Dans les entreprises, la transformation numérique a complètement bouleversé l’organisation du travail.
Avec l’avènement des nouvelles technologies, les salariés sont connectés à leur travail en permanence, notamment via leur smartphone.

Selon une étude du cabinet Éléas, 37% des actifs utilisent presque tous les jours leurs outils numériques professionnels en dehors du travail.

Etude Eléas Droit à la Déconnexion

La frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle s’estompe de plus en plus. Cela provoque du stress, de la fatigue et peut être facteur de burnout.

Mise en place du Droit à la Déconnexion

C’est pour lutter contre l’hyper-connexion des salariés que le Droit à la Déconnexion est entré en vigueur le 1er janvier 2017, dans le cadre de la Loi Travail.

Depuis cette date, les entreprises de plus de 50 salariés doivent engager des négociations avec les partenaires sociaux sur les modalités d’exercice du droit à la déconnexion des salariés. À défaut d’accord collectif, l’employeur doit établir une charte.
Voici ce que dit le texte de loi :

«Les entreprises auront le devoir de mettre en place des instruments de régulation de l’outil numérique. Ces mesures viseront à assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale».

Découvrez les 5 trucs à savoir sur cette nouvelle loi :

Mais l’application de cette loi reste floue pour les employeurs, qui doivent définir eux-mêmes les modalités de l’exercice du droit à la déconnexion. Il est en fait impossible d’imposer un modèle unique à l’ensemble des entreprises.

Quelques exemples de mesures concrètes

Certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures pour garantir à leurs collaborateurs le droit à la déconnexion.
C’est le cas de Volkswagen : depuis 2011, l’entreprise coupe les serveurs pour ses 1 000 employés équipés d’un smartphone professionnel entre 18h15 et 7h du matin.
A La Poste, une phrase s’affiche en-dessous des signatures mail : « Si vous recevez ce mail en-dehors de vos heures de travail ou pendant vos congés, vous n’avez pas à y répondre immédiatement, sauf en cas d’urgence exceptionnelle ».

Femme en déconnexion

Calldoor, une start-up française a créé une appli pour empêcher les salariés de recevoir textos et mails en dehors de certains horaires. Calldoor propose 2 types d’offres :
1. Paramétrer une notification récurrente pour indiquer à ses collaborateurs qu’il est temps de se déconnecter.
2. Limiter les appels, bloquer des SMS, empêcher l’accès à certains sites et applications.

Le Droit à la Déconnexion est-il efficace ?

Cette loi solutionne-t-elle le stress des salariés et permet-elle d’éviter le burnout ?

Il est peu probable que l’application du Droit à la Déconnexion soit une priorité pour les employeurs. Ce d’autant plus qu’aucune sanction n’est prévue en cas d’absence de négociation ou de mise en place de la charte.
Cette loi fournit cependant aux salariés un nouvel argument sur lequel s’appuyer en cas de contentieux avec leur entreprise.

La vraie question à se poser est celle de l’origine du stress des collaborateurs : vient-il des outils de travail ou des managers ? N’est-ce pas plutôt la pression des managers qui pousse les salariés à consulter leurs mails le soir ou le week-end ? L’hyper-connexion vient certainement d’avantage des hommes que des machines.

C’est avant tout les managers qu’il faut faire évoluer. S’ils n’envoient pas des mails à n’importe quelle heure, personne ne sera incité à le faire ! Le management doit avoir un usage exemplaire des outils. Toutes les entreprises gagneront alors en efficacité et en performance. Et le stress sera sûrement moindre pour les collaborateurs.