La formation professionnelle est à l’honneur en 2020, notamment, grâce à la réforme menée par le gouvernement français dans ce domaine. C’est le cas de la refonte du CPF (Compte Personnel de Formation), qui dispose à présent d’une toute nouvelle application. Une étude réalisée dans le cadre du Printemps de la formation qui a eu lieu en mai 2019, montrait que seulement 10% des acteurs RH déclarent que les salariés utilisent leur CPF à titre personnel. Il faut dire aussi que seulement 1 entreprise sur 2 autorise ses salariés à mobiliser leur CPF pour une formation sur leur temps de travail. Tandis que, moins de la moitié des entreprises s’investissent réellement dans la formation continue de leurs employés. Alors dans ce contexte, où en sommes-nous du digital learning?

92% des acteurs de la formation pensent que le digital learning est incontournable pour favoriser la transformation de l’entreprise. Cependant, 80 % des entreprises optent encore pour la formation présentielle avant la formation digitale.

E-learning vs Digital Learning

L’arrivée de YouTube en 2005 a permis une forte augmentation du nombre de vidéos disponibles en ligne et leur consommation d’exploser. L’émergence des tutos et autres formations à distance a marqué le début du e-learning dans les entreprises.


Dans les années 2010, les MOOC (Massive Open Online Course) ont fait leur apparition. Ils permettaient à tout le monde de se former sur le sujet de son choix, au moment voulu. Lancés par les universités, ils ont ainsi fait de la liberté d’accès à la formation digitale un de ses points forts.


De plus, les salariés étant de plus en plus mobiles, les formations en présentiel ne sont plus toujours adaptées. Pour les entreprises, le e-learning avait alors pour objectif de démultiplier la formation en interne sur le plus grand nombre.

e-learning

Pourtant, des limites sont très vite apparues sur la propension du e-learning à motiver les apprenants. En cause principalement on trouve le manque d’intéraction et l’impersonnalité des formations. Il a fallu alors recentrer le sujet, et une fois de plus replacer l’humain et non plus le contenu au centre de la formation.

C’est ainsi que le digital learning est né, intégrant une dimension sociale avec plus de collaboration. La formation devient personnalisée, en fonction du niveau de compétences, du rythme et d’un parcours d’apprentissage à la carte. Elle est plus flexible et collaborative, nous explique dans son article, Jérémie, cofondateur de Unow, un organisme de formation digitale.

online teacher

Les Enjeux du Digital Learning

Aujourd’hui les sociétés commercialisant des LMS (learning management system) l’ont compris. Elles intègrent toutes un dispositif pour évaluer la pertinence d’une formation et mettent à disposition des apprenants des données propres à leur parcours.

L’important dans le digital learning est aussi de savoir comment gérer l’après-formation et de s’assurer qu’elle impacte efficacement les comportements et les façons de travailler. Le tout est de comprendre comment chacun consomme l’information. Nous sommes passés d’une culture top down à une culture bottom up. Il est donc important de considérer aussi que l’apprenant est un transmetteur de savoir, en partageant, corrigeant et améliorant le contenu d’une formation. Les formateurs ou services RH doivent donc faire des tests et adapter leur contenu en fonction.

Enfin les thématiques de formations sont de plus en plus centrées sur les soft skills. Elles visent à accompagner les collaborateurs pour les préparer à être plus réactifs aux évolutions des métiers à venir.

woman with laptop

Les 9 Tendances du Digital Learning en 2020

  • User focus Learning: c’est-à-dire se mettre à la place de l’apprenant, pour identifier les points de contacts propices, les bons outils. C’est proposer une expérience d’apprentissage fluide. La finalité est bien sûr de susciter plus d’engagement.

  • Approche Multi-device : c’est l’adaptabilité de la formation proposée sur tous les appareils et navigateurs. On parle aussi du mobile learning, sur lequel on peut suivre la formation à n’importe quel moment.

  • Gamification : c’est l’emprunt de techniques de jeu pour accroitre l’émotion, le plaisir et l’apprentissage. La méthode permet de renforcer la mémorisation et l’engagement (par un système de scoring, de badges à gagner). Elle stimule la compétition et la reconnaissance auprès de la communauté (par les récompenses). Les entreprises se passionnent pour le serious game qui est une mise en situation dans un environnement réaliste. Le Gamestorming est, quant à lui, utilisé pour faire émerger de nouvelles idées créatives en s’appuyant sur une approche ludique. Il favorise la cohésion d’équipe et diffuse la culture d’entreprise.

  • Social Learning : en créant des communautés de pratiques et d’intérêts communs. Cela aide à démultiplier les intéractions et le travail collaboratif. On passe alors d’une organisation savante à une organisation apprenante.

  • Classes Virtuelles : afin d’exploiter les ressorts de la formation en présentiel dans un environnement virtuel. Grâce à la visioconférence, on peut animer une communauté, transmettre des documents, échanger par voie orale ou écrite. C’est ici une activité synchrone et distancielle.

  • Blended Learning : cela consiste à lier les avantages de la formation présentielle et de la formation digitale pour augmenter l’efficacité de l’apprentissage. Le face à face et l’interaction humaine restent nécessaires. Le digital permet l’apport d’informations, le présentiel permet de privilégier l’échange, le questionnement et la mise en pratique. Il est alors indispensable de repenser le contenu global. Il faut arbitrer sur ce que l’on transmet en digital et ce que l’on anime en présentiel.

  • Vidéo : le contenu doit être de qualité et assorti d’une juste dose de pédagogie. Ainsi, l’engagement est suffisant pour assurer le transfert des acquis.

  • Podcast : il est idéal pour les endroits où le réseau n’est pas optimal et peut être téléchargé pour une écoute ultérieure. En formation, il est utilisé pour des interviews d’experts, des conseils pratiques, pour aller plus loin dans un sujet. Il est aussi moins cher à produire qu’une vidéo.

  • Rich media : il s’agit d’un contenu intéractif qui facilite les échanges entre les étudiants et avec l’enseignant. Il a pour but de stimuler l’apprenant par divers canaux complémentaires : auditifs, textuels, visuels. Certains contenus peuvent même être visionnés hors connexion.

    Quelques outils qui permettent de créer du rich media :

    • Prezi (présentations animées en ligne)
    • Xtranormal ou LivingAgent (mises en situation jouées par des avatars, à partir des textes ou de dialogues)
    • Screencast-o-matic (tutoriels de logiciels en vidéo)
    • Powtoon (vidéos animées)
digital learning

Des Technologies Innovantes à l’appui du Digital Learning

Le Digital Learning, même s’il place l’humain au cœur de l’expérience, s’appuie sur des technologies toujours plus innovantes. Les initiatives de la EdTech dans ce domaine sont multiples. Par exemple la start-up Yes N You propose les technologies suivantes pour les entreprises qu’elle accompagne.

Réalité augmentée

Elle est utilisée pour des situations techniques (ex : mise en situation d’un incendie), mais pas seulement. On peut aussi l’exploiter en management, RH, langues. La réalité augmentée permet une immersion complète pour faire vivre une LX (learner experience) nouvelle.

Adaptive Learning

Elle permet de proposer des formations qui correspondent exactement au besoin, au rôle et au niveau réel du collaborateur. Cette méthode impacte la manière de concevoir la formation. L’adaptive learning est corrélée à la capacité de personnaliser les parcours. A l’aide d’un algorithme, un logiciel peut identifier les domaines dans lesquels l’apprenant excelle et ceux dans lesquels il n’est pas à l’aise, ainsi que le mode d’apprentissage qu’il préfère. Le logiciel propose alors à l’apprenant le contenu et le format de formation qui lui correspond.

Logique prédictive

On utilise l’analyse des données de l’apprenant pour prédire son comportement futur. Cela permet de stimuler son implication et de prévenir le décrochage.

Le Digital Learning est donc véritablement prometteur dans la formation professionnelle en entreprise mais aussi pourquoi pas dans la formation initiale des étudiants.