L’avenir du numérique se joue dans la capitale bretonne.

Saviez-vous que la Métropole rennaise avait vu naître le Minitel… que son écosystème numérique représentait le 3ème pôle national sur le segment télécoms derrière Paris et Lyon ainsi que le 3ème pôle de recherche publique national après Paris et Grenoble… Ou encore qu’elle abritait depuis 50 ans la Direction Générale de l’Armement dédiée à la Maîtrise de l’information (cyberdéfense et guerre électronique entre autres) ? Et La liste est encore longue… !

 

Ainsi, le territoire est composé à la fois de grands industriels comme Orange (devenu en 2015 le premier employeur privé de la métropole, devant PSA), Technicolor, Thales, Ericsson ou Canon… mais aussi des centaines de start-ups.

La Bretagne figure dans les premiers rangs européens en matière de technologies de l’information et de la communication (50 000 emplois) et se veut la référence mondiale sur trois domaines : images 3D, réseaux fixes et mobiles, internet du futur.

 

Rennes Métropole bénéficie de laboratoires publics et privés, de milliers de chercheurs spécialisés dans les technologies sans fil, la TV numérique, la sécurité des systèmes d’informations, les services de télécommunications, les technologies logicielles, ou les nouveaux usages du web.

Elle peut également compter sur de véritables réseaux d’acteurs, structures de financement dédié, plateformes d’expérimentation, ou de formation (près de 3 000 étudiants diplômés sur le numérique chaque année).

 

Sa notoriété s’est d’ailleurs encore accrue avec plusieurs labellisations dont celle du pôle de compétitivité à vocation mondiale Images & Réseaux, centré depuis 2015 sur les nouvelles technologies de l’information, des télécoms et de l’audiovisuel.

La Bretagne accueille également depuis 2012 B-com, l’un des huit Instituts de Recherche Technologique labellisés par l’État français, innovant dans l’hypermédia, les réseaux ultra haut débit et la e-santé.

Enfin, Rennes Métropole élargi à Saint-Malo Agglomération ainsi que Malestroit, Carentoir et La Gacilly fut l’un des 9 territoires français à remporter le label « French Tech » en 2014.

 

Et lorsque l’on évoque la French Tech Rennes St Malo et plus largement le numérique à Rennes, on pense forcément à ce bâtiment sublime et étonnant, tripode tout droit sorti d’un film de science-fiction au design vintage ; ce phare futuriste qu’est le Mabilay, emblématique de l’histoire des télécommunications en Bretagne.

photo vue extérieur Le Mabilay

Car si le Mabilay est aujourd’hui et depuis début 2016 le point d’ancrage de la French Tech Rennes St Malo rassemblant l’écosystème des startups et réunissant innovation et expérimentation, il est également le témoin, depuis près de 50 ans, de l’évolution des télécommunications, de l’univers informatique et scientifique et donc l’emblème des technologies de l’information et de la communication : en bref, du numérique rennais.

 

L’Office de Radiodiffusion de Télévision Française (l’ORTF) et le Centre National d’Étude des Télécommunications (CNET) fusionnent pour devenir le CCETT (Centre commun d’études de télévision et télécommunications) et décident de créer au début des années 1970 un bâtiment pour le développement des techniques nouvelles en matière de traitement, de transmissions et de distribution des signaux audiovisuels.

C’est l’architecte Louis Arretche (qui a longtemps œuvré en tant qu’urbaniste-conseil de la ville) qui va imaginer la construction de cet imposant bâtiment de 16 500m².

En février 1983, Louis Mexandeau, alors ministre des PTT (Poste Télégraphes et Téléphones), lance officiellement à Rennes un service révolutionnaire. Une première mondiale, qui permet à la France de se doter du plus grand système informatique conversationnel du monde, à écran vidéo et clavier alphanumérique pour chaque foyer, le « Médium interactif par numérisation d’information téléphonique » ou plus communément appelé MINITEL créé par l’équipe de Bernard Marti.

A noter que les abonnés du téléphone d’Ille-et-Vilaine peuvent, dès son lancement, choisir entre le Minitel et l’annuaire classique papier puisque le Minitel est installé gratuitement. A noter qu’en 2000, il était encore utilisé par un français sur 2.

 

Mais le Mabilay verra naître bien d’autres découvertes :

  • Création du système DISCRET en 1978 (1er cryptage de Canal+ en 1984)
  • Création du projet européen ESPRIT « PICA » (Photographic Image Coding Algorithm) qui est à l’origine du système JPEG,
  • Le système COFDM utilisé notamment pour la TNT et la RNT, mais aussi pour l’ADSL. Médaille d’or à Montreux.
  • Première diffusion mondiale de Télévision Numérique Terrestre. (1983)
  • La création du système MPEG Audio (MUSICAM, base du format MP3).
  • La carte à puce

 

L’histoire des télécommunications en France et le développement économique de la Bretagne sont étroitement liés.

L’arrivée du CCETT va mobiliser des centaines de chercheurs de haut niveau et favoriser l’implantation d’entreprises informatiques et d’écoles de télécommunication à Rennes.

Au cours des années 80, le CCETT (reconnu comme faisant parti des plus grands centres de R&D de l’audiovisuel et des télécommunications au niveau mondial) déménage en périphérie rennaise et son ancien siège devient l’antenne Recherche et Développement pour le Grand Ouest de l’opérateur France Télécom dont la présence sera bénéfique à l’implantation de grandes entreprises dans la région mais aussi de nombreuses PME qui vont profiter de cette effervescence pour s’installer à Rennes. La Bretagne se développe et confirme sa position avant-gardiste en matière d’innovation.

Suite au départ en 2007 de France Télécom pour son installation dans de nouveaux locaux, le bâtiment, voué à la destruction, est sauvé par l’intervention du promoteur Jean-Paul Legendre, qui ne peut se résoudre à voir disparaître cet emblème.

Après 3 ans et un « lifting » bien mérité, le bâtiment est réhabilité sans être dénaturé et devient le théâtre d’un cadre de travail devenu des plus agréable (bureaux décloisonnés, grands espaces, parkings, extérieurs…).

Le Mabilay est né et accueille dès 2014 plusieurs entreprises.

 

Mais son nouveau souffle prendra tout son sens l’année suivante grâce à l’installation de la French Tech Rennes St Malo : trois étages et 2.100 m² pour accueillir des espaces de coworking et d’événementiel, une dizaine de startups en développement et aussi son programme « Booster ».

carte French Tech 

Le numérique est donc l’un des secteurs d’activité les plus florissants en Ille-et-Vilaine (le bilan réalisé par l’Audiar – Agence d’Urbanisme et de développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise – montre la forte dynamique de l’emploi dans l’écosystème numérique du département en 2016, avec + 950 emplois salariés supplémentaires, soit plus que 2014 et 2015 cumulées).

 

 

Alors, Rennes digitale ?

 

 

Sources :