Comment appréhender le monde du travail de demain ?

Comment appréhender le monde du travail de demain ?

Comment appréhender le monde du travail de demain ?

En l’espace de quelques décennies, nous avons vécu des changements à la fois technologiques, économiques, environnementaux et sociétaux qui ont non seulement bouleversé notre quotidien mais surtout questionné notre avenir professionnel et celui de nos enfants. Certes, l’automatisation, l’Intelligence Artificielle, la Réalité Virtuelle, et autres technologies actuelles peuvent faire peur, car personne aujourd’hui (‘grands’ dirigeants, politiciens, économistes ou sociologues) ne peut prétendre savoir où elles vont nous mener.

Mais mon article se veut optimiste ! A partir de récentes études internationales, je vous propose de réfléchir au monde du travail de demain, tel que nous le souhaitons pour nos enfants. Identifions les besoins requis par nos entreprises pour ajuster les compétences à acquérir aujourd’hui. Nous avons toutes et tous une responsabilité à embarquer le plus de personnes dans cette nouvelle révolution, alors je vous propose quelques actions concrètes.

Les technologies numériques accentuent le fossé entre les besoins des entreprises et les compétences acquises.

McKinsey énonce que 45% des tâches professionnelles pourraient être automatisées aujourd’hui. Certes, nous avons déjà connu un tel bouleversement des métiers avec les dernières révolutions industrielles, mais aujourd’hui les compétences se renouvellent extrêmement vite et leur complexité technologique est toujours plus pointue.

McKinsey a interrogé des dirigeants aux États-Unis et en Europe pour comprendre l’impact de l’automatisation et de l’IA sur les 25 compétences phares en 2030. Le constat est simple : les compétences technologiques et nos précieuses soft skills arrivent en tête. Les connaissances techniques avancées, la programmation et/ou le digital – compétences encore peu demandées aujourd’hui vont augmenter de 55 % d’ici 2030.

Les compétences relationnelles et émotionnelles, telles que le leadership et la gestion d’équipes, augmenteront de 24%. Les compétences cognitives requérant créativité, analyse et interprétation des données sont également louées par les dirigeants.

Automation and AI will Change the skills needed in the workforce

Selon ManpowerGroup, 23% des employeurs interrogés sont déjà confrontés à une importante pénurie de talents. Le phénomène risque de s’amplifier si on n’ajuste pas rapidement les compétences et soft skills de notre population active.

La singularité humaine, comme potentiel au monde professionnel de demain

Face à cet avenir professionnel incertain, une seule connue existe à mon avis : notre singularité. Dans son dernier ouvrage Unique(s) Alexandre Pachulski, co-fondateur de la start-up Talentsoft, nous invite à trouver notre Ikigaï. Concept japonais au croisement de quatre dimensions : ce que l’on aime, ce pour quoi l’on est doué, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi l’on peut être payé.

Cette référence me semble vraiment juste. Il suffit de noter combien des maux professionnels actuels (burn-out, démotivation, désintérêt, démissions, etc…) sont la raison d’une inadéquation entre l’entreprise, notre métier et notre for intérieur. Certes le travail est historiquement source de revenus, mais je suis convaincue qu’il peut contribuer à un épanouissement personnel, s’il est en phase avec un besoin sociétal et les aspirations personnelles.

” Fais un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ! ”

Confucius

La valeur du travail dans notre société occidentale s’est historiquement construite autour des compétences et du savoir, où les diplômes (pour les professionnels) et les notes (pour les élèves) sont la référence. Néanmoins, un changement est clairement (et heureusement) en train de s’opérer. Une étude Monster réalisée auprès de professionnels des ressources humaines entre septembre et novembre 2018 a montré que 85% des entreprises prennent désormais en compte les soft skills dans leur démarches RH.

De plus, le dernier rapport du World Economic Forum (WEF) souligne que 35% des compétences seront obsolètes d’ici à 2022. Tout comme le souligne l’étude de McKinsey, celle de WEF liste les 10 compétences qui seront les plus recherchées en Europe. Les soft skills (compétences humaines) sont largement plébiscitées.

Comparing Skills Demand, 2018 vs 2022

Comment agir aujourd’hui pour le monde de demain ?

Il est clair que ces constats nécessitent des actions de notre société, dont je n’aurais pas la prétention de maîtriser. Néanmoins, en tant que citoyenne, professionnelle et mère de deux enfants, je vous propose quelques actions concrètes :

D’un point de vue de l’individu …

  • Apprenons à nous connaître. Profitons des tests de personnalités et des professionnels de l’accompagnement (coach) pour identifier nos compétences, nos qualités, nos pépites. Prenons le temps de cette introspection pour s’assurer de l’adéquation de notre être à nos actes.
  • Gardons continuellement cette stature d’apprenant. Les compétences technologiques évoluent très vite. Pour favoriser notre employabilité, restons attentifs aux innovations et ajustons nos connaissances régulièrement.

D’un point de vue de l’entreprise …

  • Ayons le courage de privilégier la singularité et le potentiel en entretien, plutôt que les diplômes. Aujourd’hui, selon une étude du cabinet de recrutement Robert Half, seuls 9% des recruteurs affirment recruter sur les soft skills (31% sur les compétences techniques), alors que leur non (ou mauvaise) prise en compte conduit à 76% d’erreurs de recrutement.
  • Incitons nos équipes à se former continuellement. Le rapport du WEF souligne que d’ici 2022 et pour répondre aux nouvelles exigences technologiques, 54% des employés vont suivre des programmes de remises à niveau ; parmi lesquels, 35% devront suivre une formation supplémentaire de près de 6 mois pour assurer leur employabilité.
  • Challengeons le modèle économique de nos entreprises. L’automatisation des tâches n’impacte pas uniquement nos employés mais aussi notre modèle économique, comme le démontre l’arrivée des Uber, AirBnB, etc… Réfléchissons à notre chaine de valeur et identifions de nouveaux services (qui eux seront surement effectués par des ‘humains’)
  • Ajustons l’environnement du marché du travail. De nouveaux statuts (du type freelances ou mode projet) sont plébiscités par les nouvelles générations, en quête de liberté, d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Ils apportent également des réponses aux besoins des employeurs de demain (expertises, compétences, ressources). Hors, ces contrats sont parfois soit source de précarité. Trouvons des solutions pour y remédier.

D’un point de vue de l’Éducation …

  • Apprenons à nos enfants à apprendre. 65% des Générations Z exerceront un métier qui n’existe pas aujourd’hui, alors privilégions la curiosité, la singularité, l’initiative, le collectif, la confiance en soi ; toutes ces soft skills qui leur permettront de s’adapter et d’évoluer dans le monde de demain.
  • Réduisons le clivage autour du niveau du diplôme, qui touche trop durement les jeunes non-diplômés en France. De nouvelles méthodes pédagogiques et contenus peuvent renforcer les soft skills, déterminantes dans la réussite et l’insertion professionnelle.
  • Accompagnons nos instituteurs et professeurs dans la transformation de l’Éducation. Animer l’école de demain requiert de nouvelles compétences. Les outils évoluent. Donnons-leur les moyens de réussir.
  • Combinons initiatives associatives et privées au système éducatif public. Depuis plusieurs années, les Edtech et associations développent des projets innovants à succès. Profitons de ces pépites pour enrichir notre système éducatif et en faire profiter l’ensemble des enfants.

(NB : Dans le cadre du MBA Digital Marketing and Business, nous travaillons sur la Transformation Digitale de l’Éducation ; nous rédigerons une analyse plus complète sur ce sujet).

Conclusion

Nous vivons certes des bouleversements sans précédent, mais soyons réalistes, nous sommes au début de la transformation de la société. L’avenir promet d’être challengeant, certes, mais aussi épanouissant pour ceux qui sauront s’adapter. Le système éducatif est pour moi le point central sur lequel les institutions publiques et privées doivent travailler et agir actuellement pour impacter durablement la société de demain. L’Éducation doit devenir une cause nationale et internationale pour permettre à chacun de trouver sa place.

N’hésitez pas à partager vos commentaires sur mes propositions, à me contacter via linkedin ou à me suivre sur Twitter @HeleneAz.

Source :

  • The Skills Revolution: digitalization and why skills and talent matter, ManpowerGroup (2016)
  • Where Machines could replace Humans – and Where they Can’t (Yet), McKinsey (2016)
  • Skill Shift: Automation and The Future of the Workforce, McKinsey (2018)
  • Unique(s) Et si la clé du monde de demain, c’était nous ?
  • The Future of Jobs Report: Centre for the New Economy and Society, WEF (2018)
  • Interview d’Olivier Galland, sociologue et Directeur de recherche au CNRS : http://www.manpowergroup.fr/galland-systeme-educatif-developpement-soft-skills-davos/
  • https://www.roberthalf.fr/presse/recrutement-les-employeurs-sont-toujours-majoritairement-centres-sur-les-competences

About the Author:

Marketeuse de coeur, j'ai lancé mon activité de conseil marketing en avril 2018. Aujourd'hui, je me lance un nouveau défi : questionner et remettre en question mais acquis pour mieux avancer demain. En 2000, fraichement diplômée d'Ecole de Commerce, je m'installais aux Pays-Bas pour démarrer ma carrière dans le marketing. Depuis j'ai évolué dans ce métier, en intégrant le Digital dans mon spectre de compétence et d'intérêt. Aujourd'hui, et face aux défis lancés par la Technologie, je me lance un nouveau défi en intégrant le MBA DMB : apprendre à dés-apprendre pour ré-apprendre ; avec un objectif : me transformer ! Les sujets qui me passionnent sont l'expérience client, le marketing et l'éducation (des plus jeunes).

One Comment

  1. Véronique 13 February 2019 at 20 h 53 min - Reply

    Merci pour ton article et pour tes nombreuses références à l’apprenance et la formation qui aujoutd’hui doit se poursuivre tout au long de la vie. Nous n’avons jamais eu autant d’opportunités de nous former, d’évoluer et de prépare nos avenirs respectifs pour qu’ils ne soient plus ponctués de burn-out ni de frustrations mais qu’ils ouvrent pleins de nouvelles opportunités. Beau sujet ! Hâte de suivre votre masterclasse/..

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