Préparez-vous à devenir immortel(le)s

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Quand technologie et recherche médicale rendent l’espoir d’une autre vie

Le 25 novembre dernier, j’ai été marquée par une émission sur la chaîne M6 qui relatait le travail de l’association Audition Solidarité qui œuvre à Madagascar pour équiper des enfants atteints de surdité légère à profonde. Bien sûr, faisant partie d’une formation spécialisée dans le digital, je n’ai pas été surprise par la technologique en elle-même qui n’était, somme toute, pas très développée. Ce qui m’a touché en revanche, ce sont les émotions des personnes atteintes par ce handicap, qu’il s’agisse des enfants, premiers concernés, mais aussi des parents et de tout le corps médical lié à cette opération.

casque de réalité virtuelle

« L’avancée des nouvelles technologies dans le domaine du médical rend possible ce qui semblait jusqu’alors impossible »

L’émission montre à quel point l’avancée des nouvelles technologies dans le domaine du médical rend possible ce qui semblait jusqu’alors impossible. Et que dire de la réaction de ces enfants découvrant un son encore jamais entendu ; de cette maman malvoyante équipée d’un casque de réalité virtuelle découvrant son nouveau-né ou de cet homme découvrant la Tour Eiffel pour la première fois ? Je me suis alors modestement penchée sur la question du digital dans le domaine du médical et me suis rendue compte du potentiel infini en la matière dans ce secteur.

Voir l’émission de M6 sur Audition Solidarité

Le début du rapprochement entre l’homme et la machine

En effet, toujours plus miniaturisée, toujours plus discrète, la technologie ne s’arrête pas au simple équipement de prothèses. Elle est déjà en nous. Le pacemaker qui corrige des problèmes cardiaques ou la capsule vidéo-endoscopique pour photographier l’activité de l’intestin grêle, par exemple, n’étaient que des balbutiements. Aujourd’hui, une autre tendance se dessine : celle de l’humain augmenté. Science-fiction ? Pas sûr. Des exemples très concrets existent bel et bien. La société Epicenter a commencé à implanter une puce entre le pouce et l’index de la main de ses employés pour leur permettre d’ouvrir les portes, de payer sans contact à la cafétéria, simplement en tendant leur main vers un autre capteur. C’est, d’une certaine manière, le début du rapprochement entre l’homme et la machine. Celui plus exactement du « transhumanisme ». Car n’en doutons pas, ces technologies continueront de se miniaturiser pour « intégrer de l’intelligence à l’intérieur de nos corps et de nos cerveaux pour nous maintenir en bonne santé », d’après Ray Kurzweil, futuriste et transhumaniste américain (travaillant entre autres avec Google et la NASA pour ses recherches). Chaque jour, ces machines voient leur capacité augmenter. Elles sont de plus en plus performantes et leur puissance ne cesse de croître. Et que nous le voulions ou pas, cette accélération ne cesse… d’accélérer !

« Ces technologies continueront de se miniaturiser pour intégrer de l’intelligence à l’intérieur de nos corps et de nos cerveaux pour nous maintenir en bonne santé »

L’humain augmenté : bientôt une réalité

homme Augmenté

Prenons l’exemple du fondateur de Tesla. En 2017, Elon Musk a créé Neuralink, une société dont le projet était de créer des “interfaces” entre l’humain et la machine pour améliorer nos performances intellectuelles, sauvegarder de la mémoire ou transmettre notre pensée sans utiliser la parole. Je dis « était » car ladite société a obtenu (au grand dam des défenseurs de la cause animale) le droit de mener des essais sur les animaux pour mener ses recherches biologiques et mener des essais sur des interfaces neurologiques en mai de cette année. Mais elle n’aurait, semble-t-il, pas obtenu du département de santé publique de l’État de Californie la visite de ses services d’inspection, suite logique de l’obtention du permis. L’autorisation en question ayant expiré à la fin de ce mois d’avril, Neuralink n’aurait pas non plus demandé de renouvellement. Même si Neuralink n’a pu aller au bout de son dessein, il est intéressant de noter que les autorités Californiennes, même si elles ne sont pas allées au bout du processus, lui ont malgré tout accordé un permis. Signe que ce type de recherches reviendra au-devant de la scène assurément et finira par aboutir.

La mort, une maladie curable ?

Le secteur médical, souvent précurseur en termes de recherche, continue de développer ses connaissances et de poser des diagnostics de plus en plus justes et précis grâce, notamment, à l’intelligence artificielle. La santé est d’ailleurs le prochain terrain de jeu des géants du web qui n’ont aucune limite dans leurs initiatives. La société Google n’a-t-elle pas pour ambition d’augmenter notre espérance de vie avec la création de Calico, son entreprise consacrée au domaine de la santé ? En 2008 déjà, l’entreprise lançait un service d’archivage de dossiers médicaux, Google Health, qui ne connut pas le succès escompté. Le moteur de recherche a alors investi près de 3 milliards d’euros dans 23andMe, une société de biotechnologie consacrée à l’analyse du code génétique de ses clients.

« La santé est le prochain terrain de jeu des géants du web »

Immortel

Le géant du web n’en est donc pas à son premier coup d’essai mais son ambition va désormais au-delà de la simple collecte de données. Pour mener Calico, Google est allé chercher un homme qui n’a pas peur des défis : Art Levinson, chimiste de profession et ex-PDG de la société pionnière en biotechnologie Genentech qui a notamment mis au point l’insuline humaine en 1982. Et comme l’a assuré Tim Cook, le PDG du groupe lors de la création de Calico : « beaucoup trop de nos amis et de nos proches ont vu leur vie s’achever prématurément. Art est quelqu’un d’assez fou et de génial pour croire qu’on peut y changer quelque chose ».

Un jumeau numérique pour anticiper les soins de santé

Jumeau virtuel

Demain, nous pourrions donc identifier les problèmes de santé potentiels avant qu’ils ne surviennent. Philips travaille déjà au jumeau numérique d’équipements médicaux pour hôpitaux ou de dispositifs médicaux personnels. Le défi consiste ici à identifier les problèmes techniques avant qu’ils ne surviennent, afin de pouvoir planifier la maintenance d’appareils comme des scanners par exemple à un moment où l’équipement n’est pas utilisé (la nuit). Les jumeaux numériques d’appareils ne sont pas simplement utiles une fois qu’un appareil a été mis en service. Étant donné que les jumeaux numériques sont déjà développés au cours du développement du produit, ils permettent également le prototypage rapide de technologies nouvelles ou améliorées.

Cela existe déjà en Formule 1. Les équipes créent des jumeaux numériques de leurs voitures, ce qui leur permet de concevoir, tester et fabriquer des pièces de voiture améliorées pour la prochaine course et ce, plus rapidement qu’avec un prototype physique. Il n’est donc pas difficile de voir comment ce concept pourrait s’appliquer à notre santé. Et de se demander si une version numérique de nous-même pourrait aider les professionnels de santé à nous diagnostiquer et à nous soigner avant même que la maladie ne se déclare.

Entre « révolution » et éthique

Quelles perspectives alors pour l’humanité ? Ce type d’expérimentations alimentera forcément de nombreux débats éthiques dans les années qui viennent mais peu importe nos certitudes, nos craintes ou nos croyances. L’homme augmenté comme le jumeau numérique (et d’autres propositions à venir peut-être) deviendront une réalité. Les algorithmes apprennent plus vite que nous et même s’il leur reste beaucoup de progrès à faire, leur développement a fait un véritable bond en avant ces dernières années. Dans le film « Le cinquième élément » de Luc Besson, on voit l’actrice Milla Jovovich, alias Lilou, être reconstituée en entier à partir d’une trace ADN. Science-fiction ?

ethic

Des imprimantes 3D reconstituent aujourd’hui des morceaux de peau destinées à être greffés. Des recherches sur les interfaces cerveau-machine sont également en plein essor. Facebook a annoncé travailler sur un dispositif pour nous permettre de discuter directement avec sa plateforme… par la pensée ! Les GAFAM s’intéressent par ailleurs de près à ces interfaces cerveau-machine qui, selon eux, nous ferons gagner en rapidité et donc en productivité. L’INAIL, institut de recherche italien pour la prévention des accidents, la sécurité, la protection de la santé dans le milieu de vie et de travail, utilise des technologies qui reposent sur l’intelligence artificielle afin de permettre à des personnes amputées de la main de contrôler leur prothèse par la pensée.

« Peu importe nos certitudes, nos craintes ou nos croyances »

Alors, bien sûr, nous parlons ici de médecine et d’améliorer les conditions de vie de l’Homme. Mais jusqu’où irons-nous ? C’est à cette question (et tant d’autres) que nous aurons à répondre dans les prochaines années qui « s’annoncent exigeantes en matière d’éthique » d’après Stéphane Mallard, digital evangelist. Car, soyons-en convaincus, nous précise-t-il : pas un seul secteur, pas un seul être humain ne sera épargné par cette disruption !

Véronique Langrand

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Je vous invite à lire de toute urgence le livre de Stéphane Mallard “Disruption”

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