E-santé : la contraception à l’heure du digital

Internet vient de fêter ses 30 ans ! A l’heure des grands progrès de la e-santé, regardons de plus près quelles solutions s’offrent à nous en termes de contraception à l’heure du digital !

Je suis une fille de la génération X. Qui dit X dit génération pilule. Nos mères ces fameuses « baby boomers » ont été les premières à profiter de cette révolution médicale. La libération de la femme dans les années 60 et 70 lui doit beaucoup. Avant la pilule, pour elles, point de salut et surtout point de sexualité sans stress. Ce fameux stress de « tomber » enceinte, ce couperet social si on n’était pas marié ! La peur de devoir gérer un avortement clandestin car interdit ! L’appréhension de garder un enfant qui n’arrive pas au bon moment. Le sentiment de ne pas pouvoir disposer de son corps en toute liberté. Ne pas avoir le choix. Tout cela est d’un autre siècle et pourtant …ce n’est pas si loin !

Nos mères ont vécu l’avant et l’après pilule.  Elles ont donc naturellement orienté leurs filles vers ce moyen de contraception.

C’est ainsi que je fais partie de cette génération pilule ! Tellement pratique !

Aujourd’hui j’ai une fille 19 ans. Au moment où elle commence sa vie de femme, quels sont les choix qui se présentent à elle en termes de contraception à l’heure du digital ? 30 ans après moi, le choix d’une méthode contraceptive est-il plus facile ?

Les temps changent. Et les modes aussi !

Après 2012 et les scandales provoqués par les pilules de 3ème et 4ème génération, on constate une baisse du recours à ce moyen de contraception. La diminution est significative chez les femmes de 15-49 ans. 37% des françaises utilisent la pilule en 2018 contre 45% en 2010. Soit une baisse de 8 points.

Depuis 2010, les reports s’effectuent vers le stérilet (25%), le préservatif (21%) et l’implant (5%) et les méthodes dites « traditionnelles » (4%), d’autres contraceptions hormonales (3 %) et la contraception définitive (2 %)*. (Données issues d’une étude de l’Ifop pour IllicoMed  juin 2018)

Même si la pilule reste le 1er moyen de contraception, les alternatives sont largement plébiscitées de nos jours. On constate même un certain retour aux méthodes dites traditionnelles boostées par les innovations du monde digital et la tendance des millenials au retour vers toujours plus de naturel !

L’application Natural Cycles : innovation ou digitalisation d’une méthode vieille de presque un siècle ?

Natural Cycles a été créée en 2014 par un couple de Suédois, Elina Berglund,  physicienne, et Raoul Scherwitzl, chercheur en sciences. Elle compte aujourd’hui quelques 900 000 abonnées. Elle repose sur la méthode des températures. L’utilisatrice doit ainsi prendre chaque matin sa température au levé. Le thermomètre est fourni avec l’abonnement à l’année. Elle entre ensuite le chiffre obtenu dans l’application. Un algorithme, prend en compte d’autres critères, et déduit si elle se situe ou non dans une période d’ovulation.

Cela ne vous rappelle rien ?

En 1924 le gynécologue Kyusaku Ogino suivi en 1928 de son collègue Hermann Knaus mettent au point grâce à leurs recherches sur le cycle menstruel la méthode dite rythmique ou cyclique. Elle consiste à prévoir, grâce à un calcul statistique des cycles menstruels précédents, la période de l’ovulation.

Pour 65 euros par an, Natural Cycles promet aux femmes le retour à une contraception naturelle… mais ne dit pas tout  !

Et pour pour ce prix là elles peuvent le faire sur leur smartphone ! Cela change t-il quelques chose à l’efficacité limitée de la méthode des cycles ? A en voir les polémiques qui déferlent dans les médias pas vraiment. En février 2017 l’application Natural Cycles est reconnue par l’Europe comme « dispositif médical contraceptif ».  En septembre 2018, même reconnaissance de la part de la FDA (Food and Drug Administration) aux états-Unis. Ces reconnaissances « officielles » n’empêchent pas un grand nombre de professionnels du milieu médical et paramédical de mettre les femmes en garde. Même si sa créatrice assure que l’algorithme de l’application Natural Cycles est désormais plus fiable, il n’en est pas moins qu’elle se garde bien d’informer clairement les femmes sur l’efficacité limitée de la méthode des cycles.

Un taux d’efficacité à prendre avec des pincettes..

« Elle évalue le taux d’efficacité de l’application à environ 93 %, et jusqu’à 99 % avec un « usage parfait », en théorie très complexe à atteindre. (Il ne faut pas être malade ou avoir de la fièvre. Il faut respecter des horaires très fixes, etc.). En comparaison, la pilule affiche un taux de 91 % en utilisation courante, 99,7 % en cas d’utilisation « parfaite », et le stérilet 99 % quoi qu’il arrive », note Perrine Signoret dans son article paru dans le Monde du 18 septembre 2018.  (https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/09/16/natural-cycles-l-application-contraceptive-qui-fait-debat_5355814_4408996.html) Sources des chiffres : Site gouvernemental Choisir sa contraception.

Alors, même si l’efficacité de ces méthodes classiques « digitalisées » est controversées, il est vrai que les algorythmes ont sans doute été améliorés.

D’ailleurs une nouvelle application concurrente vient de sortir ! Elle s’appelle Dot. Ses créateurs prennent le contrepied du discours « confusant » de la créatrice de Natural Cycles et confirment que leur algorithme a progressé pour une plus grande efficacité de la méthode.

Notons pour finir que ces applications permettent malgré tout à toutes les femmes ne pouvant pas prendre la pilule de contrôler de mieux en mieux leurs cycles et d’éviter des grossesses non désirées.

Ceci dit, retenons que l’essentiel est d’être parfaitement informée sur la fiabilité réelle et les conditions idéales de fonctionnement de ces applications. Justement, l’information est je pense au coeur des choix que les femmes (et leurs compagnons) sont amenés à faire en termes de contraception à l’heure du digital.

Sur ce plan le digital nous a fait faire des pas de géants !

Pour celles qui ont choisi la pilule place aux applications anti-oubli !

Le planning familial a dégainé le premier en 2017 avec son application Pill’Oops bien pensée et surtout téléchargeable gratuitement sur tous les types de smart phones. En plus de la gestion des rappels, fonctionnalité de base de cette application, Pill’Oops délivre des conseils en cas d’oubli par exemple. De quoi rendre encore plus autonomes les femmes dans leurs choix de contraception. Belle initiative !

D’autres applications du même genre ont été développées comme par exemple Lady  Pill Reminder  qui propose une version gratuite et une version payante plus complète. Après avoir indiqué le premier jour de prise de votre pilule, l’application fait des rappels.

Chatbot et IA pour nous informer en temps réel en cas d’urgence !

C’est la mission d’Elsa le Chabot de la contraception d’urgence. Elsa, est l’ultime progrès au service de la contraception à l’heure du digital. Il a été lancé en 2018 par le laboratoire HRA Pharma et l’agence Spin Interactive.

Ce chabot de la contraception d’urgence est là pour palier au manque d’information des femmes en cas de rapport sexuel non protégé. Il permet aussi de lutter contre la sous-utilisation de la contraception d’urgence. Et souvent elle est plus qu’utile ! Les créateurs d’Elsa soulignent le manque d’information souvent couplé à la peur des effets indésirables de la pilule du lendemain.

Elsa permet aussi de lever  le tabou sociétal. En effetles femmes sont seules et démunies ou ont peur d’aller demander de l’information suite à un rapport sexuel non protégé. Elsa est là, neutre et bienveillante, mise en oeuvre grâce à l’Intelligence Artificielle. Elle est capable de géo-localiser les professionnels qui conseilleront au mieux les femmes en temps réel !

Elsa est disponible 24h24 sur Facebook via Messenger et sur le site https://www.etsicamarrivait.fr un fantastique progrès !

Merci à Remy Teston pour son article complet dans son blog Buzz E-santéhttps://buzz-esante.fr/elsa-le-chatbot-de-la-contraception-durgence/

Pour aller plus loin : des applications qui informent et dégomment les tabous !

En Afrique, le digital vole au secours de l’éducation sexuelle, de la contraception. Il permet de lutter contre le fléau du VIH !

Au Nigéria, un jeune médecin Charles Immanuel Akhimien ayant vu mourir trop jeunes ses amies suite à des avortements clandestins a mis au point l‘application My paddy. Cette application permet aux jeunes filles d’entrer en contact anonymement avec un médecin pour recevoir des conseils sur leur sexualité et leur contraception.

Une application vitale dans un pays comme le Nigéria qui compte 3,1 millions de porteurs du VIH et enregistre 34 000 décès par an dus à des avortements clandestins, selon des statistiques officielles. Dailleurs, My Paddy fait partie des 30 innovations médicales sélectionnées au 2e Forum de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la santé en Afrique, qui s’est ouvert fin mars 2019 à Praia, capitale du Cap-Vert.

Dans la même dynamique, Morenike Fajemisin, pharmacienne nigérienne défend le droit des femmes de disposer de leur corps.

A 30 ans elle vient de créé l’application Whispa permettant aux jeunes femmes d’accéder au moyen de contraception de leur choix, dans le strict respect de leur intimité. « Si une jeune fille va demander la pilule à son médecin ou à un pharmacien, elle risque de se faire sermonner et bombarder de questions. Est-ce qu’elle n’est pas trop jeune ? Est-ce qu’elle est vierge ? Combien a-t-elle eu de partenaires ? explique Morenike Fajemisin. Avec une application mobile, il n’y a plus d’ingérence humaine. »

Des initiatives à saluer.  Elles n’auraient pas été possibles sans le digital et l’équipement des jeunes générations africaines en smart phones !

Et si j’avais de nouveau 19 ans ? Quels seraient mes choix ?

Après la rédaction de cet article, ils seraient plus faciles à faire c’est indéniable. Les moult, applications, chabot et sites internet mettent les informations à portée de smart phone en temps réel ! Petite Poucette est désormais au fait de l’information en termes de contraception !

Personnellement, j’opterais encore pour la pilule car sûre et pratique ! Mais je le complèterais avec une application anti-oubli. Pill’Oops par exemple !

Et sinon ? Nous n’avons pas parlé de l’implant que je porte depuis 15 ans et qui a remplacé la pilule dans mon cas. A quand l’implant contrôlable ou rechargeable depuis mon smart phone ? Pourquoi pas ! Les innovations dans le domaine de la e-santé vont tellement vite !

By | 2019-04-02T18:34:55+01:00 avril 5th, 2019|Actualité, Apps, E-Santé, innovations, Vie 3.0|0 Comments

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Diplomée de @Neomabs et étudiante part time au #MBADMB. Mon métier : le marketing, ma passion : le diy et la créativité.

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