de toute contrainte quant à l’usage des technologies sociales et collaboratives. Ces nouvelles entreprises obligent à repenser le business modèle traditionnel.

On peut s’interroger également sur la précarité du travail qu’offre certains modèles collaboratifs avec l’émergence de formes hybrides d’emploi. Le statut d’auto-entrepreneur, largement utilisé en France   entraine une dépendance financière du travailleur vis à vis de sa plateforme. Les travailleurs, juridiquement indépendants  échappent à un lien de subordination tel que le définit un contrat de travail. Ils ne sont pas de ce fait protégés par le droit du travail.  La plateforme est libre de  modifier par décision  unilatérale les conditions de fonctionnement ou procéder à un changement de tarification.

Le conseil national du numérique (CNNum) dans son rapport « Travail, emploi, numérique se prononce en faveur d’une plus grande protection des travailleurs des plateformes. Il considère qu’un socle de droits communs devrait être défini, tant au niveau individuel que collectif avec la création d’une forme de représentation sociale des travailleurs des plateformes.

Par le biais d’un compte personnel d’activité, il s’agirait d’assurer l’accès à une protection sociale pour les nouvelles formes de travail, mais aussi leur participation au financement de la protection sociale.

L’état a un rôle important à jouer dans cette mutation  en soutenant  le dynamisme de ce secteur de l’économie tout en protégeant les travailleurs des comportements abusifs et en garantissant une fiscalité équitable.

Nicolas Colin,co-fondateur de The Family va plus loin en  prônant un  état plateforme, ouvert aux expérimentations des start-up avec une mise à disposition par exemple de données à la disposition des entrepreneurs et des associations de citoyens afin qu’eux-mêmes proposent des applications pour rendre l’ expérience d’usagers des services publics plus simple et fluide.

Quelle fiscalité pour l’économie collaborative ?

En principe, tous les revenus dégagés de l’économie collaborative doivent être déclarés à l’administration fiscale et sont soumis à l’impôt sur le revenu à l’exception des ventes d’occasion par un particulier et du covoiturage.

En pratique, les particuliers qui cherchent seulement à « arrondir leurs fins de mois » sont de bonne foi et ne savent tout simplement ni quels revenus déclarer, ni comment s’y prendre.

De « faux particuliers », qui réalisent parfois un chiffre d’affaires important, peuvent aussi s’exonérer délibérément de leurs obligations fiscales, conscients que la probabilité de contrôle est faible.

Dans les faits, le système fiscal apparaît inadapté à l’économie collaborative. Cette situation aboutit à des pertes de recettes pour l’État, encore accrues par le fait que les entreprises multinationales propriétaires échappent le plus souvent à une grande partie de l’impôt sur les sociétés. Elle constitue aussi une concurrence déloyale à l’égard des entreprises traditionnelles.

La règlementation  évolue avec la collecte de la taxe de séjour par les plateformes de réservation par Internet (loi de finances pour 2015) et l’envoi par les plateformes collaboratives aux particuliers des sommes à déclarer à l’administration fiscale (loi de finances pour 2016)

Dans son rapport, le CNNum considère que l’inclusion de l’ensemble des acteurs et des activités dans le prélèvement de l’impôt est un prérequis pour garantir une redistribution juste et équitable des richesses créées.

Les habitudes des particuliers  ont changées, ils s’orientent de plus en plus vers une culture numérique, de l’interaction et du partage. En se distinguant des services classiques, l’économie de partage  ambitionne même de redonner du pouvoir et du sens aux consommateurs, tout en ébranlant le système capitaliste.

Quelles sont les futures entreprises qui révolutionneront nos modes de consommation ? 

L’économie collaborative, un outil marketing pour faire du business ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

N’hésitez pas à réagir sur mon article.

About the Author:

Diplômée d’un DESS Pratique Commerciale et Marketing à la Sorbonne, Karine Richet a 17 ans d’expérience dans des fonctions commerciales, marketing et management. Elle suit actuellement un MBA DMB à l’EFAP pour compléter sa formation.

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