Recruter à l’ère du digital – Interview de Sébastien Lefèvre, fondateur de Tomorrow Jobs

De nos jours le digital est présent partout et tout particulièrement dans le monde professionnel. C’est dans le cadre de ma formation en MBA Digital Marketing & Business que je me suis demandée quelle était sa place dans le recrutement et les métiers d’aujourd’hui.

Pour répondre à cette problématique j’ai interviewé Sébastien, jeune entrepreneur qui a créé seul en 2016 son cabinet de recrutement digital.

Tomorrow jobs recrute des talents des métiers du digital dans le Grand Est. Ayant commencé avec comme seuls clients des start-ups, aujourd’hui ils se sont développés et comptent parmi leurs clients des start-ups, des ETI, mais également des gros comptes, comme Google, qui ouvrira dans quelque temps un Atelier Numérique à Nancy.

Zoom sur le digital dans le recrutement avec l’interview de Sébastien Lefèvre.

Sébastien Lefèvre

  • Fondateur de Tomorrow Jobs depuis 2016

  • 26 ans

  • Travaille et vit à Nancy

Tu es entrepreneur, comment en es-tu arrivé là ? Pourquoi avoir choisi d’être entrepreneur ? Parle-nous un peu de ton parcours…

J’ai commencé par un DUT GEA puis j’ai enchainé sur une école de commerce, l’ICN à Nancy. Je suis issu de deux mondes : le monde des RH et le monde webmarketing.

J’ai fait une année de césure pendant laquelle j’ai passé 6 mois au Canada. Le modèle Nord-Américain permet de mettre les cours sur 3 jours pour libérer le reste de la semaine. En parallèle j’ai donc pu commencer à travailler sur l’ouverture d’un blog (www.studentcontent.fr) qui permet aux étudiants d’écrire des articles sur l’entreprenariat et le digital.

J’ai donc développé ce premier projet, et j’ai également fait beaucoup d’interviews d’entrepreneurs, dans lesquelles j’interrogeais les entrepreneurs sur les difficultés : le recrutement de profils IT revenait toujours en tête.

J’ai commencé à travailler le concept de cabinet de recrutement IT et à mon retour en France j’ai fait un stage de 6 mois dans un cabinet de recrutement généraliste. Le recrutement me plaisait beaucoup, mais pas en généraliste, uniquement dans le digital. Après avoir étudié le marché je me suis rendu compte qu’il y avait de vrais besoins IT dans la région Grand Est. Je me suis donc lancé pendant mon année de césure d’abord en auto entrepreneur puis en créant l’entreprise directement à l’issue de ma formation. 

Quels sont les obstacles que tu as rencontrés pour créer Tomorrow Jobs ?

C’est un parcours du combattant. Il y avait plein de choses à réunir au niveau financier (obtenir des fonds pour démarrer l’entreprise, obtenir des prêts, construire un business plan…), humain (dur de recruter lorsqu’on a pas encore de visibilité) ou encore logistique (trouver des locaux par exemple lorsqu’on ne peut pas s’engager sur un bail de 3 ans c’est complexe).

La crédibilité était également un obstacle au démarrage : en effet le secteur des cabinets de recrutement est un secteur dans lequel la plupart des dirigeants ont entre 40 et 55 ans avec un grand réseau. Quand on arrive sur ce marché en étant jeune diplômé et sans expérience il faut travailler dur pour aller chercher ses premiers clients.

J’ai démarré le projet tout seul et maintenant nous sommes 7, c’est une super aventure !

Pour parler un peu plus de Tomorrow Jobs, tu dis que c’est un cabinet de recrutement digital. C’est par rapport aux métiers recrutés ou aux techniques de recrutement utilisées ?

Les deux.

Pour l’aspect métier, on va intervenir sur trois grandes familles de métiers :

  • Tech (Développement web, mobile et logiciel, infrastructures, data…)
  • Business (business developer, technico-commercial…)
  • Webmarketing (growth hacker, responsable acquisition, chargé de webmarketing…)

Pour l’aspect technique de recrutement :

Même si on reste un cabinet de recrutement, c’est à dire avec un process de recrutement classique (entretien téléphonique, entretien physique, entretien technique), nous travaillons en mode start-up et nous avons développé des outils pour aller plus vite dans l’identification de profils. C’est à dire qu’au-delà de faire de l’approche directe classique, nous avons également des outils qui nous permettent d’identifier des profils en recherche sur le web. Nos bots réalisent un travail de sourcing automatique qui permet à nos recruteurs de concentrer leur énergie sur le suivi avec le candidat et avec le client.

L’avenir du recrutement c’est quoi pour toi ?

Je pense qu’il y a deux visions du recrutement.

Une vision plutôt “ à l’ancienne”, c’est à dire dans laquelle il faut garder l’humain au centre du process et garder l’humain comme unique interlocuteur pour recruter.

Une seconde vision, peut-être un peu trop “start-up” pour moi, qui serait de dire que l’humain va disparaitre du processus de recrutement, on peut imaginer, en se projetant, un process de recrutement qui est entièrement digitalisé : un robot qui cherche et identifie les profils, un autre robot qui va les contacter de manière automatique, un autre robot qui va enregistrer un entretien, avec par exemple des questions qui sont déjà enregistrées et un dernier robot avec IA intégrée pour gérer le traitement et l’analyse de la parole, voir si le débit est bon, les propos sont cohérents, et si par rapport à une grille de critères qui ont déjà été configurés, la personne correspond ou pas.

Je n’y crois pas du tout. D’expérience, le digital doit être utilisé comme un outil et non comme une fin en soi. La chose la plus importante dans un processus de recrutement c’est le suivi (avec le candidat et avec l’entreprise). C’est à dire qu’il y a des candidats qui, sans nouvelles pendant un certain temps, passent à autre chose, s’ils ne sont pas rassurés sur certains points ou ne peuvent pas poser des questions librement, ça ne peut pas marcher. Il faut essayer d’utiliser la technologie pour aller plus vite dans l’identification de profils et mettre toute l’énergie dans l’échange avec le candidat.

Pour moi le processus de recrutement entièrement connecté et digital reste un mythe.

Comment vois-tu l’avenir de Tomorrow Jobs ?

L’objectif est de faire de Tomorrow Jobs LE Cabinet de recrutement IT du Grand Est. Aujourd’hui nous poursuivons notre développement sur le grand quart Nord Est : Metz / Nancy / Strasbourg / Luxembourg et nous avons également des clients sur Lille et Paris. 

En parallèle nous travaillons aussi sur le lancement d’une nouvelle marque qui sera plus orientée vers le marché des start-ups en hypercroissance notamment à Paris. Vous aurez plus d’informations d’ici deux mois sur cette dernière. 

Comment vous faites-vous connaître des entreprises ?

A la fois grâce à une stratégie online très axée sur Linkedin, mais également sur une partie offline avec la participation à de nombreux salons / événements dans le Grand Est. Nous organisons également des conférences autour du Growth Hacking, on travaille énormément la marque employeur et le personal branding des chargés de recrutement de Tomorrow Jobs.

Comment vous vous différenciez d’une SS2i ?

Par le business model : nous n’embauchons pas de développeurs en interne pour facturer via un  TJM à un client ensuite. Nous mettons en relation des candidats avec des entreprises et ils signent directement leur contrat chez le client final. C’est ce dernier qui nous rémunère pour trouver les futurs collaborateurs de son équipe. 

Quelle est la place du digital dans les métiers d’aujourd’hui et de demain ?

Elle est primordiale et même indispensable. Comme avant on pouvait considérer que parler anglais était un élément différenciant, on considère maintenant que le digital est presque obligatoire. Aujourd’hui nous travaillons déjà avec de nombreux outils digitaux (CRM, ERP…) et cela va s’amplifier. Il faut comprendre que le digital est aujourd’hui indispensable pour les nouvelles générations qui arrivent sur le marché.

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