Le marché de l’art face à l’ère du digital

Bien qu’il soit réfractaire au changement, ces dernières années le marché de l’art s’est vu se métamorphoser en parallèle du développement de la digitalisation.

Cette métamorphose engendre alors plusieurs enjeux de taille pour ce secteur en pleine évolution.

Des galeries qui font face à des artistes de plus en plus indépendants

Internet permet un accès sans limite à l’information, ce qui sous-entend entre autres la découverte des artistes, connus ou émergents, en quelques clics seulement.

Ainsi, pour rester concurrentiel les artistes doivent et savent de mieux en mieux gérer leur image. Internet leur offre l’opportunité de s’initier aux outils marketing et donc de s’ouvrir au branding et à la communication, leur permettant ainsi de faire leur autopromotion aisément, notamment grâce aux réseaux sociaux, la mise en place de sites ou même d’applications.

C’est le cas, pour n’en citer que quelques-uns, de Banksy, d’Alice Moitié ou encore de Magdiel Lopez, qui ont su tirer profit de tous ces outils mis à leur disposition. C’est ainsi que Banksy a su créer un mythe autour de son personnage, grâce à ses œuvres éphémères partagées massivement sur les réseaux sociaux sans que personne ne l’ait jamais aperçu, qu’Alice Moitié s’est créé un véritable personnage des plus décalés en partageant sa vie délurée notamment sur Instagram, ou que Magdiel Lopez a pu relever le défi « A poster every day ».

Outre cela, le digital permet aux artistes de vendre eux même leurs œuvres grâce à des plateformes de vente en ligne.

BanksyAlice Moitié

Tout cela questionne alors la place de l’intermédiaire auquel revenait toutes ces missions jusqu’alors, à savoir les galeries et les maisons de vente.

Celles-ci doivent alors se questionner et redéfinir leur rôle, mais aussi et surtout revoir leur manière de fonctionner, en mettant au cœur de leur réflexion cette transformation digitale qui engendre une métamorphose du marché de l’art et de ses pratiques auxquelles elles sont soumises. La digitalisation constitue une opportunité qu’elles doivent savoir saisir.

Galeries et maisons de vente doivent saisir les opportunités qu’offre le digital

Il faut donc que le fonctionnement des galeries et des maisons de vente évolue selon le contexte actuel. Nous ne consommons plus l’art et la culture aujourd’hui comme nous le faisions avant l’ère de la digitalisation. Il est par conséquent capital qu’elles s’adaptent aux nouvelles habitudes des consommateurs (la cible n’étant plus la même puisqu’élargit, conséquence directe de la digitalisation), notamment en actualisant le process de vente. La réflexion doit alors porter sur l’acquisition et la fidélisation de nouveaux clients.

Ainsi, il est indispensable pour leur pérennité qu’elles axent leur travail sur le développement des outils digitaux et qu’elles se penchent sur les notions d’expérience client, d’innovation et d’acquisition de données pour mieux connaitre ses clients, tout cela dans le but de renouveler et enrichir l’expérience client en galerie.

C’est dans ce dessein que les maisons de vente Christie’s et Drouot ont créé des départements de vente en ligne, ce qui leur permet par ailleurs de rester concurrentiel face aux plateformes de vente en ligne d’œuvres d’art, comme par exemple Artsy, Arnet, Artbinder, Artsper ou Saatchi Art, …

Drouot a même poussé l’innovation jusqu’à créer « Drouot live » donnant la possibilité de suivre des ventes aux enchères en direct.

 Druot

Une galerie ou une maison de vente doit se comporter comme une marque, car elle en est une en réalité, et sa digitalisation est incontournable, elle ne peut y déroger.

Une des nombreuses opportunités à saisir découlant de cette mouvance, est de pouvoir marquer numériquement l’ensemble des œuvres qui entrent dans le système pour certifier les œuvres et assurer la traçabilité parfaite de l’image numérique de l’œuvre ; gage de sécurité et de l’impossibilité de plagiat et ou de vente de faux. C’est Verisart, entreprise Californienne, qui a rendu cela possible, pour un marché plus sécurisé et des professionnels plus sereins.

Ainsi, la digitalisation permettrait au marché de l’art de libérer l’information et d’accroitre son réseau et son public tout en contrôlant cette information.

Cela dit, si ce secteur reste relativement prudent quant à toutes ces transformations, c’est que plusieurs freins ralentissent son évolution. L’un d’eux, et ce particulièrement en France, serait que la mise en ligne de l’œuvre d’art signifie perte de valeur pour les collectionneurs, rapport à la notion de rareté. On peut alors s’interroger sur la mutation du rapport à l’art et aux œuvres qui accompagne la transformation digitale.

By | 2019-01-07T13:05:13+00:00 January 5th, 2019|Art, Culture, Luxe, Blog|0 Comments

About the Author:

Étudiante MBA DMB

Leave A Comment