Aujourd’hui l’Afrique est un continent en plein essor numérique. Il se développe mais surtout et avant tout, se digitalise et innove depuis quelques années en matière de nouvelles technologies et de start-ups. Les boîtes africaines ont une belle carte digitale à jouer pour le futur, à condition d’agir rapidement et efficacement !

La croissance digitale s’est enclenchée en Afrique

Cela fait 10 ans que l’Afrique a amorcé sa propre révolution numérique. Sur la dernière décennie, l’Afrique a acquis une croissance moyenne allant jusqu’à 5% et une émergence d’une classe moyenne se comptant en centaine de millions de personnes. Dans ce cadre, elle représente à l’heure actuelle un immense potentiel de croissance digitale. Dans la majorité des pays du continent, ce domaine technologique est définit par les gouvernants, comme une priorité non négligeable et comme une opportunité à ne pas prendre à la légère. En effet, longtemps resté au dernier rang sur le plan technologique, le continent africain rattrape progressivement son retard au niveau des télécoms et de l’internet.

« L’Afrique a sauté une génération en passant de Western Union au paiement mobile, explique Philippe Limantour, associé spécialiste du digital à EY. Il manquait jusqu’à présent les infrastructures de communication. Mais aujourd’hui, dans certains pays, un acte de propriété, c’est une photo géolocalisée mise dans une « blockchain » ».

On distingue de nos jours en Afrique, un volontarisme politique très affirmé et des ambitions soutenues. Le fondateur d’Afrobytes, premier hub européen dédié à la tech africaine, souligne : « Les gouvernements ont bien compris tout le bénéfice que pouvait leur apporter la tech dans leur développement. En 2015, le Kenya a effectué une levée obligataire via mobile. De son côté, le Rwanda veut devenir un pays « cashless » d’ici 2020 et créer le premier drone-port mondial !». Des études ont été menées par le centre Afrotech de l’école polytechnique de Lausane et ont déterminées que les drones-cargos pourraient prendre en charge jusqu’à 15% du transport des marchandises d’Afrique. Egalement, de nombreuses start-ups ont vu le jour en Afrique ces dernières années. En septembre 2016 par exemple, la start-up Afrimarket, présentée comme un système de transfert d’argent des diasporas, est devenue une plateforme d’e-commerce ayant levé plus de 10 millions d’euros.

Révolution digitale africaine

Les start-ups, au cœur de l’évolution digitale africaine

Pour expliquer ce bouillonement digital, voici le portrait de trois différentes start-ups emblématiques en Afrique :

Jumia Travel, référence des réservations hôtelières en ligne
Jumia est un site de commerce électronique créé en 2012 qui se présente comme un centre commercial en ligne. Fondé au Nigéria, il existe aujourd’hui dans une vingtaine de pays africains dont le Maroc, le Kenya, l’Égypte, l’Ouganda, le Cameroun, le Ghana, l’Angola et la Tanzanie et la Côte d’Ivoire. « Sur Jumia Travel, nous proposons régulièrement des offres bonifiées grâce au volume de commandes. De 20% en moyenne, certaines promotions peuvent aller jusqu’à 80%.» explique avec enthousiasme Paul Midy, jeune dirigeant de Jumia Travel.

Iroko TV: futur Netflix africain ?
En 2011, le Nigérian Jason Njoku créer, grâce à des soutiens de fonds d’investissements, la plateforme Iroko TV pour partager et diffuser les films «Nollywood». Il a pour ambition de conquérir le marché africain, en compressant notamment les films pour contourner la mauvaise qualité de certaines connexions. En janvier dernier, Iroko TV a signé avec Canal+ un contrat d’un montant de 19 millions de dollars.

FiFo, faire de la gratuité son fonds de commerce 
L’application mobile FiFo, en cours de développement en Tunisie, a pour objectif de développer l’e-commerce avec la gratuité comme principal relais de développement. Le but ? Proposer à travers le smartphone un produit gratuit pour attirer les clients potentiels. La start-up a été créée début 2016 par le Tunisien Akram Marzouki. Un concept qui lui a valu de décrocher, en 2015, le prix de la meilleure présentation lors du congrès annuel de l’Institut américain des ingénieurs en électricité et électronique, à Dallas.

Révolution digitale africaine

L’Afrique, pionnier de l’évolution digitale 100% « mobile »

L’avantage aujourd’hui de la tech africaine ? Le mobile ! Selon l’Institut Universitaire de Technologie (IUT), le marché des télécoms en Afrique est en pleine expansion et ce, grâce aux nombreux usages du mobile. En effet, sur les continents africains le réseau fixe est essentiellement difficile d’accès et impose aux habitants d’utiliser leur téléphone portable. L’Afrique est LE pionnier en matière de « mobile payement ». Plus de 50% des utilisateurs de mobile ont adopté ce mode de paiement au Kenya et en Tanzanie et plus d’un quart en Afrique du sud et au Sénégal.  Comme a pu le spécifier Kenza Chraïbi dans son ancien article dédié à ce sujet, l’Afrique est un continent mobile où internet se démocratise petit à petit avec entre autres, la création de réseaux haut débit 3G, et dans certains pays 4G. L’Afrique devrait atteindre 350 millions de smartphones et d’appareils connectés en 2017. Au cœur de cette révolution digitale africaine, de nombreuses applications permettent également l’accès à une multitude d’opportunités. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont les outils digitaux les plus utilisés et les plus renommés en termes de connexions. La technologie numérique est désormais au cœur des usages de nombreuses entreprises africaines ; ces dernières ont a présent compris l’importance de la place du digital dans leur développement national et international.

Alors, jusqu’où ira la révolution digitale africaine ?