Le premier Consumer Electronic Show (CES) ouvre ses portes en 1967 à New York avec 200 exposants et 17 500 participants. Depuis 50 ans, bénéficiant de la convergence de l’électronique de loisir, de l’informatique, d’internet et des télécoms, il est devenu la rampe de lancement internationale des nouveaux produits. En janvier 2016, le CES a réuni 3 600 exposants et 170 000 visiteurs professionnels. Les Innovations Awards font l’actualité internationale des technologies numériques.

Le numérique il y a 50 ans ?

La principale technologie de stockage numérique utilisée était la bande magnétique. Inspirée des cartes perforées elle avait un inconvénient majeur : la lecture séquentielle qui impose de tout lire et de traiter par séquences ou par lot du plus petit au plus grand. Sans parler des interfaces, de la capacité mémoire qui est alors de quelques dizaines de Mo, il y a alors moins de 1500 ordinateurs en France, ils ont la taille d’une armoire et sont installées dans des salles spéciales.

En 1967 : Dans l’informatique de gestion déjà commercialisée

– IBM introduit le disque magnétique, organisé comme un livre avec une table des matièr

ordinateur IBM 1967

Ordinateur IBM 1967

es qui permet d’aller directement à l’information souhaitée. Dès lors de nouvelles applications sont développées. (tableur, traitement de texte…).
– Le Consumer Electronic Show présente des mini TV et les magnétoscopes alors que les premiers écrans cathodiques complétés d’un clavier tous deux reliés à l’ordinateur central ouvrent la voie du traitement conversationnel. Les premiers en France seront installés en 1968 en informatique de gestion. L’opérateur peut poser des questions à la machine. Cela ouvre la voie de la mini puis de la micro-informatique.

Quant en 1967 IBM met sur le marché ses premiers postes écran-clavier, les ordinateurs quittent les salles des machines, pour prendre place sur les bureaux, étonnement et scepticisme sont de mise !

CES fréquentation

Évolution de la fréquentation du CES

Aujourd’hui, après 50 édition du Consumer Électronic Show ?

Capacités et stockage : cela semble réglée dans le cloud, même si la loi de Moore tutoie les limites naturelles de la physique, et que l’ordinateur n’est pas encore quantique…
L’intelligence artificielle des chatbots permet de s’adresser aux ordinateurs en langage naturel.
PC, Smartphones, tablettes, le marché mondial annuel est de l’ordre de 2 milliards d‘unités. Il y aurait déjà 5 milliards d’objets connectés et de 10 à 100 fois plus sont attendus d’ici 2020 dans de multiples domaines : santé, fitness, home, biotechnologies, robotique média, jeux, infrastructure et communication, énergie…

Et Demain ?

Le foisonnement des capteurs et l’interopérabilité des systèmes enrichira et affinera la connaissance, de nouvelles interfaces textiles, et autres implants révolutionneront les relations de l’homme à la machine… certaines innovations seront dévoilées au Consumer Electronic Show à Las Vegas quant d’autres restent à venir !

En 50 ans, le scepticisme a laissé la place à des craintes, tel que le laissait déjà entrevoir le rapport Nora Minc de décembre 1977 :
– Quelle confidentialité : chacun devient producteur de données, qu’est-ce ce qui sera stocké ou conservé, pour qui, pour quoi ?
– Quelle sécurité : y a-t-il un risque pour notre intégrité physique par la perte de contrôle de ces données et de systèmes automatisés ?
– Quelle utilité à l’utilisation de ces technologies et quelle confiance lui accorder ?

Sources :
Interview Jean Chaylard – CCMC
Le Monde diplomatique 1968
http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/CREDOC-Rapport-enquete-diffusion-TIC-France_CGE-ARCEP_nov2015.pdf
www.zdnet.fr
http://blog.octo.com/bref-etat-des-lieux-sur-liot-internet-of-things/
http://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_1978_num_39_1_1232