En 2384, dans la ville futuriste de Bay City où le digital règne et fait désormais partie intégrante de la société, Takeshi Kovacs, ancien soldat d’élite et rebelle, est ramené à la vie par un homme richissime répondant au nom de Laurens Bancroft, après 250 années de stockage. En contrepartie, Takeshi Kovacs est missionné pour résoudre le meurtre de Laurens Bancroft lui-même. 

Cette série adaptée du roman de Richard Morgan, a vu naître son premier épisode le 2 février 2018 sur Netflix. Deux ans plus tard, le 27 février 2020, la deuxième saison est mise en ligne sur la plateforme. 

Bande annonce de la série Altered Carbon

1. Pour se questionner à propos de l’immortalité… 

En 2384, le corps est considéré comme une enveloppe, un simple support organique et physique, à l’image du serpent qui se défait de celui-ci pendant sa mue. Cela s’explique par l’existence d’une pile corticale implantée à l’âge d’un an chez chaque humain.

Cette pile stocke et contient la personnalité, la conscience, la mémoire, les capacités cognitives et intellectuelles de l’individu. Elle est ensuite insérée dans un corps « temporaire », puisque interchangeable. En effet, si la personne meurt (mort naturelle, accident, meurtre…), le corps organique décède mais la pile insérée dans la nuque peut-être réinsérée dans un nouveau corps, dans une nouvelle enveloppe.

Une pile peut également être stockée un nombre d’années plus ou moins important. C’est le cas de celle du héros, Takeshi Kovacs, ressuscité après 250 ans. Attention cependant à la sécurité et à la protection de la pile : si celle-ci est détruite, la mort est alors définitive. 

2. Pour aborder le transhumanisme… 

A Bay City, l’Homme et ses performances sont poussés à leur maximum. Les hommes sont améliorés et même transformés par les découvertes techniques et scientifiques. Ils sont bioniques. Toutes leurs datas sont contenues en eux : l’Homme se suffit de son corps puisque les données nécessaires à son quotidien et à sa vie en société son directement implantées en lui.

Être un humain dans Altered Carbon c’est, en quelques exemples concrets :

  • pouvoir payer grâce à son empreinte digitale,
  • pouvoir téléphoner sans avoir un smartphone en main, le téléphone étant directement intégré à la boîte crânienne,
  • ne pas avoir besoin d’enquêter sur Internet et les réseaux sociaux puisqu’un écran intégré à la pupille permet d’obtenir des informations sur une personne inconnue. 

Aussi, par la chirurgie et la médecine, les hommes peuvent continuer à améliorer leurs performances physiques. Par exemple, l’un des personnages est transplanté et peut choisir un membre plus ou moins puissant (il y en a une multitude sur le marché) qui lui donnera des capacités surhumaines. 

3. Pour imaginer un monde dans lequel l’Intelligence Artificielle est un individu à part entière, ou presque… 

Dans l’univers science-fiction d’Altered Carbon, si vous souhaitez séjourner dans un hôtel, vous restaurer ou aller boire un verre, vous serez servis et accueillis pas des intelligences artificielles. 

D’apparence humaine, au comportement humain (jusqu’à l’humour), ces IA ont remplacé les hommes dans de nombreuses activités du secteur tertiaire. Il est parfois compliqué alors de savoir si l’on a affaire à un humain ou à une intelligence artificielle. 

Source : Medium

4. Pour avoir un aperçu du futur…

Pour reprendre les termes d’un personnage :

« Les technologies évoluent, pas les humains. » 

Et sans spoiler, il n’a peut-être pas tort… à vous de vous faire votre propre avis ! Cela lance un débat riche d’intérêts. Il est intéressant de regarder Altered Carbon en gardant un pied dans notre monde actuel et notamment en ayant dans un coin de la tête les différentes problématiques sociétales rencontrées quotidiennement en 2020. Finalement, il semblerait que ces discussions soient identiques, à peu près, en l’an 2384. 

Quelques problématiques sociétales futuristes… : 

  • Conflits religieux : il y a à Bay City des personnes religieuses qui n’acceptent pas la résurrection. En effet, quel rapport à la Vie et à la Mort pour les religieux, pour les religions ? Comment accéder à l’au-delà quand le cycle de vie et de mort est perpétuel et répétitif ?
  • Inégalités en tous genres : les inégalités financières font perdurer les inégalités sociales et les clivages. Certains hommes, très riches, contrôlent le monde et vivent au-dessus des nuages, pendant que le reste de la population subit les lois, et vit au sol, dans des conditions bien plus miséreuses. De même, l’accès aux soins et le système de santé restent très inégalitaires, à l’image de certains pays comme les Etats-Unis. En effet, tout le monde ne peut se soigner convenablement.
  • Illégalités : perdurance de la corruption, de la prostitution, et de nouvelles problématiques de plus en plus perverses comme le combats d’humains ou la torture digitale par exemple…
  • Guerres : les guerres persistent et sont de plus en plus violentes, les armes sont extrêmement sophistiquées, les dégâts n’en sont que plus dramatiques.

5. Pour la réflexion et le questionnement que la série amène tout au long du visionnage ainsi que post-visionnage… 

Ce dernier point sera une ouverture sur les questionnements fondamentaux des enjeux du digital. 

Finalement, jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans l’avancée digitale et ses enjeux ? Nous sommes acteurs et responsables de ce que nous créons. Mais, à un moment donné, n’allons-nous pas nous retrouver dépassés par ce que nous développons ? 

Quelles sont les limites ? Quelle place vont prendre l’éthique et la morale dans le monde que nous créerons ? 

Quelles seront les lois, les droits, la justice ? Y-en aura-t-il ?
Qu’en est-il de la Vie et de la Mort si celles-ci ne sont plus qu’un cycle répétitif et éternel ? 

N’hésitez pas à partager vos questionnements et vos positionnements dans les commentaires.