La mode nous accompagne depuis des décennies. La qualité des vêtements ne se résume plus à la marque, la coupe ou encore la matière. Désormais, l’aspect responsable du vêtement devient une priorité.

La mode : deuxième industrie la plus polluante au monde

La mode est la deuxième industrie la plus polluante après le secteur pétrolier. Elle émet à elle seule plus de gaz à effet de serre que tous les vols et trafic maritime mondiaux réunis.

En cause ? Les collections se multiplient et ne se résument plus qu’à deux par an. C’est ce qu’on appelle la fast fashion. Elle est apparue avec le développement des marques telles que Zara, Mango, H&M… Grâce à leur pouvoir et leur force de frappe, ces marques produisent massivement des vêtements à moindre coût.

En France, une femme achète en moyenne 30kg de vêtements par an

La demande est au rendez-vous ! En France, une femme achète en moyenne 30kg de vêtements par an, selon un documentaire intitulé « Vêtements, n’en jetez plus ! ». Ce sont plus de 600 000 tonnes de vêtements qui sont en mis en vente chaque année.

La surproduction entraîne des dérives. Les fabricants jettent les vêtements qui ne sont pas vendus. H&M aurait d’ailleurs brûlé des invendus en 2017.

Qu’engendre cette production massive de vêtements pour la planète ?

Tout commence par la matière du vêtement !

Si nous prenons l’exemple du coton, matière dite naturelle, basique de nos armoires, sa culture représente 16% des pesticides utilisés dans le monde. Pour être traité et transformé, il a besoin de beaucoup d’eau. 2 700 litres d’eaux claires sont nécessaires à la production d’un seul tee-shirt en coton.

Prenons cette fois-ci l’exemple du polyester, matière artificielle, meilleure amie de la fast fashion ! Cette matière artificielle synthétique est dérivée du pétrole, énergie fossile non renouvelable rappelons-le. Pour le fabriquer, on abuse de substances chimiques toxiques polluant les sols, les eaux et l’air. Malgré ça, il représente 70% des fibres textiles synthétiques utilisées dans les vêtements.

Les étapes de transformation et de conception du vêtement

Viennent ensuite les étapes de transformation et de conception du vêtement. Elles sont souvent réalisées dans des pays où la production est dite low cost, avec des conditions salariales et environnementales peu ou pas maitrisées…

Pour teinter un produit, par exemple, on a besoin de produits chimiques toxiques pour l’environnement et pour ceux qui les produisent : colorants azoïques, phtalates, métaux lourds…

Usine textile au Bangladesh

Et ça ne s’arrête pas là : le transport pèse lourd dans la balance de l’impact environnemental.

Vos vêtements voyagent car ils viennent de l’autre bout du monde ! En plus de voyager pour être acheminé vers son lieu de vente, un seul produit voyage plusieurs fois au cours de sa vie. Par exemple, le coton d’un jean peut être produit en Inde, cousu en Ethiopie et teint au Maroc. L’impact environnemental est là aussi significatif.

Une fois dans notre machine à laver, la catastrophe continue. Les vêtements libèrent des microparticules toxiques qui finissent mélangées à l’eau dans les océans.

Côté recyclage et récupération, les marques et les consommateurs ont du mal à s’y mettre. Plus de 80% des textiles finissent en décharge ou sont incinérés.

Comment transformer sa consommation pour encourager la mode responsable ?

Le marché de la seconde main

Le marché de la seconde main connaît un essor considérable depuis plusieurs années.

Il permet au consommateur, en plus d’accéder à des produits de luxe auquel il n’aurait pas accès en temps normal, de donner une seconde vie au produit. Grâce au digital, l’achat de vêtements d’occasion est devenu très simple. Les acteurs se multiplient : Le Bon Coin, Vinted, Vestiaire Collective, Vide Dressing…

D’après Challenges, 1.5 millions de visiteurs passent quotidiennement sur Vinted. Présent dans une dizaine de pays, Vinted grossit quotidiennement avec 23 000 comptes créés et 400 000 articles mis en vente chaque jour.

2,2 pièces vendues chaque seconde en France.

En 2019 pas moins de 39% des français ont acheté au moins un vêtement ou accessoire de mode de seconde main. Et 48% des consommateurs indiquent vouloir en acheter davantage dès 2020, selon une étude de l’IFM (Institut Français de la mode).

En bref, la seconde main permet de continuer à consommer, à un prix plus raisonnable, et en donnant une seconde vie aux produits ! C’est un pas vers une mode responsable.

La location de vêtements

Les consommateurs ont souvent besoin d’une tenue pour une occasion particulière. La durée de vie du vêtement est donc réduite à un jour.

Certains acteurs se sont donc positionnés dans la location de vêtement.

Le principe : Portez. Renvoyez. Recommencez.

Les acteurs du marché sont par exemple Le Closet ou Les Cachotières. Ils mettent en relation les marques avec les particuliers et aussi les particuliers entre eux.

Certaines marques de prêt-à-porter s’y mettent également. H&M va, par exemple, tester la location dans son magasin de Stockholm.

Acheter des articles produits à la commande

Créée par Adrien Garcia, Réuni est une marque de mode féminine co-construite avec la communauté via des questionnaires sur le site internet ou le compte Instagram de la marque.

Côté fabrication : les articles sont produits à la commande. Pas de perte donc !

La marque ne crée pas des collections mais elle crée un produit à la fois, un « essentiel ». Un vêtement durable et basique qui peut être utilisé dans le temps. Le premier vêtement lancé sur Ulule en novembre était le gros pull d’hiver.

Après commande, il faut patienter 3 semaines environ. Le temps que la marque produise le vêtement : rien que pour nous !

Campagne « Le Gros Pull d’Hiver »

 » Avec RÉUNI, notre ambition est de réunir dans une seule pièce tout ce qu’on aime dans la mode : la green attitude de Patagonia, la qualité et le savoir-faire d’Hermès, l’élégance, la féminité et le twist de Céline à l’époque de Phoebe Philo, et l’accessibilité prix de Sézane. « 

Adrien Garcia, fondateur Réuni

La marque lance même son podcast « RÉUNI pour Changer le Monde » pour aller à la rencontre des acteurs du changement.

Des baskets éco-responsables

Fondée en 2005 par deux français, Veja est une marque de chaussures alliant design et engagement. Les modèles sont fabriqués au Brésil, en toute transparence. Tout est expliqué et consultable par le client : de l’achat de la matière première, à la production et enfin la vente. Afin de garantir un salaire décent aux fabricants : la marque limite les intermédiaires.

Collection Baskets Veja

Les matériaux alternatifs pour créer les baskets sont variés : coton biologique, caoutchouc sauvage, C.W.L fabriqué à partir de déchets de maïs, B-Mesh fabriqué à partir de polyester recyclé. Veja recherche en permanence de nouveaux matériaux responsables.

Une basket Veja coûte en moyenne 7 à 8 fois plus chère qu’une basket concurrente à produire. Mais le prix de vente final est quasiment le même puisque Veja ne fait pas de publicité.

Habituellement, 70% du coût d’une basket normale de grande marque est lié à la publicité…

Une mode toujours plus responsable

Balzac Paris prouve qu’une mode plus responsable est possible. La marque encourage à une consommation raisonnée et meilleure. Elle crée pour cela une démarche #Toujoursplusresponsable en alliant écologie, recyclage, mode locale et engagement éthique.

Par exemple, Balzac Paris a crée sa propre lessive. Bio, sans parfum, composée à 100% à base de savon fabriqué à partir d’huiles végétales et made in France.

Elle réutilise également les chutes de tissus d’anciennes collections en créant les collections « Les Chutes Responsables » .

Les équipes de Balzac Paris cherchent constamment des textiles innovants et responsables. Le Tencel®, par exemple, est une alternative à la viscose. Il est fabriqué à partir de pulpe de bois et d’un solvant naturel et non toxique. Il est de plus en plus utilisé dans les collections de la marque. Balzac ambitionne de supprimer totalement la viscose de sa production.

Elle crée également des accessoires en cuir tanné végétalement ou en cuir biodégradable. La marque a crée dernièrement une ligne de jeans responsables.

Collection de jeans T.P.R.

Des marques qui encouragent les collectes de vêtements

H&M s’engage en mettant en place un programme de collecte de vêtements. Les vêtements pourront être reportés, réutilisés ou recyclés. Il suffit de déposer son sac de vêtement dans les boîtes de recyclage des magasins. Tout est accepté, même les articles d’autres marques. Pour chaque sac déposé : un bon d’achat obtenu !

The North Face a lancé le programme « Clothes the Loop ». Il permet aux consommateurs de déposer leurs vêtements et chaussures dans les points de vente et magasins d’usine The North Face.

Economie circulaire & Upcycling

The North Face encourage également l’économie circulaire en créant 4 articles en édition limitée fabriquées à partir de vieux vêtements de la marque. Ces pièces seront vendues aux enchères et 100% des recettes reversées à des ONG environnementales.

Les géants créent aussi des vêtements plus responsables

Avec sa collection Conscious, H&M s’engage dans une mode responsable. Un vêtement Conscious doit avoir au moins 50% de matières durables

Le magasin rue de La Fayette à Paris consacre même un espace à ces collections : le Conscious Lab

Espace Conscious lab

Des applications qui aident les consommateurs

Pour finir, en s’inspirant de Yuka, des applications se développent pour guider le consommateur. Clear Fashion, par exemple, évalue l’impact environnemental des vêtements en se basant sur 4 critères : la santé, l’humain, l’environnement et les animaux.

Rien de mieux pour être guidé ! Grace à ça on découvre l’envers de nos vêtements. Plus d’excuse pour ne pas consommer la mode responsable. Les cartes sont entre vos mains !

Sources :