Interview : Jérémy Dubois crée le 1er chatbot d’arbitrage

Interview : Jérémy Dubois crée le 1er chatbot d’arbitrage au monde

Jérémy Dubois, arbitre national de basketball et social media manager du groupe SeLoger, a créé Ref’mate, le 1er chatbot sur l’arbitrage au monde.

Alors que la Fédération Française de BasketBall (FFBB) a de plus en plus de difficultés à faire naître des vocations d’arbitre chez les jeunes basketteur·se·s, Jérémy Dubois s’est attaqué au problème à la source. En captant l’attention des jeunes pour les inciter à s’intéresser à l’arbitrage,  son chatbot rencontre un succès rapide : Ref’mate, contraction de referee, arbitre en anglais, et mate, compagnon.

Ref’mate est un agent conversationnel sur Messenger. En répondant à des quizz, l’utilisateur se forme sur les règles de l’arbitrage du basketball. De façon ludique et avec des vidéos de mises en situation, le·la basketteur·se apprend et améliore ses compétences. 

Retour sur une rencontre entre sifflements et tweets.

Juliette Bègue : Bonjour Jérémy ! Comment as-tu commencé à t’intéresser à l’arbitrage de basket ?

Jérémy Dubois : J’ai commencé ce sport en CE2, parce que j’avais un ami passionné de basket. Je suis entré à l’Elan sportif chalonnais, un club en Saône-et-Loire, alors en mini-poussin (8-9 ans). Je me suis intéressé à l’arbitrage rapidement, et à mes 10 ans, je suis devenu arbitre club. Après plusieurs formations, j’ai été diplômé arbitre départemental à 14 ans, puis aujourd’hui j’officie au niveau national. À l’adolescence, j’ai cessé de jouer au basket pour me consacrer à l’arbitrage, une fonction qui me plaisait plus. Et les études arrivant à grands pas, je devais faire un choix dans ma passion.

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JB : Tes études t’ont finalement conduites vers la communication, comment es-tu arrivé au post de social media manager du groupe Seloger ?

JD : La communication n’a pas été tout de suite une évidence. Au lycée, j’étais attiré par les sciences politiques, et j’ai naturellement choisi de me tourner vers une prépa lettres et sciences politiques. J’ai été accepté à la Sorbonne pour un double cursus droit et sciences politiques. Puis j’ai choisi un master communication corporate et politique. J’ai travaillé pour un parti politique, en agence, et finalement chez un annonceur.
Aujourd’hui, je gère 14 marques et 40 comptes sur les réseaux sociaux en tant que social media manager. C’est un post cross-canal, puisqu’en plus de piloter le community management, je m’occupe de la stratégie social media, mais également la e-réputation de ces entreprises.

JB : En 2017, en plus de ce travail et de l’arbitrage, tu décides de créer un outil disruptif à destination des arbitres. Comment est né Ref’mate ?

JD : En plus d’être un arbitre officiel, je m’occupe également de former de nouvelles personnes qui veulent le devenir ou arbitrer des matchs de plus haut niveau. Je me suis rendu compte rapidement que la baisse d’effectifs chez les officiels posent de nombreux problèmes à tout niveau (club, départemental, national, …). Pourtant, il y a de plus en plus de jeunes qui s’intéressent au basket. 

Alors, comment séduire les jeunes pour les amener à s’intéresser puis à se former à l’arbitrage ?

Je me suis demandé comment communiquer avec eux.
Comme la FFBB n’a pas réussi à leur transmettre ce message avec les moyens traditionnels (affiches dans les centres de basket, communication via les clubs, …), j’ai compris qu’il fallait s’approprier du temps d’attention. Et à quel endroit les jeunes dépensent beaucoup d’attention aujourd’hui ? Dans leur smartphone.

Les jeunes sont sur leur smartphone, sur les réseaux sociaux, en train d’échanger avec leurs amis, notamment via des applications de messagerie.

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Messenger me semble vraiment être l’application dont la popularité ne va pas faiblir, car elle est au centre de l’attention des Millenials.

La réglementation au basket est comme tous les règlements : elle est technique, lourde, pas évidente au premier abord.

Messenger est devenu le canal qui allait permettre de révolutionner l’arbitrage : avec un chatbot sur l’application de messagerie, on offre une proximité mais également un aspect ludique et chaleureux, que ne possède pas un règlement brut.

JB : Pourquoi avoir choisi en particulier le chatbot, qui peut-être assez contraignant à mettre en place ?

JD : Le chatbot peut avoir un côté contraignant, notamment au commencement. J’ai mis 4 mois à le développer. En autodidacte, j’ai avancé petit à petit en me posant les bonnes questions. Pour mettre en place un chatbot, il faut réfléchir à ce que l’on veut trouver dans l’outil. Quel est le contenu qui sera mis en avant ? Pour moi, il s’agissait d’abord des quizz, avec un aspect ludique et compétitif, renforcé par les scores. Puis, il faut bien travailler l’arborescence pour que le bot soit clair dans la conversation.

Finalement, une fois le chatbot créé, la data récoltée est primordiale pour l’améliorer et le personnaliser selon les utilisateurs, au maximum. Cet affinage est crucial pour ne pas perdre ses utilisateurs. Dans mon cas, les arbitres sont une cible très exigeante. Ils ont besoin d’être sûrs de la qualité, mais aussi de s’approprier l’outil rapidement.

Créer Ref’mate, en plus de mon travail et de l’arbitrage a été un challenge, c’est aussi ce qui m’a plu. Avec peu de moyen, beaucoup de temps et énormément de passion, j’ai créé un outil pertinent, utile et ludique. C’est une réussite pour moi.

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JB : Le digital, comme l’arbitrage-vidéo, la e-marque, prend de plus en plus de place dans le sport. Comment vois-tu l’avenir pour Ref’mate ?

JD : Ref’mate est pertinent pour parler aux jeunes, et son succès, 676 000 connexions depuis son lancement, montre qu’il est adapté. Je vais l’améliorer en y intégrant de la vidéo éducative pour expliquer des règles en moins d’une minute par un officiel. La vidéo sera poussée en fonction des erreurs commises dans les quizz précédents. Pour en arriver là, je vais intégrer de l’intelligence artificielle (IA) pour être le plus personnalisé possible.
Avec l’IA, la relation entre le bot et l’utilisateur se fluidifiera, deviendra plus naturelle. Le côté fun sera également plus présent qu’actuellement.  

Si Ref’mate a pour vocation d’aider les arbitres à être à jour sur les règles d’arbitrage et réduire les erreurs en s’informant, je veux que le public soit plus large. Il est utile pour vulgariser les règles à tous : jeunes arbitres, joueurs, coachs, officiels table de marque (OTM), parents, spectateurs, …. En plus du côté éducatif, je souhaite réellement partager une passion.

JB : Est ce que tu aurais un conseil pour les jeunes qui hésitent à se lancer dans l’arbitrage quelque soit le sport ?

JD : Osez.
Il faut se challenger, tenter, essayer, avant de refuser. L’arbitrage permet également de mieux comprendre son sport, et donc de devenir un meilleur joueur.
Osez.

Et pour conclure cette interview, voici le portrait chinois de Jérémy ! Après cette interview, anticiperez vous les réponses de ce profil à la fois tech et sportif ?
Passez votre souris pour connaître les réponses :

By | 2019-05-14T03:00:47+00:00 May 14th, 2019|Inside Digital Revolution, Interviews & Rencontres|0 Comments

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🎓 Etudiante en #MBADMB à #Lille Passionnée de #digital 📲 # Rédaction 🖋#BasketBall 🏀

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