Face au Coronavirus, les entreprises prennent leurs responsabilités malgré l’impact de la crise sur leurs affaires

Elles sont en première ligne, dans un contexte de crise inédit. Déstabilisées dans leur organisation du travail et dans leur production, les entreprises doivent agir avec pragmatisme et responsabilité pour protéger leurs salariés et la population. Certaines vont même plus loin en mettant en place des dispositifs pour aider les services médicaux ou la bonne marche du commerce alimentaire.

Depuis l’allocution présidentielle de jeudi 12 mars, les cellules de crise se multiplient dans les entreprises. L’inquiétude est forte, entre leur volonté d’assurer la pérennité de l’activité, déjà très impactée par l’épidémie, et leur responsabilité de protection de leurs salariés. Face à la propagation du coronavirus, elles planchent sur les plans de continuité d’activité et les messages à envoyer à leurs collaborateurs, clients, fournisseurs et investisseurs. Mais depuis le stade 3 et les mesures de restrictions de déplacement et de distanciation sociale (1), leur marge de manœuvre diminue.

Celles-ci n’ont certes pas attendu les dernières déclarations pour agir, en naviguant parfois à vue face à une situation inédite. « La première responsabilité des entreprises est d’assurer la santé et la sécurité de ses collaborateurs« , rappelle Benoit Serre, vice-président de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) sur BFM TV. En cas de « risque avéré ou réalisé, l’employeur engage en effet sa responsabilité, sauf s’il démontre qu’il a pris les mesures générales nécessaires et suffisantes pour éviter le risque« , rappelle le cabinet en droit social Ampea qui a envoyé une note à tous ses clients.

Une responsabilité mise à rude épreuve

Gel hydroalcoolique à disposition, roulement d’équipes, limitation des déplacements et des réunions, télétravail et réorganisation de la production ont donc été mis progressivement en place. Pour protéger la population, celles-ci ont aussi volontairement annulé de nombreux événements, avant même les interdictions de rassemblement de 1 000 puis de 100 personnes. C’est le cas de Produrable, le salon des professionnels de la RSE, prévu fin avril et reporté mi-juin. « Quand nous avons pris la décision de reporter, nous n’étions pas directement concernés par l’interdiction préfectorale mais, comme pour la crise climatique, nous considérons que nous sommes tous co-responsables face à la crise sanitaire« , explique la directrice de l’événement, Cécile Colonna d’Istria. De son côté, le Medef a rapidement demandé des mesures pour que les Assemblées générales, qui se déroulent actuellement, des entreprises puissent se tenir à huis clos.

« Papa, tu mets un DVD ? » Le casse-tête du télétravail avec des enfants

On l’a vu fin décembre- début janvier 2020 lors des grèves contre la réforme des retraites, le télétravail a, pour la première fois, été utilisé, surtout en Ile-de-France, comme moyen pour compenser l’absence de transports en commun. Une enquête de Microsoft-France/Opinion Way estime que 42% des télétravailleurs pendant les grèves étaient de nouveau télétravailleurs.

Chez les moins de 35 ans, cette proportion a été encore plus élevée avec 1 actif sur 2 qui a télétravaillé.

Bonne nouvelle, la quasi-totalité des ces télétravailleurs et primo-télétravailleurs a d’ailleurs bien l’intention de continuer à télétravailler après les grèves : 93% au total et 91% des primo-télétravailleurs toujours selon l’enquête de Microsoft.

Et c’est une bonne chose. Car les bénéfices du télétravail sont nombreux. Pour le salarié, pour l’entreprise et pour la société toute entière. Et, dans le contexte actuel un moyen de continuer l’activité de l’entreprise en préservant la santé des salariés et en limitant la propagation du virus Covid-19. En vous appuyant par exemple sur ce Guide du télétravail.

Habituellement, le télétravail se prépare et l’entreprise aboutit à un accord ou à une charte négociée avec les partenaires sociaux. Ce document fixe le cadre d’exercice du télétravail avec les obligations des deux parties : maintien des droits et de la protection du salarié, populations éligibles au télétravail, conditions de demande du télétravail, nombre de jours autorisés, conditions de réversibilité, etc.

Sauf que, dans le contexte des grèves ou de la pandémie de coronavirus, les entreprises n’ont pas pu préparer le passage en télétravail. Voilà donc quelques bonnes pratiques pour vous aider, éviter le chaos, conserver la productivité et le confort de travail des salariés.