Comment apprendre à apprendre ?

Charles Darwin affirmait que les espèces qui survivraient ne seraient ni les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui sauront s’adapter à leur environnement. Charles avait tout compris. Nous vivons dans un monde en perpétuel changement et notre capacité à apprendre des nouvelles choses est ce qui nous permet de nous adapter pour survivre.

Il suffit de regarder le top 5 des softs skills les plus demandés par les employeurs (Hays): on y trouve la capacité d’apprendre à apprendre. Mais pourquoi est-ce si important ? Tout simplement parce que les métiers évoluent à grande vitesse et pour réussir à nous adapter aux changements, nous devons prendre en main notre apprentissage.

La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut apprendre. Ce n’est pas une qualité réservée à une partie de la population, mais une capacité naturelle à la portée de tous. La difficulté que trouvent certaines personnes avec l’apprentissage est souvent liée à la posture, à un état d’esprit figé par les souvenirs de mauvaises expériences. 

Intelligence = QI ?

On a tendance à réduire l’intelligence d’une personne à son QI. Des études démontrent aujourd’hui que le QI n’est pas quelque chose de 100% génétique mais plutôt une intelligence qui se développe grâce à notre expérience, ce qui veut dire qu’elle peut évoluer. Par ailleurs, d’autres chercheurs ont identifié plusieurs types d’intelligence, le QI ne faisant appel qu’à l’intelligence logico-mathématique et à l’intelligence linguistique. 

Howard Gardner, psychologue américain du développement, a identifié dans un premier temps 7 types d’intelligences (linguistique, musicale, logico-mathématique, spatiale, kinesthésique, naturaliste, existentielle) auxquelles il en rajoute deux autres (intrapersonnelle et interpersonnelle).

Stimuler l’évolution de son cerveau

L’ennui, la routine et l’inactivité sont les ennemis de notre cerveau. S’il est moins sollicité, notre agilité intellectuelle sera moins vive. Ce sont les nouvelles expériences et les activités diverses qui aident à stimuler notre cerveau. Nous apprenons des nouvelles choses et de ce fait des nouvelles connexions synaptiques se créent.  

Pour développer la plasticité de notre cerveau il est important de faire travailler ses sens, de multiplier la diversité de ses activités et de privilégier des activités créatives. La pratique des langues étrangères est aussi très recommandée. Il a été prouvé que les personnes maitrisant plusieurs langues ont une meilleure agilité intellectuelle. 

En résumé, l’apprentissage est bon pour notre santé mentale ! 

Définir son projet d’apprentissage

Pour définir une stratégie de formation, il faut mettre en place un plan d’apprentissage.  

Mais avant d’attaquer un plan d’apprentissage, il faut savoir vers quel objectif on se dirige. Pourquoi souhaite-t-on se former ? Une évolution professionnelle ? Une reconversion professionnelle ? Un épanouissement personnel ? Et dans quel domaine ? Là, je sens que ça se corse… 

Si le domaine vers lequel tu souhaites t’orienter n’est pas encore très clair, il est possible de se servir du schéma Ikigai pour s’orienter. Ce concept philosophique japonais se présente comme une démarche pour trouver le sens à la vie. 

Pour trouver ton Ikigai, tu dois répondre aux questions suivantes : 

  • Qu’est-ce que tu aimes faire ? 
  • Quels sont tes talents ? 
  • De quoi le monde a-t-il besoin ? 
  • Quel est le service pour lequel tu peux être rémunéré ? 

L’Ikigai peut permettre de trouver un métier alliant passion, talent, service à la communauté et salaire. 

Si tu as ton objectif, tu peux maintenant définir ton plan d’apprentissage, et comme dans tout projet, les outils de gestion et d’analyse s’avèrent très efficaces. 

Analyser son SWOT personnel

Effectuer une analyse SWOT en marketing est très utile, alors pourquoi ne pas l’appliquer à soi ? Puisque c’est ton plan d’apprentissage qu’il faut définir, c’est toi qui est au centre de l’analyse des forces, des faiblesses mais aussi des opportunités et des menaces liées à ce projet. 

Nous pouvons toujours essayer d’être honnêtes avec nous-mêmes et reconnaître quelques-unes de nos forces et de nos faiblesses. Mais le mieux est de demander du feedback autour de soi.

Lorsque tu auras aussi identifié les opportunités et les menaces liées à ton objectif d’apprentissage, tu pourras combiner les éléments (forces + opportunités ; forces + menaces ; faiblesses + opportunités ; faiblesses + menaces). 

C’est cette combinaison d’éléments qui t’aidera à définir des objets d’études. Si tu en trouves beaucoup, n’oublie pas de les prioriser. Tu peux par exemple les inscrire sur une matrice d’Eisenhower.

Matrice de Eisenhower

Créer son plan d’action

Comme dans tout projet, il vaut mieux avoir un plan. Ce plan doit contenir tous tes projets d’apprentissage par ordre de priorité, ton niveau actuel et le niveau visé, mais aussi le temps que tu vas accorder à chaque tâche, et les ressources (supports, outils, contacts).  Pour t’aider à structurer ton plan, tu peux utiliser un diagramme de Gantt. 

Pense à organiser ton emploi du temps de manière réaliste en prenant en compte ton temps de sommeil ainsi que ta vie sociale et familiale. A trop vouloir faire, on finit par ne rien faire ! 

L’important est de prévoir des séances courtes mais régulières. Si ton objet d’études est en lien avec ton activité professionnelle, essaie d’introduire ton apprentissage dans la pratique ! 

Environnement et outils d’apprentissage

On ne le dira jamais assez, mais l’environnement physique est déterminant pour un bon apprentissage. Etre bien installé, s’isoler de toute distraction sonore ou sociale te permettra de te mettre en meilleure condition et favorisera tes performances. 

Pendant ta session, coupe tes notifications (je sais, je sais…) et sur ton poste de travail, ne laisse ouverts que les onglets dont tu as besoin. Lors de tes pauses, éloigne-toi de ton écran !  

Il existe plusieurs outils méthodes favorisant l’apprentissage comme le mindmapping, les flash cards, le sketchnoting, le chunking, la répétition espacée ou l’effet de primauté et de proximité. En fonction de ton sujet d’études, certaines seront plus adaptées. Mais n’oublie pas qu’une des meilleures méthodes reste le partage. Sois actif ! Montre et partage ce que tu as appris car nous retenons 90 % de ce qu’on dit et de ce qu’on fait.  

L’évaluation

L’évaluation est un moyen de faire le point. Il est possible de se faire évaluer par les autres ou s’évaluer soi-même. Dans le premier cas, tu peux passer des certifications. Dans le second, il n’y a pas de limites ! Challenge-toi ! Essaye d’accomplir une tâche en lien avec ton apprentissage. 

Si l’évaluation est positive cela veut dire que tu es sur la bonne voie, si ce n’est pas le cas, c’est que la méthode d’apprentissage n’est pas optimale pour toi, il faut donc l’adapter. Mais surtout ne te décourage pas. Adapte ton apprentissage à tes envies, ta disponibilité et ton objectif.  

Pour Jean Piaget « L’intelligence, ça n’est pas ce que l’on sait mais ce que l’on fait quand on ne sait pas ». Alors, prêt à prendre les choses en main ? 

Sources

https://www.apprendreaapprendre.com

https://openclassrooms.com

By | 2018-07-12T09:16:35+00:00 July 12th, 2018|E-transformation du monde, Ed Tech, Non classé|1 Comment

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Passionnée d'art et de culture, je m'intéresse aux processus de créativité et aux méthodologies centrées sur l'humain

One Comment

  1. Nathalie Abate Perraud 17 July 2018 at 9 h 37 min - Reply

    Bravo Paula pour ton article… pou l’aspect langues étrangères, je partage à 100 % : plus tu apprends de langues et plus tu peux aussi en apprendre !

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