Des bruits de couloirs aux conversations du métro, vous avez certainement dû entendre parler cet hiver de la nouvelle série science-fiction événement de HBO, Westworld. Le premier épisode a été diffusé le 2 octobre aux Etats-Unis et quelques jours après sur la chaîne OCS en France. Depuis les médias ne cessent de parler de ce nouveau tsunami créé par Jonathan Nolan et Lisa Joy. Séance de rattrapage pour que les retardataires commencent 2017 en beauté!

A propos de Westworld,

westworld-episode-2-spoiler-review-ben-barnes-jimmi-simpsonLa série met en scène de riches personnalités qui ont envie de prendre le large et rêvent d’une grande escapade où toutes leurs pulsions, des plus frivoles aux plus excessives, seront exaltées. Quel endroit plus rêvé que le Far West? Alors, direction Westworld, un immense parc futuriste de divertissement, où ils deviennent les «invités» à part entière d’un véritable western, une fois leurs plus beaux chapeaux et pistolets sélectionnés bien entendu. Ils croisent le regard de la belle et douce Dolores (Evan Rachel Wood) éperdument amoureuse de Teddy le cowboy (James Marsden), ils succombent pour la plupart aux charmes des filles de Maeve la mère maquerelle (Thandie Newton), ou préfèrent jouer aux justiciers ou aux chasseurs de prime contre les pistoleros (Rodrigo Santoro, Clifton Collins Jr.). Mieux vaut leur souhaiter de rebrousser chemin s’ils rencontrent «l’homme en noir», un autre invité peu catholique (Ed Harris). Dans ce jeu grandeur nature, ils n’ont aucune limite, ils peuvent se battre sans modération, tuer, violer… Ils choisissent. Comme le parc le leur promet, ils découvriront ainsi leur véritable personnalité.

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Une expérience hors-norme rendue possible grâce à des technologies de pointes: tous les personnages de cet immense complexe sont des robots humanoïdes. Leurs personnalités et réactions ont été savamment perfectionnées et sont pilotées à distance par une équipe d’ingénieurs pour répondre aux besoins des scénarios qui se renouvellent en permanence. Pour satisfaire les clients, les «hôtes» meurent, sont reprogrammés ad infinitum jusqu’à l’obsolescence.

Le spectateur découvre en parallèle la face cachée du parc : la vie de l’entreprise qui le régit. A la tête de cette avancée technologique considérable, la directrice du parc Theresa (Sidse Babett Knudsen), mais notamment Robert le concepteur du jeu (Anthony Hopkins) et son bras droit le programmateur en chef Bernard (Jeffrey Wright). Eux deux ont révolutionné l’intelligence artificielle en la poussant à son zénith, notamment en incluant chez leurs robots des paramètres de «rêveries» et de «souvenirs» pour les rendre plus humains. L’écart entre le réel et la machine se resserre, mais jusqu’où? La folie de Robert, ce monde imaginaire qu’il a entièrement créé, est entrain de prendre vie et d’entrer en état de pleine conscience. Au fil des épisodes, les robots se découvrent, se souviennent et semblent jouir progressivement de leur libre-arbitre. Mais comment réagiront les actionnaires du parc face à des machines de moins en moins contrôlables ?

Avis

Des premières notes de la bande son originale (composée par Ramin Djawadi) à l’esthétisme irréprochable de chacun des plans, du scénario au casting époustouflant, Westworld est incontestablement le bijou télévisé de 2016.

Du Far West aux datas,

Les sujets traités dans la série vont bien au-delà de la simple fiction et du divertissement. Les problématiques liées à la digitalisation et au développement de l’Intelligence Artificielle sont omniprésentes. Le parallèle entre le monde « imaginaire » et le « HQ » permet une double lecture à laquelle chacun peut trouver sa propre interprétation.

Le fantasme des robots qui s’éveillent et prennent l’ascendant sur l’Homme entre dans une autre logique. Dans Westworld, le pouvoir est bien détenu par une personne réelle. Le surnaturel est ici rationnel, les codes et la Science sont les véritables forces. Roi est celui qui les maîtrise. De ça, naît la peur de la société de perdre la main sur le parc car personne ne connaît aussi bien les rouages que son créateur. Intervient alors la problématique de la sécurité et de la sauvegarde des datas. Comment faire survivre le Parc, si Robert décidait de partir sans révéler l’ensemble de son fonctionnement ou en effaçant les données nécessaires actuellement accumulées? Une quête infernale pour l’entreprise qui trouve un écho total dans le monde actuel.

Au fur et à mesure des épisodes une autre question se pose : quelle est la limite de la technologie? Jusqu’où ira-t-on? Comment les mondes « réel » et « virtuel » fusionneront? Ce sentiment apparaît notamment lorsqu’un des invités tombe éperdument amoureux de Dolores, une des hôtes, et affirme à son comparse « Elle est différente ». Dans l’univers qui apparaît sur nos écrans, les humanoïdes sont tellement développés qu’il est impossible de les distinguer. Aujourd’hui, dans nos sociétés, il est difficile d’ignorer les lien ambivalents qui se créent entre l’Homme et les Technologies, aussi bien en entreprise que dans nos quotidiens. La série remet en perspective cette révolution digitale et laisse à penser que l’avenir du numérique sera tel, qu’il est encore difficile d’en comprendre vraiment les tenants et les aboutissants.

Westworld s’inscrit vraiment dans une démarche d’introspection de notre société. Suite à son visionnage, il n’y a pas que les « invités » qui analysent leur véritable « moi« .

Le + Marketing 

Après une première saison haute en suspense et rebondissements, il faudra attendre (im)patiemment 2018 pour avoir la suite des aventures de Dolores, Robert, Teddy, Bernard et les autres. Mais la production n’en a pas moins fini avec les spectateurs et a décidé de les animer grâce à une stratégie de communication plutôt inhabituelle.

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Pour découvrir l’actualité de la série, de nombreux fans américains se sont inscrits à la newsletter. Cette dernière révèle au fur et à mesure des indices quant à la prochaine saison. Jusqu’ici quoi de nouveau? Westworld étant un monde dirigé par les codes, la production a décidé de crypter certains messages. Des indices sont accessibles pour les aventuriers HTML.

Comme l’explique un article de Première : « Un utilisateur intelligent, yenwood (ndrl utilisateur Reddit), est allé encore plus loin et a carrément décrypté les dernières lignes de codes affichées à la fin de l’alerte sécurité (diffusée dans une newsletter). Il a ainsi découvert deux liens cachés : un son où Elsie (un personnage de la série) parle. Et une image animée montrant sa localisation dans le parc. » L’intrigue repart.

Informations qui n’ont pas été officialisées, mais qui au demeurant maintiennent les inconditionnels de la série dans un éveil constant.  Une première en terme de communication grand public qui laisse présager des disruptions pouvant révolutionner les approches de communication. La frontière entre le réel et le virtuel se resserre de nouveau et laisse présager une saison 2 toute aussi intelligente et imprévisible.