La Smart City, la ville du futur ?!

La rapidité avec laquelle la ville se transforme et évolue aujourd’hui est certainement un phénomène inédit dans l’histoire de notre monde. Ce changement s’inscrit dans une transformation économique et sociétale plus vaste. Les technologies émergentes modifient en profondeur les modes de vie et amènent les citoyens à reconsidérer leurs façons de posséder  et d’utiliser les biens et les services.

Aujourd’hui, 54 % de la population mondiale vit dans des zones urbaines. Ce pourcentage atteindra 70 % en 2050. Les villes, qui consomment 75 % de l’énergie mondiale et produisent 80 % des émissions de gaz à effet de serre, sont désormais les zones où prioritairement convergent et interagissent des problématiques globales.

La transformation numérique de la ville

Face à des mouvements de fond extrêmement puissant tels que : l’accroissement démographique ; les changements climatiques et les risques écologiques qui peuvent en être la conséquence ; la raréfaction des ressources naturelles et la transformation de nos modes de vie et de nos pratiques sociales, la ville du futur devra développer la biodiversité, permettre l’accroissement de la mobilité urbaine et optimiser la gestion de l’eau et de l’énergie. L’ensemble permettra de préserver et possiblement améliorer la qualité de vie des citadins. Le développement de la ville de demain passe aussi par l’architecture avec notamment la transformation et la rénovation des bâtiments existants. En bref, les villes vont devoir se réinventer pour s’adapter.

L’adaptation des villes au monde de demain est un enjeu essentiel qui interpelle. Pour répondre à ce défis que l’évolution du monde nous impose, la mobilisation des citoyens, des élus, des décideurs publics et privés, des architectes, des urbanistes, des chercheurs et des experts sera nécessaire pour optimiser la pertinence et le pilotage de tous les projets qui verront le jour. Par conséquent, nous devons repenser la gouvernance de nos villes et peut-être plus largement la gouvernance de nos sociétés.

Smart City, la ville intelligente de demain
La ville de demain, plus intelligente, plus connectée, plus fluide et durable

La ville de demain, quelle est sa définition ? De quoi s’agit-il ? Quels sont ses enjeux ? Par exemple, comment concilier biodiversité et aménagement urbain ? Quelles solutions s’offrent à nous pour construire une ville durable ?

Les définitions de la ville de demain sont aussi nombreuses que les visions qu’en ont les uns et les autres aujourd’hui, aussi nombreuses que les initiatives développées et les acteurs qui s’y engagent. Mais l’enjeu est essentiel. Le monde de demain nous imposera de vivre dans des villes qui seront radicalement différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

C’est sous ce prisme que nous nous sommes réunis pour concevoir et mener cette présentation de la ville de demain au sein du MBA Digital Marketing Business promotion 2016 -2017. Nous vous proposons un état des lieux non exhaustif des technologies et des innovations digitales au service de la Smart City, ainsi qu’une réflexion sur les perspectives, les freins et les enjeux de cette ville intelligente et durable.

Auteurs du projet : Marine Peyrol, Marie-Aimée Gauthier, Isabelle Fedieu, Stéphanie Cartier & Céline Bathie

 

La ville de demain vue par ses citoyens

Partout sur la planète, les villes comptent chaque année de plus en plus d’habitants, obligeant les politiques locales à repenser les services urbains pour améliorer la qualité de vie de leurs citadins. Alors qu’en 2014, nous étions 54% dans le monde à vivre en ville d’humains vivant en zone urbaine atteindra les 66% en 2050. La ville intelligente se devra donc d’être centrée sur ses citoyens car se sont eux qui seront les mieux placés pour la construire.

Place à la coopération citoyenne

Les initiatives de consultation citoyenne se multiplient partout en France avec par exemple : la plateforme « Madame la Maire j’ai une idée » pour la métropole du Grand Paris ; le programme « Rennes 2030 » pour imaginer la ville de demain ; la campagne « Mon Finistère Demain » ; des ateliers citoyens ; des forums ; la mise en place de budget participatif ; une application mobile permettant aux élus d’informer les habitants sur l’actualité de la ville…

Ces initiatives ont pour objectif de s’appuyer sur la participation des citoyens afin d’identifier les principaux points faibles du développement urbain. A terme, les remarques de la population devront, aider les municipalités à définir les stratégies les plus pertinentes pour amorcer les mutations des villes d’aujourd’hui vers celles de demain.

En donnant la parole aux populations urbaines sur des problématiques qui les concernent au quotidien, comme les transports ; le développement durable ; les inégalités ; la mobilité ; l’eau ; l’énergie ; la cyber-sécurité ou encore le respect de la vie privée, les acteurs urbains trouvent le soutien des citoyens dans la création des villes durables et intelligentes par un mode de fonctionnement ambitieux et participatif.

Interroger les habitants sur leurs attentes

Les données permettent d’analyser les situations et d’identifier les problèmes rencontrés par la ville. Les solutions proposées par la suite émanent bien souvent d’élus locaux et d’entreprises partenaires qui oublient de consulter les habitants. Les solutions proposées ont beau être pertinentes, elles risquent d’être rejetées par les usagers si elles ne cadrent pas avec leur conception du monde, leurs priorités à court terme ou leur niveau de sensibilité à l’innovation. La ville de Singapour a bien compris cette problématique essentielle. Son projet “Smart Nation” a pour objectif de répondre aux problématiques urbaines grâce au numérique en se concentrant sur les utilisateurs. Une enquête sur les attentes en matière de domotique a révélé que les Singapouriens sont plus sensibles à l’adaptation de l’habitat des personnes âgées qu’à la gestion de leur consommation d’énergie. Cette enquête qui a permis aux entreprises collaborant au projet « Smart Nation » de mieux cibler leurs propositions. Elles ont par exemple évité de développer une application d’économies d’énergie car cette consultation avait révélée que peu d’habitant étaient prêt à payer pour ce service.

Donner la parole aux citoyens plutôt que d’innover dans son coin

Aller aux devant des citoyens plutôt d’innover à l’ombre d’écrans sur lesquels défilent quantité de traitements de données s’avère encore une fois primordial. Interroger les personnes directement concernées par les problématiques urbaines afin d’identifier leurs difficultés et leurs aspirations permet d’imaginer des solutions innovantes qui sauront rencontrer leur public.

Les lobbies citoyens qui influent sur les engagements et pèsent sur le devenir du monde se développent. Les plateformes de démocratie citoyenne comme “Avaaz” ou “Change.org” se multiplient  et deviennent les porte-paroles des citoyens. Ils veulent faire entendre leur voix à une époque où les incertitudes quant aux modèles économique et sociétaux s’accroissent.

Chaque années et partout dans le monde, les initiatives comme World Smart City voient le jour. C’est une plateforme collaborative pour imaginer la ville de demain, lancée par l’ONU en 2016.

World Smart City : vise à préparer les standards de la ville intelligente de demain. Après s’être inscrit, chaque citoyen participe à la vie de cette plateforme : en suivant les articles publiés quotidiennement qui présentent des villes déjà en mutation vers un fonctionnement plus durable, ou qui traite des enjeux de demain comme les transports ; en publiant eux-mêmes sur les forums « énergie, mobilité, eau »… et en poursuivant le débat avec les membres en ligne.

Le développement du numérique, des réseaux sociaux et des applications modifie en profondeur le rapport entre élus et citoyens. Il demande aux premiers une plus grande transparence, aux seconds une implication dans la vie de leur ville et à tous une volonté de se former à ces nouveaux usages. C’est un changement de culture ! La « participation citoyenne » s’amorce et nous n’en sommes qu’à ses prémices. Cette culture doit être encouragée pour qu’elle fasse partie intégrante de la vie des habitants. Mais pour que la co-construction soit perçue comme efficace, les différentes concertations doivent être suivies d’effets concrets en donnant vie à des projets qui répondent vraiment aux besoins et aux attentes des usagers. C’est donc toute une nouvelle culture de la ville qu’il faut construire, une culture à partager entre les citoyens les élus et les entreprises, pour qu’ils soient ensemble le tremplin du développement des cités de demain.

L’intelligence collective permettra de construire  une ville juste et durable  avec la participation citoyenne comme l’un des piliers de la conception. L’humain est bien au cœur de la ville de demain !

 

 

 

Le dialogue collectif au service de la smart city

Réseaux sociaux, applications mobiles et pétitions en ligne sont désormais entrés dans les usages courants. Ils rejoignent les assemblées de quartier et les associations dans l’expression de la volonté citoyenne. Ces nouveaux équipements numériques et ces nouvelles pratiques, sont une opportunité pour les collectivités de mieux communiquer sur leurs actions et de permettre aux idées de remonter. Elles participent ainsi au renouvellement du dialogue citoyen. En France, à mesure que la ville intelligente s’équipe en nouvelles technologies, on constate parallèlement l’émergence de nouveaux riverains, les smart citizens*, qui s’investissent dans sa création. Et, si la ville intelligente permettait à ses habitants de récupérer du pouvoir ?

Le dialogue pour mieux adapter les équipements

Pour  garantir un meilleur service aux citoyens, le numérique peut jouer le rôle de facilitateur de la réflexion et de la co-création. Le numérique est un atout à condition d’être associé au présentiel. La technologie ne peut être une fin en soi. Elle se doit en revanche d’être un moyen pour activer les projets concrets co-construits par les acteurs locaux. Une ville intelligente doit être inclusive, informative et pédagogique. C’est seulement si ces conditions sont réunies que toutes les parties prenantes d’une ville pourront participer activement à sa transformation et à son développement.

Plans locaux d’urbanisme, concertations publiques relatives à la gestion des transports, organisation des rythmes scolaires et des crèches… sur Internet ou de visu, les motifs de consultation sont nombreux et les informations émanant des citoyens précieuses. L’intelligence de la smart city  vient aussi de ses habitants… et les élus locaux l’ont bien compris !

 Ces nouveaux modes de consultation citoyenne font en effet partie intégrante du crowdsourcing** : une utilisation des idées émises par les citoyens. Ces données permettent le développement d’équipements mieux adaptés (mobilité, réseaux, énergies), mais modifient les rapports entre les élus et leurs administrés. La démarche de démocratie participative demande une capacité à capter les envies des citoyens. Ce sont les élus qui doivent tendre vers une plus grande transparence. De plus, il est important que ces consultations ne pas restent sans effet.

Augmenter les interactions entre les citoyens et leurs élus

Grâce à des consultations directes, un espace d’expression dédié et un tableau de bord de gestion et de visualisation de la participation locale, une nouvelle forme du rapport élus/citoyens  voit le jour, et qui réinvente le dialogue avec les élus et les décideurs publics. Comme les civic tech*** qui réactivent l’enjeu de la participation citoyenne dans les villes.

Avec des usagers qui participent d’avantage dans un environnement transparent et collaboratif, et le croisement des données qui permet une gestion plus efficace et prédictive du service public, nous sommes aux prémices d’un mouvement de réappropriation de la démocratie qui ne peut que s’accélérer dans les années à venir.

 Impliquer le plus grand nombre dans un projet collectif

Le dialogue citoyen (ou la démocratie participative) est ouvert à tous les habitants de la ville. Il se traduit par des rencontres régulières centrées sur une thématique. Ces réunions sont en général des réunions  de visu. Mais toutes les personnes intéressées par un sujet peuvent participer aux débats à travers une plateforme numérique d’échange. L’objectif d’une telle plateforme, c’est de permettre aux habitants d’obtenir des informations, d’évaluer, de signaler et de contribuer sur la politique menée. Mais elle donne aussi la possibilité d’interpeller les élus. C’est aussi le moyen d’associer  l’usager, de  décentraliser davantage et de capter un plus grand nombre. Car mieux organiser la ville passe par mieux coopérer. Mais,  nous sommes encore très loin de ce modèle de l’intelligence collective. Les outils numériques ne font pourtant pas tout. Même s’ils sont essentiels, il est indispensable d’avoir recours aux rencontres physiques.

La garantie d’un meilleur service aux citoyens

A mesure que les agglomérations s’équipent, les porteurs des projets de villes intelligentes recherchent l’expertise des habitants. Des bornes de stationnement connectées, les horaires des transports en commun indiqués en temps réel, la consommation d’énergie optimisée ou encore un accès au Wi-Fi illimité dans la rue… Les domaines qui composent la ville intelligente et connectée sont légions. Les citoyens adhèrent d’autant plus à cette démocratie participative quand ils sont sollicités et pleinement intégrés à la réflexion globale. Le bon développement des smart cities doit passer par une meilleure implication de ses habitants. A Nantes, l’agglomération a renforcé sa communication numérique en développant une application « Nantes dans ma poche ». A Paris, une part du budget de la ville est soumise à l’approbation des citadins.

Les habitants ont une vraie légitimité à donner leur avis sur la politique locale. Les outils technologiques sont avant tous des atouts qui permettent de mieux répondre aux attentes des usagers. Naturellement, le numérique ne remplacera jamais le présentiel. Mais les contributions les plus variées sont la condition de réussite du dialogue citoyen. Plus les points de vue sont divers et nombreux et plus les solutions imaginées sont riches. Le numérique contribue à diversifier le public qui participera à la fabrication collective de la ville de demain.

Aujourd’hui, plus qu’une simple information, les habitants attendent d’être impliqués dans la politique de leur ville.

 

 

 

* Les smarts citiziens sont les citoyens acteurs du territoire intelligent

**Le crowdsourcing, est l’utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé.

*** Les civi tech usage de la technologie dans le but de renforcer le lien démocratique entre les citoyens et le gouvernement

 

Quel humanisme à l’ère du numérique ?

Nous vivons actuellement un véritable déluge d’innovations. Le développement des technologies numériques, l’engouement pour les start-up, l’accroissement des incubateurs ou des Fab Lab, … font apparaître chaque jour des dizaines de nouveaux objets, concepts, logiciels ou services. Sans parler des centres de recherche, publics ou privés, qui se chargent également d’inventer le monde de demain. Nos usages sur internet d’e-commerce, d’e-administration,  de télémédecine ne cessent d’augmenter chaque année. Envoyer un email, faire une recherche en ligne, prendre un billet de train en un clic, faire sa déclaration d’impôt en ligne … autant de gestes du quotidien qui nous paraissent banals, naturels voire instinctifs. Nos vies sont connectées pour tout, partout, tout le temps, à tout instant. A tel point qu’on en oublie trop souvent ceux qui ne maîtrisent pas le numérique. Alors comment simplifier sans exclure les plus fragiles ? Comment rendre accessible le digital à tous les citoyens ?

Le numérique est-il un  facteur d’inclusion ou d’exclusion sociale ?

La question de l’appropriation par chacun des technologies numériques s’impose, car elle conditionne l’inclusion numérique (ou e-inclusion). e-inclusion, vise à rendre le réseau numérique accessible à chaque individu, principalement la téléphonie et internet, et à leur transmettre les compétences numériques qui leur permettront de faire de ces outils un levier de leur insertion sociale et économique. E-inclusion doit être développé à travers l’accès aux outils informatiques, l’éducation, la formation et les apprentissages. L’objectif est de rendre chacun autonome.

En France, 80% des habitants sont connectés à Internet*. Qu’en est-il des 20% restants ?

Car oui la transformation numérique offre un potentiel extrêmement favorable à tous les citoyens. En effet, un service numérique bien imaginé permet un accès rapide et facile à de multiples services qui offre un meilleur quotidien. Mais une médiation numérique est nécessaire face à ces nouveaux outils, de même qu’un accompagnement plus poussé pour les publics les plus fragiles.

Les français sont inégaux face au numérique. Deux facteurs sont à l’origine  de cette exclusion :

Le réseau, la couverture numérique du territoire français n’est pas uniforme. 6 millions de français souffrent d’une mauvaise connexion. Ils n’ont pas un bon débit. Et, s’il n’y pas ou peu de réseau  les innovations numériques ne servent à rien !

Les usages : 20 % des français ne savent pas utiliser internet. Les plus vieux, les personnes en situation de handicap, les personnes qui ne sont pas équipés, sont les plus touchés.

Main levé de toutes les couleurs

Focus sur l’une des ces initiatives, qui permet d’accompagner les citoyens dans l’usage d’internet et  de devenir un aidant numérique.

 WeTechCare association qui a pour vocation l’e-inclusion. L’association a donc développé des outils en ligne, à destination des acteurs des territoires : les bibliothèques ;  les centres communaux d’action sociale ; les maisons de retraite… Le but,  que ces derniers s’en emparent pour former le grand public aux compétences de base  comme s’entraîner à remplir un formulaire administratif jusqu’au dernier clic. Avec ces relais territoriaux, WeTechCare crée des réseaux d’inclusion. Et les territoires qui participent à la démarche deviennent des aidants numériques qui permettent  aux citoyens d’accéder  aux opportunités offertes par les nouvelles technologies. Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous conseille de lire ou relire l’article de Virginie Counioux de Conigliano de ce début d’année sur ce sujet : http://www.mbadmb.com/actu/2017/01/31/lexclusion-numerique-france-solutions/

Au-delà de l’évangélisation numérique, il est nécessaire d’accompagner à la transformation numérique de tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Le chantier de la médiation numérique entrepris avec les collectivités locales est un sujet qui fait débat depuis de nombreuses années. Il est l’un des enjeux des années à venir : de réussir à structurer et dynamiser la médiation sociale par le digital.

Face au foisonnement d’actions locales qui manquent parfois de cohésion à l’échelle nationale, il faut penser le numérique de façon global. A l’heure où Internet explose, je crois fondamentalement au pouvoir  de la formation comme étant l’une des clés de l’e-inclusion sociale par le numérique. Car cela ne sert à rien de numériser les services publics et de créer plus de services privés en ligne, si les citoyens ne sont pas accompagnés.

 

*source : Etude we are social

La technologie au service de tous dans la ville !

Les villes se responsabilisent et mettent la technologie au service des citoyens. Voici, cinq mesures urbaines qui prouvent que la technologie et le bien-être du citoyen peuvent faire bon ménage !

A la pointe de la technologie utile en Israël

Environ 100 000 habitants ont dorénavant accès à une carte intelligente leur proposant des avantages sur certains événements culturels, ainsi qu’un accès à un compte personnalisé par le biais duquel ils peuvent payer directement leurs factures, être informés des futures fermetures de routes ou des travaux à venir. Cette application leur permet en outre de signaler à la commune d’éventuels bancs cassés ou nids de poules formés sur la chaussée, par exemple. L’appli peut aussi être utilisée pour rechercher des pistes cyclables ou encore des places de parking. Tel Aviv travaille par ailleurs sur le premier moyen de transport par sustentation magnétique, un train aérien et très futuriste comportant plusieurs capsules individuelles.

Une infrastructure de pointe en Espagne

Barcelone est considérée comme l’une des plus grandes « smart city » au monde. En ce qui concerne les transports, elle est particulièrement active. Après avoir analysé les trajets effectués quotidiennement par les habitants, la commune a décidé de repenser entièrement son système de bus. Il est désormais possible d’effectuer 95% des trajets avec une simple correspondance, voire aucune. Les arrêts de bus comprennent des écrans interactifs fonctionnant à l’énergie solaire, et alertent les usagers du prochain passage de bus. Barcelone a également développé une application sur smartphone permettant d’aider les conducteurs à repérer les parkings alentours et d’un système de partage de vélos.

Pour ce qui est du tri, la ville est dotée d’un système automatisé de collecte pneumatique des déchets. Les ordures sont collectées par le biais de tuyaux souterrains, et non plus par camions. Enfin, la capitale catalane utilise l’énergie solaire pour chauffer l’eau depuis près de dix ans déjà.

Un centre des énergies renouvelables en Uruguay

La capitale uruguayenne est ville sur le toit des maisons panneaux solairesla ville possédant sans aucun doute la meilleure qualité de vie. Avec la moitié des ressources énergétiques de la ville provenant d’énergies renouvelables. En outre, la compagnie énergétique détenue par l’État pratique depuis deux ans des tarifs attractifs pour augmenter la part de panneaux solaires dans la production d’énergie. Autre bon point : près de 80% des déchets de la ville sont retraités.

L’appel aux citoyens responsables en Allemagne

Le port d’Hambourg a pour ambition de devenir le premier « port intelligent » au monde. Il s’est donc équipé de capteurs dans le but de s’affranchir de l’un de ses problèmes majeurs : les embouteillages sur les quais. La ville dispose également de capteurs dans les parkings informant les conducteurs de camions, via une tablette, de l’heure d’arrivée de leur livraison et leur permet de voir si un emplacement est libre pour charger la marchandise. De nombreuses applications intelligentes ont également été développées à Hambourg, ainsi que des sites lancés par des citoyens responsables. Par mi lesquels l’application « Leerstandmedler » permettant aux habitant de signaler et localiser des lieux à l’abandon afin de les réhabiliter.

Mais, la France n’est pas en reste avec la lutte contre le gaspillage de l’eau à Montpellier et l’open data “responsable” à Nantes.

Montpellier a développé des détecteurs de fuites d’eau qui, reliés à une application, permettent d’informer les habitants en temps réel sur une éventuelle fuite à leur domicile. Mais les capteurs servent surtout à surveiller le réseau de canalisation dans sa globalité, afin d’éviter la surconsommation dans la ville.

Si Nantes mérite son titre de ville « smart », c’est avant tout pour son open data, plus de 500 données différentes sont en effet ouvertes aux citoyens, par le biais de trois sites internet. Les citoyens en font un usage intensif comme en témoignent les 40 000 téléchargements de données effectués chaque mois par les habitants de la commune. Dotée d’une application réunissant toutes les informations utiles aux habitants de la ville (horaires de bus, d’ouverture des piscines, places de parking disponibles, menus des cantines, etc.), elle leur permet également de suivre les efforts faits par la ville en matière d’environnement et de s’impliquer ainsi dans des actions concrètes pour aider la ville à devenir plus « green ».

Ces initiatives montrent que les technologies utilisées dans les villes n’ont de valeur que par leur capacité à recréer une relation de proximité avec le citoyen, acteur de son propre bien être. La ville intelligente est une composante de la ville du futur, marquée par la technologie et une prise en compte de la dimension humaine.

La Smart City est-elle réservée aux pays riches ?

A la mode dans les pays occidentaux, le concept de Smart City pourrait également offrir une réponse aux défis urbains des pays en développement. La ville intelligente est en train de devenir l’eldorado des pays émergents et la source de compétitivité nationale, notamment en Afrique.

En 2050, la proportion de la population mondiale vivant en milieu urbain devrait atteindre 66%, contre 54% actuellement. Ce phénomène d’urbanisation sera d’autant plus significatif dans les pays les moins développés, pour lesquels la population urbaine représentera 50% en 2050, alors qu’elle n’est que de 31% aujourd’hui. Cette attractivité pour les zones urbaines s’explique par l’activité économique et les opportunités d’emploi qu’elles concentrent : 80% de l’activité économique à l’échelle mondiale se développe dans les villes.

L’approvisionnement et le traitement des déchets sont les deux principaux défis que les pays en développement doivent relever pour permettre à leurs villes de devenir des smart cities. La transition vers des villes plus communicantes et plus durables, s’appuyant sur de nouvelles méthodes d’aménagement et de gestion de l’espace urbain, peut constituer un levier clé pour relever ces défis.

Comment les villes doivent-elles répondre aux défis résultant de la croissance de leurs populations?

Si l’urbanisation est un moteur de développement économique et social, elle s’accompagne d’un fort impact sur l’environnement (pollution, extraction). Les villes sont à l’origine de 80% des émissions de gaz à effet de serre et représentent 75% de la consommation mondiale d’énergie.

Une urbanisation rapide et mal maîtrisée risque de s’accompagner d’un accroissement de l’extrême pauvreté urbaine, d’où l’importance de planifier pour assurer aux populations la fourniture de services essentiels, tels que les accès à l’énergie, à l’eau, au traitement des déchets, au logement, à la santé et aux transports, tout en maîtrisant les impacts sociaux et environnementaux associés.

Une réponse possible la Smart City

Au premier abord, la Smart City peut sembler moins évidente à concevoir pour les villes des pays en développement, à cause de leurs grands besoins d’investissements en capitaux. Et pourtant, les villes intelligentes peuvent s’implanter et grandir dans ces régions du monde plus facilement que ce que l’on peut croire. En effet, à contrario des pays développés, les pays en voie développement peuvent plus facilement déployer de nouvelles technologies au sein de leurs environnements urbains moins contraints par le poids de l’existant (infrastructure, gouvernance). Cette flexibilité confère un atout essentiel pour opérer le saut technologique vers la Smart City. Une dynamique similaire a été observée en Afrique dans le domaine de la téléphonie mobile. La prise en compte des contraintes financières et l’association des populations aux processus décisionnels seront des facteurs clés pour concrétiser cette évolution et en faire une réussite.

Les modèles intelligents retenus par les villes des pays en développement ne peuvent pas se calquer sur ceux expérimentés dans les villes des pays les plus riches. Mais bien qu’encore marginales, ils montrent que des solutions « smart » peuvent dès aujourd’hui contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans les villes des pays en développement. Une approche pragmatique tenant compte des spécificités locales est possible, et nécessaire. Une smart city d’un pays en voie de développement ne ressemblera donc pas à une smart city d’un pays riche !

smart city

Ces pays qui bénéficient d’une inertie moindre dans leurs infrastructures et dans leurs organisations, représentent de ce fait un terrain propice à une mutation rapide. Malgré leur retard économique et la disparité de leur situation et de leurs besoins, la transition vers des villes plus intelligentes devrait constituer une solution de premier plan pour les pays en voie de développement.

Le citoyen au coeur de la Smart City

La ville intelligente ne se réduit pas à un paysage urbain truffé de nouvelles technologies. La smart city a pour vocation, à travers de nouveaux outils et de nouvelles approches, d’améliorer la qualité de vie de ses habitants. Pour cela, elle doit se construire autour du citoyen et surtout avec le citoyen.

Il ne peut pas y avoir une ville intelligente sans décision politique au plus haut niveau, car cela représente une transformation importante dans la manière de gérer la ville. La puissance publique ne suffit pas. Le secteur privée va donc jouer un rôle très important : les opérateurs d’énergie, de télécoms, de transport et surtout le citoyen. C’est l’élément clé d’une ville intelligente. Un projet de ville intelligente ne peut réussir si le citoyen n’est pas impliqué.

Réinventer l’urbain

On retrouve dans la notion de smart city l’ensemble des secteurs qui composent la ville d’aujourd’hui. Mais au-delà de la « technique », le citoyen de la smart city a vocation à devenir acteur de sa ville. Il serait désormais inconcevable de penser la ville de demain sans son citoyen. A travers les réseaux sociaux, les applications, les forums ou autres messageries, le citoyen crée de la donnée, utilise de la donnée, gère à son échelle de la donnée. La smart city devra permettre à chaque citoyen de connaître, d’analyser et d’influer sur les données de son environnement.

Une ville qui se réinvente intelligemment doit commencer par mettre en place tous les outils possibles pour impliquer davantage ses citoyens dans l’administration. Pour que cela soit possible, il faut rendre publiques les données (open data), ce qui permet à ceux qui savent (start up, entreprises) de travailler directement sur les informations mises à leur disposition par les services publics et les entreprises. Favoriser l’échange, voilà ce vers quoi devra se tourner l’ensemble des acteurs de la construction de la ville de demain. L’une des clés est là : l’Open Data. Mieux informer le citoyen pour mieux l’impliquer, voilà comment on pourrait résumer les choses.

Faire collaborer les citoyens en partageant les données

Une smart city a tout intérêt à ne pas se priver de l’intelligence collective de ses citoyens. Les habitants collaborent en générant des données automatiquement. Grâce à la géolocalisation, Orange peut facilement savoir combien de ses clients évoluent dans une zone à risque un jour de tremblement de terre.

La ville intelligente peut partager certains de ses équipements. Surtout, la collectivité peut rendre publique la multitude de données générées par ses capteurs, ses caméras et ses réseaux. Il faut maintenant inverser le paradigme et que le citoyen tire la ville intelligente par ses approches. Recueillir les attentes des citoyens.

Les villes doivent sensibiliser les citoyens à l’empreinte environnementale et au développement durable, ainsi qu’à une éducation au numérique. Le consommateur devient conso-acteur et la ville vivante.

Connecter les citoyens à la ville

A mesure que les agglomérations s’équipent, les porteurs des projets de villes intelligentes recherchent l’expertise des habitants. Les citoyens adhèrent d’autant plus à cette démocratie participative que les outils se multiplient. Les domaines qui composent la ville intelligente et connectée sont légions. Mais cette course à l’équipement numérique connaît un tournant. Un bon développement des smart cities doit passer par une meilleure implication de ses habitants. Réseaux sociaux, applications mobiles et pétitions en ligne sont désormais entrés dans les usages courants et rejoignent les assemblées de quartier et les associations dans l’expression de la volonté citoyenne. Ces nouvelles pratiques et équipements numériques sont une opportunité pour les collectivités de mieux communiquer sur leurs actions.

Aujourd’hui les solutions digitales se multiplient pour  concrétiser cette idée de « participation citoyenne». Une ville dans laquelle les citoyens prennent en charge eux-mêmes l’amélioration de leur quotidien sera forcément plus accueillante pour les touristes et les nouveaux résidents. Concrètement, on pourrait imaginer une plateforme qui permette la remontée des idées des citadins en terme d’accueil. A charge ensuite aux collaborateurs des collectivités de réaliser les propositions les plus pertinentes.

Image coloré d'une ville et ses citoyensPenser usage avant technologie

Pour rendre une ville smart, les industriels ont tout intérêt à associer les habitants qui produiront à leur tour de l’intelligence. Pour éviter de déployer dans les villes des technologies numériques que n’utiliseront pas les habitants, les industriels doivent impliquer ces derniers en amont de la réflexion. Mais beaucoup d’entreprises préfèrent encore déléguer à leurs clients (les collectivités locales), cette gestion des relations avec les habitants.

Privilégier les approches transversales en décloisonnant les métiers

Face à la complexité des villes, aucune entreprise ne peut répondre seule aux besoins des habitants. La complexité technique doit s’effacer pour l’utilisateur qui a besoin d’une interface connue et simple. Pour mieux servir les administrés, les services de la ville doivent aussi croiser des informations, créer des corrélations comme sur le boulevard connecté où l’intensité de la lumière varie en fonction du trafic. La ville suit le taux de remplissage de ses conteneurs à déchets et envoie un camion de ramassage quand une fête est prévue dans le quartier. Dans les transports, c’est l’approche multimodale qui rend le plus service au citadin en lui signalant la station de vélos la plus proche de son parking. Reste à fixer des limites au mélange des genres. Une ville peut-elle laisser ses commerces envoyer des messages du type “réduction de 10 % dans la demi-heure qui vient”, aux habitants qui passent devant leurs boutiques ? La plupart du temps, ce sera au citoyen-consommateur d’en décider.

Une ville intelligente suppose d’être orchestrée par une communauté intelligente. On retrouve au cœur de cette co-construction un triptyque d’acteurs : les collectivités ; les entreprises privées et les usagers qui animent tous, tant par leurs différences que par leurs complémentarités, l’innovation urbaine. Si tous s’intéressent aux opportunités économiques de la digitalisation, chacun défend des valeurs qui lui sont propres. Les citoyens expriment des souhaits, les politiques publiques les traduisent pour définir les contours d’une stratégie et les partenaires privés en dirigent l’application au quotidien.

smartcity

Une ville intelligente n’est pas uniquement une ville connectée mais aussi une ville où les informations sont partagées pour servir dans une démarche d’intelligence collective. On a besoin de la technologie pour contrôler et gérer, mais on a surtout besoin de l’intelligence humaine. Il ne peut y avoir de ville intelligente sans intelligence citoyenne.

Green Cities : moins polluantes et plus intelligentes

Aujourd’hui en Europe, plus de la moitié des déchets n’est ni valorisée ni recyclée. De plus en plus de collectivités sont confrontées à des difficultés dans la gestion des déchets. Dès lors, des mesures incitatives voir coercitives semblent devenir inévitables. Si la gestion des déchets n’est pas prioritaire dans les initiatives des villes intelligentes (ou Smart Cities) qui sont plutôt focalisées sur la gestion de l’énergie, des flux de personnes et de transport, la question d’un renouveau de la valorisation des détritus en est très certainement une des pistes les plus prometteuses.

Les Green Cities auront pour mission de réduire et d’éviter la production de déchets en mettant en place des systèmes efficaces de récupération et de valorisation.

Le principal défi pour les villes : être plus sobres, plus efficaces et moins polluantes

Alors que l’ONU annonce que deux personnes sur trois vivront en ville en 2030, le traitement efficace des problèmes d’urbanisation devient aujourd’hui une priorité mondiale.

un arbre sur une terreEn effet, les villes concentrent l’essentiel des  consommations de ressources et des impacts environnementaux. Elles représentent 60 % des consommations d’eau, 70 % des consommations d’énergie et de matières premières de la planète, et sont responsables de plus de 75 % des émissions de gaz à effet de serre. À la fois énergivore et principale source des émissions de CO2, la ville et donc ses habitants sont les premiers concernés par les dangers du réchauffement climatique.

Dans ce contexte, rendre les villes intelligentes et durables c’est essayer de diminuer l’impact environnemental en repensant en profondeur les modèles d’accès aux ressources et surtout en optimisant la gestion des déchets. Le succès de cette transition repose en grande partie sur une rapide implication des territoires urbains qui est essentielle pour améliorer les performances environnementales.

 C’est pour ces raisons qu’il faut préparer la mutation des villes à ces nouveaux défis afin de garantir aux générations futures la sécurité énergétique et un bon cadre de vie.

Avec les Green Cities rien ne se perd, tout se recycle !

Toutes les innovations, des plus simples aux plus élaborées, semblent bonnes à prendre dans la mesure où elles peuvent aider à réduire les volumes de déchets et à minimiser les impacts environnementaux. La valorisation des déchets est un procédé par lequel on transforme un déchet matériel ou un produit inutile en un nouveau matériau ou produit de qualité ou d’utilité supérieure. L’anticipation des comportements de consommation permet de prévoir la nature des déchets à venir et d’en améliorer le traitement. Par exemple, la corrélation du contenu des paniers des grandes surfaces et des déchets à prendre en charge au final permet de dimensionner les ressources à allouer. Une ville connectée est donc une ville efficace mais aussi plus économe.

Nos poubelles deviennent précieuses et les initiatives se multiplient pour optimiser la collecte de déchets comme par exemples :verdure terre verte sur poubelle

  • Les capteurs : outils permettant de connaître à tout moment l’état de remplissage des containers de collecte afin de mieux programmer les vidanges et ainsi prévenir les débordements. Grâce à des capteurs déterminant le taux de remplissage des containers, la flotte de camions dédiés suit une route calculée au mieux et évite les détours. Le remplissage du container évalué automatiquement et à distance permet d’intervenir seulement dans les déchetteries bien remplies. La tournée de levée des déchets est ainsi organisée et optimisée en fonction de ce taux. L’installation de capteurs couplés à un compte permet également aux citoyens de disposer de données sur le poids des ordures, leurs coûts…
  • L’utilisation de véhicules (électrique ou gaz) pour réduire l’empreinte sonore et la pollution engendrée lors de la vidange des containers.
  • La mise en place de systèmes de production locale d’énergie par le recyclage des déchets pour produire de l’électricité : les réseaux de chauffage et d’eau chaude sanitaire sont chauffés à partir de la valorisation des déchets et de la biomasse (déchets biodégradables d’origine végétale ou animale).

Entre solutions créatives et innovations écologiques, la ville du « zéro déchet » est à l’avant-garde.

Les enjeux Data dans la gestion des déchets

Les données émises par les équipements de la chaine des déchets (puces des containers, données GPS et de collecte des camions) ont vocation à remonter en temps réel pour assurer un suivi dynamique. Outre le fait d’archiver les actions réalisées, ces données vont être valorisées en dressant des statistiques afin de mesurer concrètement les évolutions des comportements, des utilisations et des améliorations. Ces modèles de prévision rendent possible une allocation au plus juste des ressources par une adaptation de la politique des territoires urbains en matière de gestion des déchets. Par exemple l’alerte d’un conteneur plein entraine automatiquement la modification du parcours d’un camion dont la tournée est proche et restitue des informations (décisionnel, feuille de route, statistique). L’amélioration de la prise en charge de la gestion des déchets par les acteurs du service public est l’une des perspectives les plus prometteuses des Green Cities. Elles auront un impact direct sur la vie de tous les citoyens.

main qui porte une ampoule

Loin d’être négative, l’urbanisation doit être envisagée comme un atout dans la perspective d’un développement plus durable. Des Green Cities bien gérées permettent de réaliser des économies d’échelle et de fournir des services plus efficaces que lorsque les habitants sont dispersés. Enfin, les défis qui attendent les villes représentent de vastes opportunités pour l’innovation. L’essor des villes intelligentes offre ainsi un fort potentiel pour une meilleure gestion des déchets. Une chose est certaine, la green city ne pourra tenir toutes ses promesses environnementales et ses engagements de ville durable qu’avec l’implication de ses habitants.

Des ressources humaines aux relations humaines

La transformation digitale est une belle opportunité pour les entreprises de changer les choses. C’est l’occasion pour les ressources humaines (RH) de modifier leurs rapports avec leurs collaborateurs présents et ceux à venir. C’est aussi la possibilité d’améliorer la qualité de leurs recrutements et de gagner du temps. La technologie est le véritable point de départ de la transformation de l’entreprise pour laquelle les DRH ont un rôle majeur à jouer.

Communiquer différemment et soigner sa marque employeur !

Il n’est plus concevable aujourd’hui que le recrutement soit limité par un échange de messages, d’informations et de contenus restreints pour un projet attitré et pour un nombre limité de destinataires. Les relations entre collaborateurs doivent évoluer pour devenir plus interactives, plus souples et continues. C’est primordial si l’entreprise souhaite construire un futur sur la performance collective plutôt qu’individuelle.

Communiquer différemment, c’est aussi s’assurer que les collaborateurs puissent prendre la parole afin de mieux vivre leur quotidien en entreprise. Par exemple le réseau social d’entreprise offre aux employés l’opportunité de s’exprimer avec notamment des propositions d’amélioration. Il permet également de mesurer les envies de projets professionnels et le niveau d’humeur.

En terme de marque employeur, l’innovation est plus que jamais de mise. Les “pages entreprise” proposées par certains médias sociaux comme Linkedin ne suffisent plus. Il faut maintenant redoubler d’efforts pour apparaître attractif auprès des potentiels candidats. Les entreprises se mettent également à SnapChat ou réalisent des vidéos tantôt décalées, tantôt corporate, pour travailler leur attractivité auprès des professionnels et apparaître jeunes et connectées.

RH : Oser innover pour se réinventer afin de se démarquer.

Utiliser les solutions RH digitales pour booster l’innovation, mais pas seulement ! … pour aussi réaliser les bons recrutements avec les outils adéquats. Alors qu’il est assez facile d’évaluer les compétences techniques d’un candidat qui figurent sur son CV, il est beaucoup moins évident de détecter celles qui ne le sont pas. Les entreprises voient aujourd’hui émerger des nouveaux outils pour les aider dans cette tâche.

poignée de main entre un robot et un humain, représentation RH techno

Si l’Intelligence Artificielle et les Chatbots simplifient et orchestrent certains usages, d’autres outils émergent dans les services de recrutement.

Le Matching : permet d’identifier la cohérence entre le besoin pour le recruteur et les attentes du candidat.

L’Assessment : est un processus d’évaluation pendant lequel les compétences d’un individu ou d’un groupe sont évaluées par plusieurs assesseurs. Les compétences testées sont multiples. Cela va d’un examen de logique en passant par une mise en application de qualifications précises : rédaction d’un billet de blog et code d’un site internet. L’Assessment est donc un outil important d’aide à la décision.

Le Big Data : Les données recensées par les logiciels RH, les réseaux sociaux ainsi que le web représentent une source d’informations largement sous-exploitée par les RH. Une étude avance, qu’en plus de cerner la personnalité des candidats mieux que les recruteurs ne pourraient le faire eux-mêmes, l’analyse d’un profil Facebook permettrait de prédire la performance au travail. Les informations recueillies par le biais des réseaux sociaux sont toutefois à manipuler avec précaution et posent des questions de déontologie. Le Big Data, dans le cadre de la fonction RH, permet de dégager via plusieurs données identifiées (performance, parcours, traits de personnalité, distance entre le lieu de travail et le domicile…) le profil type du “bon collaborateur ” qui répond à tous les facteurs de réussite au sein d’une équipe et d’une entreprise.

Le Prédictif : L’explosion des données et l’utilisation des nouvelles technologies permettent de s’intéresser davantage à la notion d’anticipation et de “prédiction” dans le recrutement. Le recrutement prédictif consiste en quelques sortes à faire parler les données existantes pour prendre les meilleures décisions de recrutement dans l’avenir. Cette nouvelle approche permet de filtrer puis de choisir les candidats selon des algorithmes qui définissent leurs niveaux de performance et d’engagement. En somme, le recrutement prédictif tend à répondre aux questions que se posent les recruteurs quand ils cherchent à identifier les meilleurs candidats, telles que : « Dois-je privilégier un profil junior et le former aux outils une fois intégré dans la société ou vais-je préférer un profil senior qui aura déjà une expérience et une expertise ? »

Se moderniser et s’adapter aux nouvelles attentes des générations à venir : besoin de reconnaissance ; de formation et de technologies de pointe.

L’humain demeure toutefois au cœur des enjeux RH. En effet, aucune solution ne prend de décisions ! Les outils peuvent favoriser un échange et un dialogue mais ils ne remplacent pas l’esprit humain. La transformation digitale nous fait évoluer de la gestion des ressources humaines à celle des relations humaines. Une richesse humaine qui s’inscrit dans une logique plus collaborative. Désormais fini les silos ! Place au social feedback et aux relations humaines décloisonnées ! C’est un vrai facteur de transformation pour la RH mais rien ne remplacera la relation qui existe entre les RH et les collaborateurs.

Espace de travail, RH convivial

Faites confiance aux collaborateurs qui peuvent être une source importante d’idées pour innover et transformer l’entreprise en une véritable « place to work » !

La «ville intelligente» : Mirage ou innovation technologique

Les termes pour désigner la “ville intelligente” sont nombreux : smart city, ville numérique, green city, connected city, éco-cité, cité numérique, ville durable. Une ville intelligente désigne une ville utilisant les informations combinées à la technologie pour améliorer la qualité de vie, réduire la demande énergétique et son impact sur l’environnement.

La ville intelligente cherche ainsi à concilier les piliers sociaux, culturels et environnementaux à travers une approche systémique qui allie gouvernance participative et gestion éclairée des ressources naturelles afin de faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens. Le sujet est international et concerne l’ensemble des zones urbaines, des plus riches aux plus pauvres, des plus anciennes aux plus récentes.

Pourquoi l’émergence de ce concept ville intelligente ?

Ce concept émergent dans un monde où les crises économiques et environnementales touchent de plein fouet les territoires urbains. Le traitement efficace des problèmes d’urbanisation est devenu une problématique prioritaire à l’échelle mondiale, d’autant plus que l’ONU prévoit qu’en 2030, deux personnes sur trois vivront en ville. Dans ce contexte, rendre les villes intelligentes et durables, c’est essayer de diminuer l’impact environnemental, repenser en profondeur les modèles d’accès aux ressources,  optimiser la gestion des déchets, des transports et de l’énergie.

Pour devenir intelligentes, les villes actuelles doivent développer de nouveaux services performants dans tous les domaines

Transport et mobilité intelligente : l’un des défis consiste à intégrer différents modes de transport – rail, automobile, cycle et marche à pied – en un seul système qui est à la fois efficace, facilement accessible, abordable, sûr et écologique. 

Environnement durable : les villes doivent agir dans deux domaines principaux : les déchets avec leur réduction, le développement d’alternatives qui permettent de réduire leur production et la mise en place de systèmes efficaces de récupération ; l’énergie avec le renforcement des actions en matière d’efficacité énergétique.

Urbanisation responsable et habitat intelligent : Il faut réinventer des formes urbaines qui à la fois respectent une intimité indispensable tout en assurant un ensoleillement suffisant, qui permettent des évolutions de l’habitat et favorisent le « vivre-ensemble ». Les bâtiments devront également être plus intelligents afin de faciliter et d’améliorer la gestion de l’énergie, voire de réduire les consommations.

projet de ville Paris par vincent_callebaut__paris

Quelques exemples de démarches entreprises : utilisation de l’énergie solaire pour alimenter les panneaux de signalétique  mise en service de véhicules électriques ; transformation d’un déchet matériel en un nouveau matériau ou produit de qualité ; développement de l’éclairage public à faible consommation ; production d’électricité à partir de déchets, mise en place de système de production locale d’énergie …

Un écosystème intelligent

Qu’il s’agisse d’eau, d’énergie, de transport, de déchets, de télécommunications, un système urbain est d’abord un ensemble de réseaux. Les systèmes d’information de ces réseaux sont de plus en plus interconnectés. La ville est ainsi une infrastructure d’ensemble au service des habitants et de leurs activités. Quand on aborde aujourd’hui les opportunités du numérique, on parle d’une ville devenant une plateforme.

La Data, la clé des villes intelligentes de demain

En 2050, entre 70 % et 75 % de l’humanité vivra dans des villes. Il est donc indispensable que celles-ci améliorent leurs moyens de transports et diminue leurs émissions polluantes pour ne pas devenir invivables pour leurs habitants. Pour répondre aux défis démographique et écologique les villes misent sur l’innovation technologique. Le XXIe siècle verra l’essor des villes intelligentes partout sur la planète et le moteur de ces services sera la “Data”.

Ville futuriste xinjiang

Mais la multiplication des données pose aussi des questions de sécurité et d’éthique. La ville intelligente pose ainsi en lame de fond des questions d’égalité dont les collectivités seront obligées de se saisir, notamment sur le plan juridique. La gouvernance de la cité numérique reste à inventer. La ville intelligente représentera-telle un progrès social en faveur d’une « e-démocratie » globale ou une boîte à outils réservée à une élite « numérique » ?

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi lire le rapport de l’auteur pour l’Institut de l’entreprise : «Smart Cities. Efficace, innovante, participative : comment rendre la ville plus intelligente». Regarder l’infographie du journal le Monde : Comment le Big data change les villes, en quelques chiffres

Sources :  Le Monde, ZD net –  Crédit photo : Xinjiang, Vincent Caillebaut