Digital detox

Les gens feraient n’importe quoi pour apprendre à nouveau à vivre sans internet !

En France, une étude de l’Ifop montre que 42 % des utilisateurs de smartphones estiment en être « dépendants ». Nous touchons l’écran de notre téléphone 2 617 fois par jour. Il nous faut 23 minutes (rien que ça !) pour nous reconcentrer après une interruption.

Cette tension permanente, ce besoin d’être tout le temps connecté nous rend incapable de prendre du recul et beaucoup d’entre nous rêvent d’une « digital detox ».

Et pourtant depuis 2017, le droit à la déconnexion est inscrit au code du travail.

Je vous propose de passer en revue les solutions qui existent pour développer une relation plus saine avec internet. De quoi vous organiser une digital detox prochainement.

Emergence du concept de Slow internet

Il y a plus de 30 ans, l’ouverture d’un McDonald’s dans le centre de Rome avait été le déclencheur d’un nouveau mouvement le « Slow Movement ». Ce mouvement préconise un rythme plus mesuré dans tous les domaines, du cinéma à la nourriture en passant par le jardinage. Depuis 2 ans, le mouvement s’intéresse au web, où la lutte pour capter notre attention est féroce. Une étude de l’Université de Londres a révélé que les compétences en résolution de problèmes des travailleurs qui réagissaient rapidement au déluge de courriers électroniques tout au long de la journée perdaient l’équivalent de 10 points de QI. Ce qui équivaut à environ deux fois la perte de QI d’une personne fumant de l’herbe!

En conséquence, les rééducations numériques et les congés sabbatiques technologiques tels que Digital Detox, Grounded Camp aux USA ont gagné en popularité. En Europe, il y a depuis peu, des agences de voyages telles que Into the tribe, agence en ligne, qui proposent des stages de déconnexion en entreprise ou des voyages « digital detox » en Europe. 

L’exemple d’un « summer camp » américain spécial digital detox!

Grounded camp par exemple est un camp américain pour adulte. Dans ce camp vous ne pouvez pas utiliser de smartphone, ni internet en général. Vous ne pouvez pas non plus parler de votre travail. Tout un programme pour retrouver sa singularité sans le soutien de la toile ni de son travail!

Les campeurs déboursent jusqu’à 570 $ pour ne pas avoir leurs appareils électroniques avec eux. Ils ont choisi de passer quatre jours sans regarder d’écrans avec 300 autres campeurs. Le premier Grounded camp, tenu en 2013, a connu un tel succès que depuis plusieurs sessions par an sont organisés. Cependant même si cela peut faire déclencheur, nous ne parlons là que d’une solution pour quelques jours. 

Des applications pour nous aider à réduire notre addiction à internet? Est-ce pertinent?

Nous avions vu, dans un autre article que j’ai écrit « parlons de l’addiction à internet. Sera-t-il la nicotine du XXI siècle? » que Google, Apple, Facebook et Instagram mettaient en place des outils permettant aux utilisateurs de contrôler le temps passé sur leurs applications.

Certains adeptes du « slow web » déploient, quant à eux, des applications pour aider les utilisateurs à gérer les flux d’informations en ligne. iDoneThis aide les utilisateurs à faire le bilan de leurs réalisations quotidiennes. L’application de messagerie anti-messagerie instantanée Jack permet aux expéditeurs de différer l’heure d’ouverture de leur message. Quant à Timehop ​​, il agit comme une capsule témoin pour aider les utilisateurs à se souvenir de leurs souvenirs les plus précieux. Tout un programme!

Ceci dit, quelque soient les applications que vous utiliserez, je doute qu’elles puissent aider à la digital detox, elles peuvent tout du moins nous aider à prendre conscience de l’ampleur du phénomène. J’ai bien peur qu’il faille chercher ailleurs la solution.   

Qu’en est-il du yoga? est-ce un effet de mode ou est-ce vraiment une solution à envisager pour une digital detox?

Historiquement, le yoga est un art millénaire indien qui vise à réunir, équilibrer et apaiser le corps et l’esprit. Ses outils principaux sont les asanas (les postures), les pranayamas (les exercices de respiration) et la dhyana (la méditation).

La pratique du yoga en Occident est devenue un symbole de paix intérieure, de sérénité et de bien-être. Plus de 20 millions d’Américains s’y sont mis. En France, il y aurait plus de 2,5 millions d’adeptes (données de 2017).

Cette activité est souvent citée en exemple pour sa propension à réduire le stress et améliorer le bien-être général. La recherche scientifique sur les bienfaits du yoga en est encore à ses débuts. Ci-dessous, vous pouvez lire un résumé des effets potentiels sur le corps et l’esprit publié par The Huffington Post.

Les bienfaits du yoga par The Huffington Post. Digital detox options

Le yoga plus qu’un sport

Le yoga a effectivement la réputation d’être une excellente pratique de prévention et un précieux adjuvant dans le traitement de nombreuses maladies. Une analyse de 2644 références publiées entre 1997 et 2014 a été publiée en 2016 dans la revue allemande Aerzteblatt International. En synthèse cette analyse confirme qu’ en comparaison à l’absence de soin, le yoga agit positivement sur l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil. Il surpasse une simple activité physique, mais pas un traitement psychothérapeutique standard.

On peut donc imaginer qu’en pratiquant de manière régulière le yoga on obtienne une autorégulation voire une autoréparation des effets néfastes d’internet. Les symptômes tels que le stress, l’anxiété, la dépression (etc…) dont souffrent les personnes « maladivement » accro à leur smartphone pourraient disparaitre. Dans le même temps, grâce à la pratique du yoga, on renforcerait la capacité à résister à l’appel des réseaux sociaux.

Mais tout le monde n’a pas le temps ou l’envie de faire du yoga. Alors quoi? Doit-on se forcer? N’y-a-t-il pas d’autres solutions?

Tester votre niveau de dépendance à internet en 20 questions

Pour ceux qui ne sont pas séduits par le yoga, il reste la méditation

Dans les années 2000, plusieurs universités américaines ont conduit des recherches sur de grands pratiquants de la méditation. Ils avaient à leur actif quelques 40 000 heures de méditation. Le Massachusetts General Hospital (MGH) a conclu dans un article publié dans la revue Psychiatry Research: Neuroimaging en 2011 (cliquer ici pour voir la publication) ce qui suit:

« L’entraînement de l’esprit à la méditation peut jouer un rôle capital sur les fonctions cérébrales. Il ressort en effet de ces recherches que les tendances émotionnelles peuvent être modifiées et les penchants destructeurs amoindris. »

L’exemple de Matthieu Ricard

Matthieu Ricard, confident et interprète en France du dalaï lama, a tout abandonné pour aller vivre dans un ermitage himalayen. Il explique avec passion pourquoi la méditation peut modifier le fonctionnement du cerveau et susciter le bonheur. Selon lui, on suscite le bonheur exactement de la même façon qu’on soulève des poids pour travailler ses muscles.

« N’importe qui peut être heureux: il s’agit juste d’une question d’entraînement. »

Matthieu Ricard, Interprète en France du Dalaï Lama

Cette allégation n’est pas lancée à la volée. Elle est soutenue par des études cliniques sérieuses. En effet, Matthieu Ricard a subit des examens avec près de 260 capteurs sur le crâne à l’université du Wisconsin, dans le cadre de recherches pratiquées sur des centaines d’adeptes avancés de la méditation au début des années 2000.

Les scanners ont montré que lorsqu’il méditait, le cerveau du moine produisait un niveau d’ondes « gamma » jamais relevées auparavant dans la littérature de la neuroscience. Les ondes « gamma » étant liées à la conscience, l’attention, l’apprentissage et la mémoire. L’imagerie médicale a aussi montré une suractivité de son cortex pré frontal gauche par rapport à son homologue droit. Ceci lui donnant une aptitude « anormale » au bonheur et une réduction de la propension à la négativité.

comparaison de 2 IRM: avec et sans méditation. Digital detox

« Nous avons trouvé des résultats remarquables avec des personnes pratiquant la méditation depuis longtemps mais aussi avec des gens qui méditaient 20 minutes depuis trois semaines.  Ce qui est bien-sûr plus adapté à nos modes de vie modernes ».

M. Davidson neuroscientifique, de l'université du Wisconsin

Cela semble tellement prometteur, qu’on a tous envie de faire du yoga ou plus particulièrement de la méditation, non?

Vous remarquerez que ces statistiques sont « worldwide ». Dans l’héxagone, nous avons aussi des appli sympa qui ne sont pas mentionnées dans ce graphique.Pour la méditation, il y a PetitBambou, Pleine conscience, Namatata, Mindfull attitude, Relax melodies qui sont à essayer. Si vous voulez avoir un avis sur ces appli lisez l’article de Chloé Claessens : 5 applications gratuites pour méditer et se relaxer 

Pour le yoga, vous pouvez aller sur l’application yoga.com ou yoga au quotidien (daily yoga) et sinon il y a un concept assez sympa : OLY Be. Ils proposent des cours de yoga, pilates ou méditation chez vous ou dans votre quartier. Ils sont présents sur Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes et Annecy.

Allez jeter un coup d’oeil sur leur site.

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à commenter, liker, télécharger les applications que je vous propose.

Références:

https://www.ecoreuil.fr/blog/yoga-business-du-bien-etre-croissance-exponentielle

Le figaro.fr – santé Par Laurent Giordano  Mis à jour le 29/08/2017 à 11:55  Publié le 25/08/2017 à 12:30

Des effets de la méditation sur le cerveau et l’organisme – Matthieu Ricard le 29 septembre 2012 à l’université du Wisconsin lors d’un électroencéphalogramme Université du Wisconsin/AFP – Jeff Miller

https://news.harvard.edu/gazette/story/2011/01/eight-weeks-to-a-better-brain/