Pourquoi apprendre l’anglais puisque les technologies traduisent déjà mieux et plus vite que nous ?

Si cette phrase quelque peu radicale peut faire sourire les parents ou révolter les professeurs et les linguistes, il n’en est pas moins qu’elle verbalise une idée qui tend à se répandre au sein de la génération Z.

A quoi bon passer du temps à apprendre une langue étrangère, si la technologie répond ou répondra à ce besoin dans un futur proche ?

Effectivement, il existe déjà des produits qui proposent des solutions presque magiques et ceux à destination du grand public. On le sait, la fonctionnalité phare des Pixel Buds de Google, c’est la traduction instantanée reliée à Google Translate. Ces oreillettes multi-usages permettent une compréhension en temps réel de n’importe qui dans le monde. Les traductions sont disponibles dans un catalogue de langue bien fourni.

Pixels buds 2

Ces technologies sont susceptibles à terme de détruire la barrière de la langue !

Comme on peut l’entendre sur ce test vidéo des Pixels Buds 2 prévu au printemps 2020. Les écouteurs sont connectés à Google translate. Cette fonctionnalité de traduction instantanée, déjà présente dans la première version des pixel buds, prouve qu’il n’est désormais plus nécessaire de connaitre une langue pour pouvoir interagir facilement avec des personnes exerçant une autre langue que la notre. Il n’est plus nécessaire d’avoir pris des cours de langue pour pouvoir communiquer.

Nous sommes donc en droit de se demander si l’apprentissage des langues est encore quelque chose de pertinent dès lors qu’il n’est plus obligatoire de passer par la phase d’apprentissage pour être compris tant que pour comprendre.

Qu’en est-il de l’écriture ?

Il est vrai qu’une langue, n’est pas exclusivement parlée. Elle peut être écrite et lue. Pour ce qui est d’écrire, nous avons depuis longtemps adopté l’utilisation de solutions telles que Google translate, Linguee ou autres services de traduction en ligne.

Ces applications nous aident tant à rédiger qu’à comprendre des mots inconnus mais ils ne sont pas parfaits et l’on se rend vite compte de leurs limites. La principale critique faite de ces outils portent sur l’inexactitude des traductions de textes longs. Ces traducteurs ne prennent pas en compte le contexte des mots.

Bonne nouvelle, cela signifie que l’humain a encore de l’avenir ! Nous devrons toujours être là pour apposer notre sens de la nuance et de l’adaptation au monde de la traduction.

Sauf que… non.

En réalité, il existe déjà des systèmes de traduction utilisant le Deep Learning qui répondent à ce problème. Le traducteur DeepL est l’une des alternatives les plus efficaces en matière de traduction de texte complexe. Il se sert des technologies d’apprentissage informatique afin de contextualiser les mots qu’on lui propose. Il est l’un des outils le plus efficace lorsqu’il s’agit de traduire des paragraphes entiers. Le fait que l’algorithme de ce traducteur prend en compte le sujet du texte, lui permet de sonner plus juste. DeepL vient briser l’un des derniers points de friction des utilisateurs de traducteur en ligne.

Qu’elles implications au niveau éducatif ?

Notre système éducatif est basé sur une vision qui était pertinente au 20ème siècle. Mais à l’heure du numérique, il est urgent de faire évoluer nos modèles éducatifs, surtout en ce qui concerne les langues.

Il faut que l’enseignement des langues au sein de l’éducation nationale intègre ces outils dans leur pédagogie. On ne peut plus nier leur présence ni déconseiller leur utilisation puisqu’ils font partie de notre quotidien (et sont souvent bien meilleurs que nous). Je trouve cela désormais anachronique de dire à un lycéen d’éviter d’utiliser Wikipédia ou Google translate, car ces outils sont des aubaines pour la pédagogie.

Évidemment, je ne pense pas qu’il faille arrêter d’enseigner les langues. Car la discussion directe reste pour moi la forme la plus pure d’échange entre deux personnes. La maitrise d’une langue permet de s’affranchir de tout outil et apporte une notion d’échange dynamique qui peut se perdre si l’on utilise un intermédiaire tel qu’une oreillette de traduction.
Ma solution, pour accompagner l’apprentissage au lycée des langues étrangères, passe par de la pédagogie. Il faut que chaque enseignant arrête de nier l’apport important de la technologie à son domaine d’études. Les professeurs doivent intégrer à leur cursus une initiation à ces outils et surtout, ils doivent expliquer les manières pertinentes de les utiliser, sans omettre l’importance de recouper les possibilités (se servir de plusieurs traducteurs, vérifier en cas de doute…).

Au final, ce n’est rien d’autre ici qu’une question d’initiation à la curiosité et au bon sens. N’oublions pas que selon une étude de l’institut Education First, sur 26 pays européens, nous ne sommes que 22ème pour ce qui est de la maitrise de l’anglais. Il est temps de réagir. Afin de compléter cette réflexion sur la technologie et la traduction, je vous conseille de jeter un œil au récent article de Tacito Cury sur l’influence de L‘IA dans l’avancement de la traduction.