L’écolosion des services de streaming dans les débuts des années 2010 a bouleversé l’écosystème de l’industrie musicale, déjà morose à cette période. Depuis 2016, le marché français de la musique est en croissance constante grâce au développement du marché numérique. Retour sur l’évolution du marché français de la musique sur internet.

2016 est une année de rupture pour l’industrie musicale en France. En constante décroissance jusqu’alors, le marché français fait un bond inespéré de +5,4% cette année-là. Depuis, il n’a fait que progresser pour atteindre une valeur totale de 735 millions d’euros en 2018.

Infographie du marché français de la musique

Comment expliquer cette croissance soudaine ? Le marché musical a su trouver un nouveau business model viable, adapté aux nouveaux usages des consommateurs. Ils veulent écouter du contenu partout, à n’importe quelle heure, sur n’importe quel support. A partir de 2016, le streaming est devenu le premier relai de croissance du marché de la musique pour atteindre une valeur de 300 millions d’euros en 2018, soit 90% des revenus numériques et 51% des revenus globaux.

Revenus du téléchargement et du streaming
Segments du marché numérique de la musique

Cette progression ne va pas s’arrêter de si tôt. Si la Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) précise que la croissance du nombre d’abonnés à des services payants se fait à un rythme élevé, le marché français garde une marge de progression. En effet, les français sont plus lents à se convertir à un abonnement payant que les américains, les britanniques ou encore les allemands. Pour combler leurs attentes, de nouvelles offres sont apparus pour augmenter le nombre de consommateurs payants (5,5 millions en 2018) : offres familiales, offres étudiantes etc. De ce fait, contrairement à ce que l’on pourait croire, le streaming n’est pas une pratique réservée aux plus jeunes générations. En effet, 30% des abonnés ont entre 10 et 25 ans, ce qui est une part légèrement plus élévée que celles des plus de 55 ans (25%). En revanche, les jeunes utilisent bien plus ces plate-formes : la durée moyenne d’écoute est de 7h03 par semaine pour les 16-24 ans, contre 5h26 pour l’ensemble de la population.

Deezer, leader en France d’un marché qui rémunère mal ses artistes

La quantité de streams audio ne fait que progresser pour atteindre le nombre de 57,5 milliards en 2018, soit une progression de +35% par rapport à l’année précédente. Mais si le nombre d’écoutes augmente, on ne peut pas dire qu’il en soit de même pour les revenus des artistes. Selon l’Adami, le syndicat des artistes-interprètes, sur un abonnement de 9,99€, seuls 46 centimes reviendraient dans les mains des artistes, contre 4,57€ pour les producteurs et 1,96€ pour les plate-formes.

Parlons justement des plate-formes. Au niveau mondial, Spotify domine le marché avec 113 millions d’abonnés payants, devant Apple Music et ses 60 millions d’abonnés. En France, Deezer sort son épingle du jeu en générant 37,5% des revenus du streaming contre 25,2% pour Spotify et 13,4% pour Apple. YouTube est quant à lui bien loin derrière avec 7,1% des revenus du marché du streaming.

Proportion de revenus du streaming musical par plate-forme

La musique urbaine toujours au sommet

Place maintenant au contenu. Quelles sont les musiques qui ont été les plus streamées dans les oreilles des français en 2019 ? Encore une fois, la musique urbaine tient une place de premier choix. Sur le top 20 des albums les plus écoutés, 11 appartiennent à la catégorie du rap et du RnB. On y retrouve PNL, Ninho, Nekfeu, Lomepal, Aya Nakamura ou encore Soprano. Avec 54 millions de streams, Au DD de PNL est le titre le plus streamé en France en 2019 !

La rumeur dit que les français sont du genre chauvin… Et bien cela se confirme en musique ! Sur le top 200 des albums les plus écoutés, 160 sont des productions françaises.

L’industrie musicale française a donc encore de beaux jours devant elle !

Retrouvez mon infographie complète sur l’évolution du marché du streaming musical en France :