Sur la stratosphère digitale en général, voire sur votre fil Facebook, vous avez sûrement vu des appels à participation pour des campagnes de crowdfunding mais à propos…

C’est quoi le Crowdfunding ?

Né de la forme moderne du financement participatif en vogue chez les anglo-saxons, le crowdfunding signifie littéralement le « financement par la foule ».

crowdfunding
Le terme générique s’est différencié par la suite entre trois grands secteurs :

 

Le Crowdequity est le financement par l’investissement au capital des entreprises non cotées en bourse. Ce sont le plus souvent des startups ou des petites sociétés qui sont approchées.

Ce qui diffère de l’actionnariat traditionnel, c’est que les actionnaires peuvent être nombreux et investir de petites sommes. Non pas moins intéressante, j’ai choisi de m’attacher à vous présenter les deux autres formes plus répandues du financement participatif.

Dans le Crowdlending, le prêteur (épargnant) n’est pas un donateur mais se « substitue » aux banques pour financer le projet d’une entreprise. Il s’agit donc d’un placement financier, rentable dans le cas d’un prêt rémunéré. Certains risques existent, il faut en étudier les divers aspects et à l’inverse, la sélection des dossiers par les plateformes est drastique pour éviter les écueils.

En France, 16 plateformes de financement participatif par le prêt rémunéré mettent en relation des personnes physiques (prêteurs) et des personnes morales (emprunteurs) pour soutenir des projets entrepreneuriaux. Vous pouvez notamment lire à ce sujet la visite guidée de Gwenaëlle Houeix (@GwenHoueix #MBADMB PT Paris) chez l’incubateur Village by CA qui partage ses locaux avec la fintech Les Entreprêteurs cofondée par Marc-Antoine Van Heems : http://bit.ly/2ib6VFu

Ce modèle trouve donc au fil du temps sa place sur le marché du prêt français. De 47 millions d’euros de fonds levés en 2013 à 196 millions en 2015, la progression témoigne du dynamisme du système.

2016 a été une très belle année pour le crowdlending mais elle est aussi l’année de l’explosion des taux de défaut (il est à noter que Les Entreprêteurs ont été les seuls à afficher un taux de 0 %).

La démarche du crowdlending conserve donc des points communs avec le crowdfunding :
le financement se fait directement, sans intermédiaire et par des particuliers.
A noter qu’il est également possible de lier le projet d’entreprise à des actions de communication & marketing, les plateformes faisant bénéficier les emprunteurs de leurs réseaux et expertise pour booster l’image de marque des projets d’entreprises.

Quant au crowdfunding comme on l’entend aujourd’hui, il est devenu le financement participatif sous forme de don, avec ou sans contrepartie matérielle :

« Participer à une campagne de crowdfunding, c’est donner une somme d’argent pour voir se réaliser un projet, sans attendre quoi que ce soit en retour. Dans la pratique, c’est le système utilisé par les artistes et les associations caritatives, humanitaires, ou simplement les associations locales ou régionales. Dans ce cadre, les participants donnent soit à fond perdu, soit en contrepartie d’une récompense. Cela peut-être assez vaste et toucher de nombreux domaines. Mais nous pouvons citer le financement de courts métrages de jeunes réalisateurs, d’art books d’auteurs, de disques de groupes musicaux. Ou encore le financement de matériels sportif pour un club, ou de matériels informatique et bureautique pour n’importe quelle association. Quoiqu’il en soit, le crowdfunding est une aide non négligeable à la vie, voire à la survie des associations et des artistes, même si d’autres structures peuvent également se présenter sur ces plateformes…

En ce qui concerne les artistes et/ou les projets culturels, les plateformes de crowdfunding se présentent comme une vitrine des différents projets en cours. Il s’agit d’une bonne occasion de lier créativité, solidarité et communication. » (source PrêtGo.fr).


Focus sur deux types de campagnes de crowdfunding
et l’expertise des plateformes relayées in Real Life

Éclairage sur le projet du 1er City Guide de l’Afrique à Paris :

cityguidelittleafricaÉdité en novembre 2015, ce recueil d’adresses lancé à l’initiative de l’agence culturelle et touristique centrée sur la promotion de l’Afrique hors frontières – Little Africa (@LittleAfricaparis) – réunit « le meilleur de l’Afrique à Paris ». Son objectif ? Apporter un support de découverte aux touristes qui recherchent de nouvelles activités et proposer un outil pour les professionnels du tourisme afin de mieux répondre aux demandes de leurs clients. Les curieux, amateurs d’art et de culture, les gourmets à l’affût de bons plans sont tout autant concernés.

Ce projet a vu le jour grâce au dispositif de la plateforme KissKissBankBank, leadeur français et européen dédié à la création et à l’innovation internationale qui fut créée en 2009. Avec l’arrivée d’Hello Merci (pour des petits prêts entre amis) en 2013 et de Lendopolis (financement participatif pour les TPE/PME) fin 2014, ce sont plus de 2 900 structures qui ont bénéficié de l’aide à la création, générant au passage plus de 310 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015. 

Événement qui a fait parler de lui, à l’occasion de son 7ème anniversaire, KissKissBankBank avait ouvert au public le 22 novembre dernier les portes de sa Maison du Crowdfunding (34 rue de Paradis, Paris 10ème), un espace de vie à vocation pédagogique, affichant ainsi la volonté de s’affranchir de l’image d’une simple plateforme Web.

 


Autre leader parmi les plateformes de financement participatif, – Ulule –, qui s’est offert peu de mois auparavant, un espace de vente (proposant les produits des jeunes créateurs dont les projets ont pu être financés) et de rencontre avec les porteurs de projets.

boutiqueulule

 

La Boutique Ulule renouvelle sa programmation tous les deux mois, l’espace est aussi dédié à l’animation événementielle.
Pour s’y rendre : 22 rue Saint-Paul, Paris 4ème (nocturne les jeudis soirs).

 

 

Éclairage sur le projet du 1er service de cuisines du monde qui emploie des réfugiés :

« Traiteur solidaire »…
Le pari ambitieux des Cuistots Migrateurs* est de « changer le regard sur les réfugiés en leur donnant la possibilité de partager leur talent et vous faire voyager avec leur cuisine ».

*Le personnel cuisinier sont des migrants passionnés de cuisine et désireux de faire découvrir les spécialités de leur pays d’origine. Ils possèdent un permis de travail valide sur le sol français.

La présentation d’appels à participation sur la page d’Ulule soutient le développement de cette startup créée en février 2016 par Sébastien Prunier et Louis Jacquot, et qui affiche déjà une jolie popularité relayée en presse écrite et radios.

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Et il y a quelques mois, le coup de projecteur par Le Point magazine consacré aux pépites de la French Tech, avec une mise à l’honneur de 300 d’entre-elles sur 1 500. Les Cuistots Migrateurs ont figuré parmi le palmarès de l’hebdo dans la catégorie Gastronomie 2.0

Relayée sur Twitter et Facebook ainsi que par d’autres médias, la campagne de financement participatif des Cuistots Migrateurs via Ulule bat son plein actuellement.

L’objectif d’atteindre la somme de 20 000 euros a été dépassé par un peu plus de moitié. Les gains récoltés serviront à l’achat de matériel (un véhicule de livraison !) et à gagner en professionnalisation afin d’offrir de l’embauche pérenne aux cuisiniers réfugiés.

D’ici fin 2017, les jeunes startuppers comptent posséder leur propre cuisine fixe pour nous proposer de nouvelles découvertes gustatives ancrées dans les traditions culinaires séculaires…

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Au fil des années, la pratique du crowdfunding séduit de plus en plus car elle prône un système économique alternatif et responsable.
Ne cessant d’évoluer, le financement participatif est vecteur d’une nouvelle solidarité qui laisse une large place à la créativité et à l’émulation.
En fonction des choix qui ont été déterminés au préalable par les donateurs ou les prêteurs, il fait éclore des projets à fort potentiel, stimule la croissance des petites entreprises et fait naître des opportunités d’embauche.