ll était une fois l’amour… Un sentiment inconscient rarement raisonnable mais indispensable…Nos nouvelles pratiques numériques ont-elles changé notre conception de l’amour, ou, du moins les rencontres amoureuses ?

Le recours au virtuel a évidemment modifié nos rapports amoureux

D’abord, les sites de rencontres ou les réseaux sociaux nous donnent l’illusion qu’un choix immense s’offre à nous et que notre âme sœur n’est qu’à la porte d’un click.

Nous vivons de plus en plus dans un monde ultra-connecté : notre idée de l’amitié est fortement conditionnée par Facebook, notre idée de pertinence est largement influencée par Google. Il est certain que notre idée de l’amour est, elle aussi, impactée par nos réflexes digitaux : il est donc nécessaire d’essayer de comprendre l’idée d’amour telle qu’elle est proposée par les sites de rencontres en ligne.

Les services de rencontre online comptent près de 9 millions d’utilisateurs en France. Une démocratisation qui tient à l’amélioration de leur image et à la multiplication des sites spécialisés.

L’époque des « labyrinthes » du web de l’amour et bien derrière nous ! Place aux nouveaux acteurs de l’amour en ligne, truffés d’algorithmes, data et calculs mathématiques pour que « matchent » les profils compatibles entre eux.

Depuis le pionnier Meetic qui a vu le jour au début des années 2000, les sites ont su évoluer avec la technologie et façonner leur contenu en fonction des diktats amoureux de la société.

Des plus généralistes comme Adopte un mec, Attractive World, Parship, eDarling, eHarmony aux plus innovants Tinder, Happn ou encore Once fraichement créé, leur mission est commune : accompagner le célibataire dans sa quête de l’amour de façon moins hasardeuse mais plus méthodique et matérielle. Le marketing de l’amour devient alors un puissant business avec des manières plus ou moins subtiles.

D’après une enquête de l’IFOP (2012), 68 % des personnes inscrites sur un site recherchent une relation sérieuse et durable… Et 62 % n’aboutissent qu’à une aventure. « Devant ce triste constat, il fallait essayer de proposer un plus », affirme Éric de Guillebon, fondateur de Beweetch (estampillé « site pour célibataires passionnés », créé en 2014). Le couple qui dure est le défi des sites version 2016.

Selon Médiamétrie, 28,5 % des internautes de plus de 15 ans seraient inscrits aujourd’hui sur l’un des… 2 000 sites de rencontres reconnus sur la Toile. Près d’un Français sur trois. Une évolution considérable, due au changement des mentalités. Et au pragmatisme.

Alors que la France compte 40% d’adultes célibataires, Data Match a étudié l’utilisation des sites en ligne pour comprendre l’importance de ce nouveau mode de rencontres

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Quelle est l’efficacité de ces sites de rencontres ?

Si la fréquentation des sites de rencontres progresse, ils restent minoritaires dans la constitution de couples nouveaux.

Force est de constater que moins de 9 % des personnes qui se sont mises en couple entre 2005 et 2013 se sont connues de cette façon.

Mais au final, la question n’est pas tant de savoir si ces plateformes donnent lieu ou non à de « vraies » histoires d’amour, mais plutôt sur quels types de valeurs elles se basent et quelles valeurs elles produisent.

 

Le piège de la quête du profil parfait

« Avec les algorithmes qui s’immiscent désormais dans les sites de plus en plus nombreux, l’homogamie est plus forte que jamais. Ce que l’on veut, c’est désamorcer les écueils, et sélectionner un profil hypersécurisant» explique le sociologue français Jean-Claude Kaufmann. Cette recherche du même, piège l’individu.

Autre effet pervers des sites qui promettent l’âme sœur, à force de multiplier les garanties, d’hésiter, certains n’en finissent plus de retarder la rencontre réelle. Et, de message en message, font tourner la « machine à fantasmes ».

« C’est l’altérité qui nous enrichit ! »

Elsa Godart, philosophe, psychanalyste répond à Madame Figaro sur ce même aspect « mathématique » qui remplacerait l’essence de l’amour – le hasard :

« C’est un réflexe de société hypersécuritaire, qui entend prévenir le moindre risque. Concernant le couple, cela revient à se recentrer sur un principe de similarité, à éviter l’altérité alors que c’est l’altérité du conjoint qui nous enrichit et nous révèle à nous-même. »

A travers un mode de sélection du partenaire inspiré par une logique d’hypermarché, les sites ont tout d’abord “rationalisé l’amour”.

“Internet a radicalisé la notion d’un moi ‘sélecteur’ et l’idée que la rencontre amoureuse devrait être le résultat du meilleur choix possible”, affirme la sociologue Eva Illouz professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem

Mais l’amour est une élection, pas une sélection. Il y a dans l’amour quelque chose d’irrationnel, d’inattendu, qui échappe à tous les contrôles.

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi” : cette élection réciproque emporte tous les obstacles, et le désir amoureux se nourrit aussi de surprises, de différences. Mais il faut prendre le risque de cette réalité qui déstabilise, qui bouleverse.

Les smileys et les pouces levés ne remplaceront jamais l’expression verbale des sentiments, fût-elle maladroite.

#LoveYourImperfections  MERCI MALADRESSE

En apparence destinés à faciliter la recherche d’une liaison amoureuse, les sites de rencontres ne feraient qu’accentuer la frustration de milliers de célibataires pris dans la tourmente des “dates” sans lendemain. Étrange paradoxe : alors que l’amour semble être à portée de pouce, la souffrance amoureuse s’éternise.

Une confusion entre la proximité virtuelle et la distance réelle change la nature de nos relations, à tel point que la rencontre physique finit parfois par ne plus être un but en soi ou s’avère être une grande déception.



Focus Meetic – leader du marché français des sites de rencontres

Meetic a bâti sa success-story sur une évolution permanente des fonctionnalités et une culture du payant assumée qui se justifie par une qualité de service exceptionnelle.

Comment ont-ils réussi à garder leur place de leader dans un marché très concurrentiel ?

Réponse avec Alexandre LUBOT, CEO Europe de Meetic – Match Group

Alexandre LUBOT : Meetic a carrément créé le marché de la rencontre en ligne en 2001. Quinze ans plus tard, nous sommes toujours le service de rencontres préféré des Français dans un environnement totalement différent, comme vous l’avez souligné. Nous sommes fiers d’annoncer que janvier 2016 s’impose comme le meilleur mois de notre histoire. Les inscriptions ont grimpé de 30% en France et de 20% en Europe. Peu d’entreprises Internet aussi âgées sont toujours au top au bout de 15 ans.

Le marché de la rencontre en ligne est une jungle. Notre secret, c’est l’innovation, l’adaptation permanente à la fois aux nouvelles technologies mais aussi aux évolutions sociétales, tout en restant à l’écoute des besoins de nos clients. C’est la clé.

Six millions de couples se sont formés sur Meetic depuis sa création, et un Français sur cinq connaît un couple Meetic. De plus, les études ont montré que l’engagement du consommateur est plus fort lorsqu’il paye pour un service. C’est aussi un gage de sérieux et de qualité. Chez Meetic, la proportion hommes/femmes est de 55/45, ce qui est loin d’être le cas chez de nombreux concurrents.

Clés de la réussite : innovation, adaptation, diversification de l’offre.

« Six millions de couples se sont formés sur Meetic depuis sa création, et un Français sur cinq connaît un couple Meetic »

En 2015 40% des célibataires étaient inscrits sur un site de rencontres contre 10% en 2006.

Mais ce marché devrait ralentir pour plusieurs raisons :

  • La part incompressible de célibataires réticents à l’utilisation des services en ligne
  • La chute du taux d’utilisation d’internet à partir de 75 ans alors que les seniors représentent un véritable réservoir de croissance
  • La stabilisation démographique de 18-34 ans qui reste la classe d’âge la plus active
  • La concurrence des services de rencontre amicales et d’organisation d’activités entre célibataires

En ce qui concerne l’avenir des sites de rencontres les experts de xerfi estiment que les leaders du marché tels que Meetic/ Badou/ Adopteunmec parviendront à tirer leur épingle du jeu à moyen terme. Ils vont notamment profiter du fait que peu d’acteurs réussissent à s’imposer parmi les derniers arrivés faute de concept vraiment différentiant.

De l’autre coté, les plateformes de moindre envergure vont perdre du terrain ce qui va contribuer à augmenter la concentration du marché.

Toutefois de nouveaux leaders devraient émerger du coté des éditeurs d’applications de rencontre en ligne. Aujourd’hui Tinder et Happn font la course en tête avec plusieurs millions d’utilisateurs et font partie des 10 applications qui ont générés le plus de chiffres d’affaires en France en 2015 si on met à part les jeux.

L’avenir nous le dira …

Que vous soyez du genre « ultra-connecté » ou plutôt conventionnel dans votre façon d’aborder votre vie sentimentale, un conseil : l’amour est à consommer sous toutes ces formes et surtout sans modération ! :)

 

Sources :

http://madame.lefigaro.fr/societe/

http://musemedusa.com/

http://www.lesinrocks.com/2016/03/06/actualite/les-applis-ont-elles-change-les-rapports-amoureux-11809880/

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/camille-laurens-analyse-les-sites-de-rencontre_1762349.html

http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/le-marche-de-la-rencontre-en-ligne-est-une-jungle-meetic-550599.html