TPS-Juvillier

 

Présentateur de The Programmatic Society, formateur, conseiller en programmatique, producteur… Ses compétences sont diverses et complémentaires. Michel Juvillier est un grand monsieur de l’écosystème publicitaire digital français.

J’ai eu la chance de le rencontrer lors de mon projet consultant junior. Me vint ainsi l’envie de partager avec vous, son expérience sur le monde publicitaire ainsi que ses conseils pour les étudiants qui souhaitent travailler dans le marketing digital.

Pour devenir incollable sur le programmatique et ses enjeux actuels, je vous recommande les vidéos de The Programmatic society sur Youtube. Pour ceux et celles qui préfèrent le format audio, elles existent aussi en podcast sur vos plateformes d’écoute préférées.

Peux-tu te présenter ?  

Je m’appelle Michel Juvillier, j’ai 49 ans. J’ai trente ans d’expérience dans le monde de la publicité. J’ai commencé ma carrière à Libération. En 1994, j’y ai lancé l’activité publicitaire digitale. En 98, j’ai rejoint Microsoft où j’ai créé la première équipe commerciale de MSN Microsoft. Je suis resté dix ans, avec également le lancement de MSN Messenger sur le marché publicitaire digital.

Depuis 2008, j’ai monté ma propre entreprise qui s’appelle Juvillier Conseil. Je travaille seul et j’exerce cinq activités : du business development, de la formation sur le programmatique et data, des conseils en monétisation digitale pour les médias, mais également des conseils en valorisation de la data pour les médias et les annonceurs.

La quatrième activité est l’animation de conférences en France et à l’étranger sur les thématiques data et programmatique. Et enfin dernière activité, la vidéo depuis 2018 avec la création de The Programmatic Society et deux ans après la création de The E-commerce Society qui commence à partir du 3 février prochain.

Tu as créé The Programmatic Society en 2018, peux-tu nous expliquer le concept ? 

The Programmatic Society est une table ronde qui chaque semaine permet à des experts de s’exprimer sur des thématiques autour du programmatique et de la data. L’émission est tournée dans les conditions du direct, comme un talk show TV.

La genèse de sa création est qu’au cours de différentes tables rondes que j’ai pu animer, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de traces. Si on interrogeait les gens qui y avaient assisté, il ne restait pas grand-chose.

D’où cette volonté de pouvoir pérenniser ce qui est dit à travers cet outil magnifique qu’est la vidéo. C’est ainsi qu’est née The Programmatic Society qui est donc une émission hebdomadaire de 20 à 30 minutes, dans laquelle je pose des questions sur des thématiques aussi bien techniques, stratégiques, voire même des thèmes sociétaux comme la place des femmes dans le digital, la formation ou la diversité dans le monde de la publicité.

Quel est le public visé par The Programmatic Society ?

Principalement le public des annonceurs qui a besoin de comprendre ce qu’il se passe dans le monde de la publicité digitale, et qui est quand même le premier poste d’investissement publicitaire aujourd’hui.

Je m’adresse également aux étudiants qui souhaitent – et c’est devenu une obligation quand on souhaite faire du marketing – maîtriser les nouveaux concepts autour du marketing digital et de l’exploitation de la data. Aussi aux acteurs du marché, que ce soit les agences de publicité ou les trading desks, et même les éditeurs qui ont eux aussi besoin de comprendre, voire même d’anticiper les tendances sur le marché de la publicité et du marketing digital.

Comment choisis-tu les sujets et les invités ? 

Les sujets sont choisis en fonction de différentes lectures. Pour ça, je me nourris énormément de la presse anglo-saxonne, notamment des sites comme Digi Day, Exchange Wire, The Drum. Bien sûr, je m’inspire aussi de titres français comme le Journal du Net, French Web pour voir un peu ce qu’il se passe. Également d’autres acteurs comme My Media ou des acteurs qui eux sont mes partenaires comme CB News ou RateCard.

Je choisis les invités en fonction des thèmes abordés. Compte tenu de mes trente ans d’expériences, j’ai quand même pas mal de personnes que je peux contacter. Et puis bien sûr, j’ai une équipe de choc grâce à certains étudiants du MBA DMB qui vont chercher sur les réseaux sociaux les invités qui pourraient correspondre aux thèmes que je mets en avant dans mon émission.

D’après ton expérience, comment vois-tu le futur du programmatique en France ?

Le futur, c’est un plus grand respect des utilisateurs. Sans respect de l’utilisateur, la publicité n’arrivera à rien et, au contraire, sera considérée comme un parasite plutôt que comme un service permettant aux consommateurs de trouver ce qui leur convient. Je pense que la publicité doit plus apparaître comme un partenaire dans le quotidien des utilisateurs.

C’est marrant parce qu’on parle beaucoup des problématiques techniques comme la fin des cookies. Toutes ces problématiques dont il est question, reposent d’abord et surtout sur le respect de l’expérience utilisateur sur son mobile, son téléphone ou sa télévision.

Quels sont tes projets pour 2020 ?

Développer de nouvelles vidéos, mais surtout pour moi qui ai toujours travaillé seul, commencer à avoir une équipe autour de moi. C’est pour cela que je recherche des financements d’ailleurs, pour pouvoir construire une vraie équipe et un vrai produit autour de la vidéo BtoB.

Mon ambition est d’avoir des vidéos BtoB consacrées au monde du marketing et de la publicité qui soient à la fois inspirantes, et aussi un moyen d’améliorer la culture générale sur le marketing des publicités digitales. Enfin surtout que ce soient des programmes divertissants. Je crois qu’on peut faire du BtoB sans que ce soit ennuyeux. La manière d’aborder les sujets doit être décontractée et plus proche de la diversité des gens qui pourraient regarder ces contenus : acteurs du BtoB et pourquoi pas aussi le grand public.

Pour finir, as-tu des conseils à donner aux étudiants du MBA DMB pour leur future carrière professionnelle ?

Soyez curieux, humble et ne considérez jamais que vous avez gagné la partie. Il faut toujours être à l’affût, se remettre en cause constamment. Toujours sortir de sa zone de confort. Sortez des codes, des règles et des chemins pré tracés qui sont la voie – à mon sens – vers la facilité. Ils peuvent être un piège vers l’échec.                                           

Il y a  beaucoup de sociétés sur internet qui étaient très florissantes sur 2-3 ans, voire 10 ans mais qui après ont périclité, faute d’innovation et d’adaptation aux nouvelles réalités qu’imposent le marché du numérique et de la publicité digitale. C’est le darwinisme, il ne faut pas forcément être le plus intelligent, il faut juste savoir s’adapter. Je crois d’ailleurs que la définition de l’intelligence est justement la capacité d’adaptation à un environnement. À vérifier dans Wikipédia [rires].

Je tiens à remercier Michel Juvillier pour le temps qu’il m’a accordé lors de cet entretien.

J’espère vous avoir donné l’envie – chers lecteurs – de découvrir son travail à travers ses nombreuses vidéos.