Rencontre avec François Luc MORAUD

François Luc MORAUD
François Luc MORAUD

Pouvez-vous retracer les plus grandes lignes de votre parcours en quelques lignes ?

Diplôme de l’école nationale supérieure de la photographie d’arles, pionnier Français de la photographie panoramique interactive numérique, 10 ans de ecommerce aux directions achat et service après vente, éditeur, et directeur organisme de formation. Depuis 5 ans, je me consacre en effet à la formation, à l’innovation, au product design, nouveaux business models et également au Design Thinking puisque je suis certifié Design Sprint Master selon la méthode de Jake Knapp.

Dans votre métier de tous les jours, quelles sont vos principales missions ?

Je suis Directeur Général des Experts du Digital, entreprise qui a deux activités. La première c’est un club business pour les responsables com, marketing digitaux, CEO qui à partir d’un abonnement permet de suivre une formation par mois par des experts renommés sur les sujets digitaux tels que SEO, Social selling, Data marketing. La seconde activité des Experts du Digital c’est celle d’organisme de formation spécialisée dans le webmarketing, e-commerce, social media, acquisition de trafic, Mobile.

Dans ce cadre large, je conçois et organise des programmes de formation, participe à leur commercialisation. Je recrute aussi des experts, entretien le réseau des adhérents, recueille leur besoin pour être au plus près du marché d’aujourd’hui et demain.

J’ai la chance aussi de pouvoir donner quelques formations auprès d’étudiants, principalement sur du Design Thinking et l’innovation produit comme usage, toujours en lien avec le digital.

Pourquoi avoir choisi le monde digital ?

En tant que pionnier Français en 1999 de l’image numérique 360, le digital m’est apparu comme un formidable nouveau media. Plus rapide, réplicable, mais aussi avec ses propres règles, en constance évolution. D’où le besoin de formation en continu finalement. C’est cela qui au fond me motive au quotidien, ce n’est jamais figé, et on peut travailler à distance avec le monde entier comme aussi avec l’écosystème local et régional très dense et dynamique de Bordeaux et sa région.

Je suis administrateur par ailleurs depuis 2015 d’un groupe Facebook que j’ai co-créé, Bordeaux Startups qui a près de 2800 membres, sur l’actualité, les innovations et les annonces de recrutement et entraide des Startups de Bordeaux et sa région.

Quel est selon vous, le nouveau business model ?

Comment définir un nouveau business model ? Dans un contexte digital c’est un modèle d’affaire qui va pouvoir s’appuyer sur une innovation d’usage ou technologique, voir les deux. L’utilisateur est aussi au centre de la valeur, voir il est acteur lui-même de la propre valeur ajoutée du modèle, a contrario du classique business model orienté produit qui le plaçait jusqu’alors en simple consommateur.

Il y a aussi souvent une potentialité de disruption et de révolution d’usage. L’équilibre restant toujours délicat à trouver d’un point de vue business afin de répondre à un besoin marché réel générateur rapide de valeur et non simplement de potentielle valeur à horizon incertain.

Est-ce un avantage d’être un expert du digital dans le monde d’aujourd’hui ?

Assurément, et pas simplement expert, je pense que chacun peut avoir et entretenir une culture du digital pour comprendre et agir pleinement sur ses enjeux personnels, et sociétaux. Les différents niveaux d’illectronisme c’est à dire l’équivalent pour le numérique de l’analphabétisation que l’on rencontre chez nos concitoyens, constituent un problème important et il me semble sous évalué qui met en danger par exemple la compétitivité des entreprises qui n’ont pas encore enclenché pleinement leur transformation numérique.

D’un point de vue personnel, il n’y a pas de génération native digitale ou de senior analogiques qui comprennent rien au numérique, chacun peut avoir des difficultés à saisir et utiliser pleinement le digital, on doit pouvoir en faire un atout pour chaque citoyen quelque soit son âge et sa condition, et non un vecteur d’exclusion sociale ou d’élitisme. Apprendre est une chance et non une tare, et avant d’apprendre par définition on ne sait pas, ça parait évident, mais il faut passer par ce constat et non le déni.

Pensez-vous que ce domaine pour le moment en évolution perpétuelle atteindra son paroxysme dans quelques années ?

Le digital est l’équivalent cognitif pour l’homme en 50 ans de la découverte et de l’usage du feu de l’imprimerie et du moteur à explosion combinés soit plus de 400 000 ans, soit une formidable accélération qui n’est pas encore assimilée et qui ne va pas s’arrêter. C’est ce qu’on appelle les technologies exponentielles car avec des effets de transformation sur l’humain exponentiels. Exemple lé génomique, l’intelligence artificielle, les ordinateurs quantiques… Il y aura plusieurs paroxysmes comme la fameuse « singularité technologique » des machines et de l’IA c’est à dire ce moment où les machines vont pouvoir par l’intelligence artificielle poser et résoudre seules des problèmes sans intervention humaine.

Ray Kurzweil place ce moment à horizon 2045, ce qui est à la fois très proche, et encore inatteignable et presque inimaginable.

Sans tomber dans la peur du futur ni dans son adoration béate, un équilibre est à trouver, sans oublier l’écoresponsabilité, et comme dirait Woody Allen : « Nous sommes tous intéressés par l’avenir, car c’est là que vous et mois allons passer le reste de notre vie. »

Les formations ou les « TO DO » indispensables pour être un expert du digital ?

Il y a de très bonnes écoles bien sûr, et aussi en ligne des MOOCS de qualité par exemple FUN our France Université Numérique, plate-forme d’enseignements en lignes créé par le gouvernement.

je dirai qu’être expert du digital passe avant tout par des réflexes et du travail au quotidien, par exemple par une vielle active et continue, par les réseaux sociaux comme Twitter, ou LinkedIn, les journaux et blogs spécialisés. Techcrunch, Mashable, Usbek et Rica, Frenchweb, Wired, les Echos, la Tribune, la presse locale aussi, internationale comme the Economist. Mais aussi les salons, les afterworks, les meetups, les rencontres et formations organisées par des réseaux ou associations de professionnels par exemple.

Egalement initier soi même des projets où le digital est mis à profit pour apprendre et apporter son savoir en même temps, professionnellement mais aussi pourquoi pas au bénéfice d’une association caritative, du développement durable, de la RSE : décloisonner et innover.

Avez-vous un conseil pour les étudiants qui se forment à ce nouveau monde hyper connecté?

Avoir confiance en vous. Rester curieux, agile, cultiver les softs skills c’est à dire les compétences comme l’empathie, la confiance, la résolution de problèmes (au passage un des principaux buts et objectif du Design Thinking est précisément la résolution de problèmes complexes), la communication, l’esprit d’entreprendre etc

Cultiver un profil en T ou en anglais T-shaped Skills. La barre verticale du T représente le savoir profond, l’expertise sur un ou plusieurs domaines, et la barre horizontale des savoirs moins approfondis mais qui permettent l’interdisciplinarité, de travailler en équipe avec des profils différents. Et aussi, suivant les besoins, l’évolution du monde et la sienne, et l’envie, ce profil en T permet d’approfondir un de ces savoirs moins profonds pour consolider un autre profil en T et ainsi être toujours proactif et pleinement acteur de sa vie, en connexion avec les autres.

Savoir aussi se déconnecter pour mieux se connecter à ses sensations et à d’autres temporalités, comme par le « shinrin-yoku » ou bain de forêt. Et tout simplement résister à ne pas checker son smartphone lors d’une soirée, d’un déjeuner, d’une conversation pour mieux vivre l’instant présent en compagnie d’autres personnes. Trouver le bon équilibre dynamique, et faire des projets où plaisir et partage prédominent.

By | 2019-04-01T22:07:55+01:00 avril 8th, 2019|Inside Digital Revolution, Interviews & Rencontres|0 Comments

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Digitale native et captivée par la nouveauté, j'ai choisi le #MBADMB pour être préparée au monde ultra connecté de demain ! #MBADMB #TransfoNum #socialmedia #attendezmoijesuispasencoreprête

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