revolution digitale
Extrait de l’expo « La tête dans le nuage »

Arrêtons-nous un instant pour comprendre les profondes transformations qui s’opèrent liées à la révolution digitale souvent comparées à l’invention de l’écriture, de l’imprimerie ou de la révolution industrielle. L’exposition « La tête dans le nuage » du Musée de la civilisation du Québec nous propose une réflexion collective, sans jugement pour entrer dans la face cachée de cette l’économie de la donnée. Je vous en propose ici un résumé.

Vit-on une révolution digitale ?

Dans la grande histoire de l’humanité, l’apparition de l’écriture, l’invention de l’imprimerie et la révolution industrielle ont été de puissants moteurs de changement. Aujourd’hui, l’avènement du numérique transforme à la fois la manière de s’informer, d’entrer en relation et de consommer. Elle remet aussi en question la conception de la vie privée et redéfinit le marché du travail.

Le smartphone n’a que 13 ans et pourtant les innovations technologiques se succèdent à un rythme fou.

Révolution numérique à travers les innovations technologiques

La vidéo ci-après permet d’aller plus loin avec l’économiste, essayiste, conseiller politique et activiste américain Jeremy Rifkin, spécialiste de prospective économique et scientifique. Son travail est principalement centré sur l’impact des changements scientifiques et technologiques liés à la révolution digitale sur l’économie, le travail, la société et l’environnement. Ici invité dans « les rendez-vous des futurs« . Dans son livre, il expose sa vision de l’émergence d’un nouveau système économique du partage : coût marginal 0 obtenu grâce à une productivité efficace maximum avec le minimum de ressources terrestres, partagée sur des communaux participatifs.

Données, le vertige

Big data ?

La révolution digitale et plus particulièrement l’Intelligence Artificielle se nourrit des données.

IA et DATA

Depuis 2003, on produit plus de données en 2 jours qu’on en a produit depuis toute l’humanité.

L’esprit de partage

Nous sommes passés de la rareté à la surabondance de l’information, où l’opinion publique a plus de valeur que la parole des spécialistes, où le pire côtoie le meilleur. Est-on pour autant mieux informé ?

5ème site le plus visité au monde, Wikipédia est alimentée tous les jours par plus de 100 000 contributeurs dans le monde.

L’arrivée des plateformes collaboratives change le rapport à la connaissance. OpenStreetMap est probablement la carte la plus complète et la plus à jour de la planète.

Le pouvoir infini du #réseau permet de propulser des causes et des mouvements de solidarité à l’échelle planétaire.

Du clic au déclic

Data center
GOOGLE BELGIQUE VU DU CIEL

Si les données sont stockées dans des cloud, il n’en faut pas moins des bâtiments physiques remplis de serveurs et répartis aux quatre coins du monde : les « data centers » ou fermes de données qui ne cessent de croître.

  • Si Internet était un pays, il serait le 3ème pollueur dans le monde

  • L’envoi d’un email consomme autant d’énergie qu’une ampoule allumée pendant 24h, soit 10g de CO2 par an

  • 293 milliards de mails sont envoyés chaque jour dans le monde. 1,4 millard en France

  • D’ici 2020, la consommation d’énergie associée à l’économie numérique pourrait représenter 20% de la consommation mondiale

  • Un téléphone contient une 40aine de métaux

  • La consommation d’énergie d’un seul centre de données équivaut à celle d’une ville de 20 000 habitants

  • Les 70 millions de serveurs dans le monde produisent 2% des émissions de CO2

Que peut-on faire ?

  • Regarder un film en basse définition permet de consommer quatre à dix fois moins d’électricité

  • Garder son portable plus longtemps

  • Eviter les emails inutiles

  • Eteindre son ordinateur le soir

  • Choisir des entreprises digitales qui utilisent les énergies renouvelables

Je recommande la consultation de la l’infographie de https://www.qqf.fr sur la pollution numérique.

Pollution numérique

Les algorithmes ne sont pas neutres

Utilisés sans la supervision d’un humain, les algorithmes pourraient adopter les pires préjugés sexistes et racistes. Les données utilisées pour entraîner les algorithmes proviennent de notre société et renferment donc toutes nos qualités, nos nuances et nos défauts en tant qu’humain.

L’exemple de COMPAS (logiciel de prédiction de la récidive testé aux Etats Unis) en est la meilleure illustration. Ce logiciel qui évalue le risque de récidive des criminelles aux Etats Unis comporterait un biais défavorable envers les Noirs.

Pour aller plus loin, je vous invite à livre le livre d’Aurélie Jean « De l’autre côté de la machine ».

L’intelligence artificielle

Selon le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopersPrice, l’automatisation et les avancées rapides de l’intelligence artificielle feront disparaitre 38% des emplois américains d’ici 2030.

« Ce qui va se passer, c’est que les robots seront capables de tout faire mieux que nous. Les robots seront capables de faire n’importe quoi, ils sauront vraiment tout faire. » Dixit Elon Musk

Pour le fondateur de Facebook, « des dizaines de millions d’emplois » vont disparaître au cours des prochaines années.

Entre prédictions dystopiques avec les lois d’Asimov et Nouvel Âge d’Or, l’intelligence artificielle nourrit l’imaginaire de tous. Il est indéniable que la relation de l’homme à l’autre et à l’environnement dans lequel il évolue, est bouleversée par les puissantes transformations de notre millénaire. Un ordinateur qui bat le champion au jeu de go a marqué les esprits. Pour percer le mystère de l’intelligence humaine, la seule notion de connaissances ne suffit plus. Il faut aussi alimenter les machines de la capacité d’apprendre (le machine learning) et de l’intuition. Elle est aujourd’hui omniprésente dans nos vies, que ce soit pour choisir un film Netflix, reconnaître des visages dans un foule ou converser avec des clients.

Existe t-il encore une vie privée ?

Est-on d’accord pour partager nos données, être connecté constamment, être surveillé par des algorithmes et des sociétés peu scrupuleuses ? Des choix éthiques et légaux se posent à nous pour une meilleure règlementation en matière de gestion des données, d’économie numérique et de protection de la vie privée en accord avec nos valeurs humaines. Reste aux Etats de définir ces nouvelles règles. Dans le monde du travail, les soft skills sont alors plus que jamais primordiaux.

Sources : L’exposition « La tête dans le nuage » jusqu’au 31/01/2021

https://fortune.com/2017/03/24/pwc-robots-jobs-study/

https://www.archimag.com/demat-cloud/2019/11/20/ecologie-numerique-chiffres-infographie-conseils-dematerialisation-verte